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3 films de François Ozon à voir absolument

Avec Été 85, un teen movie à l’esthétique des 80’s, François Ozon s’en sort plutôt bien au box-office français malgré le contexte de crise sanitaire. Cependant, le réalisateur n’en est pas à son premier coup d’essai. On’ vous conseille trois films de sa filmographie à consommer… sans modération !

Un an après Grâce à Dieu, Été 85 replace François Ozon sous les projecteurs. Une notoriété dont le réalisateur jouit finalement depuis peu auprès du grand public, alors qu’il réalise quasiment un film par an depuis 1998. Ses premières gammes sont bien loin de ce que le réalisateur nous a montré dans Grâce à Dieu : un film certes nécessaire, mais dont la thématique très actuelle privait peut-être Ozon de ses marques de fabrique. Avec Été 85, le cinéaste fait encore un pas de côté. Il va vers une forme de cinéma un peu plus lisse qui joue davantage sur l’émotion. Après nous avoir habitués à des films qui mettent l’esprit du spectateur à rude épreuve, parfois le biais du malaise, souvent face aux inexplicables torsions de la psychologie humaine ou encore par une tension narrative en escalade – toujours – et qui font poser chaque fois cette question : jusqu’où irons-nous ? De manière générale, ses films témoignent d’un cinéma français audacieux, qui laisse une empreinte forte dans l’esprit du spectateur. Si vous ne connaissez pas encore bien François Ozon, voici trois longs-métrages assez représentatifs de sa filmographie, à voir absolument.


Sous le sable, 2000

Sous le sable marque la rencontre entre Ozon et Charlotte Rampling. Elle deviendra par la suite l’une de ses actrices fétiches et on la retrouvera par exemple dans Swimming-pool où elle partage l’affiche avec Ludivine Sagnier, ou encore dans Angel sorti en 2007. 

Résumé : Marie et Jean sont mariés depuis 25 ans. Ils mènent une existence tranquille, sans enfant et semblent toujours amoureux même s’ils n’échangent plus beaucoup. Lors d’un séjour dans les Landes, Jean part se baigner pendant que Marie reste bronzer sur la plage. Quelques instants après, elle se réveille et découvre que son mari a disparu. Commence alors l’histoire d’un deuil impossible. 

François Ozon met en scène une Charlotte Rampling magistrale qui (parce qu’elle refuse de voir la vérité en face), oscille tout du long entre vérité et illusion. Il dresse le portrait tendre et désabusé d’une femme étrangement rayonnante malgré les circonstances… Bruno Cremer (Jean) n’apparaît plus que par le biais du regard de Marie : une présence tour à tour perturbante ou réconfortante selon le point de vue duquel on se place. Après la disparition ne restent que la tendresse, l’habitude, un vide impossible à combler et l’irrésistible tentation de se mentir à soi-même. François Ozon réalise avec Sous le sable, l’un des films les plus troublants et dramatiques de sa filmographie.


Huit femmes, 2001

Avec Huit femmes qui suit directement Sous le sable, le réalisateur vire de bord et propose un long-métrage ponctué de tableaux musicaux. 

Résumé : Dans les années 1950, les membres d’une famille se réunissent à l’approche de Noël dans la maison parentale. Pourtant, une découverte va interrompre les retrouvailles : le père a été assassiné dans sa chambre, laissant seules les huit femmes de la famille. Une tempête de neige les empêche de quitter la maison et il apparaît très vite que le coupable est l’une d’entre elles. Seul bémol, chacune avait un motif pour commettre le crime et même la mieux intentionnée a des choses à se reprocher…

Dans ce film exclusivement féminin, François Ozon réunit un casting cinq étoiles pour des scènes d’une exquise légèreté. De Catherine Deneuve à Emmanuelle Béart en passant par Isabelle Huppert, les huit actrices sur lequel le film repose incarnent à niveau égal des personnages aux travers exacerbés et finement écrits, qui répondent à un décor haut en couleur. Les extraits musicaux interprétés tour à tour par les huit résidentes (et empruntés par exemple à Dalida, Françoise Hardy et Marie Laforêt), rythment efficacement disputes, réconciliations et aveux  successives. Huit femmes révèle le talent narratif du réalisateur qui met en scène une parade acidulée avec talent et intelligence. Tout cela jusqu’au rebondissement final, qui rappelle que la légèreté n’est jamais qu’un voile que l’on met sur les problèmes auxquels on voudrait échapper…


Dans la maison, 2012

Dans la maison fait partie de ses films qui malmènent le plus le spectateur, confronté à une tension narrative ascendante.

Résumé : Germain (Fabrice Luchini) est professeur de Français au lycée Gustave Flaubert. Excédé par les rédactions que lui rendent ses élèves, il finit par tomber sur une copie qui retient son attention : celle de Claude (Ernst Umhauer), un étudiant brillant qui décrit sa rencontre avec la famille d’un de ses camarades de classe. L’élève répète l’exercice à plusieurs reprises en allant toujours plus loin, en s’insinuant toujours plus au sein de leur maison, partageant les écrits voyeuristes qu’il en tire avec son professeur, qui commence à se poser des questions. 

Avec ce film, François Ozon excelle à l’art de dresser un portrait psychologique tordu et passionnant. Souligné par une interprétation juste, passant beaucoup par le regard, le personnage de Claude a quelque chose de glaçant qui maintient le malaise jusqu’au dénouement. L’intention du réalisateur d’injecter une tension narrative puissante dans ses films atteint son paroxysme avec Dans la maison : Ozon met son spectateur dans la position inconfortable du voyeur qui ne peut qu’épouser le point de vue du personnage, et brouille les frontières entre vérité et fiction. Au fur et à mesure, on retient notre souffle devant un scénario en escalade et devant la détermination d’un des personnages les plus sombres mis en scène par François Ozon.


Après la sortie d’Été 85 et ces quelques conseils pour affiner votre connaissance de François Ozon, il ne reste plus qu’à attendre son prochain film : Tout s’est bien passé qui devrait sortir en 2021, une adaptation du livre éponyme d’Emmanuèle Bernheim. Il mettra en scène une femme aidant son père à mourir à la suite d’un AVC, avec Sophie Marceau dans le premier rôle ! 

Elisa Fernandez

Elisa Fernandez

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