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5 films turcs à voir sur Netflix

Sortez les mouchoirs, la liste qui suit met à l’honneur cinq films dramatiques réalisés en Turquie. A travers cette (petite) sélection de films, vous découvrirez toute l’intensité du cinéma turc. Un genre qui mêle fortes émotions tout en pudeur et histoires attachantes, écrit avec tant de justesse et d’humilité. Loin de la monotonie qu’on reconnaît parfois aux drames français.

Peu connu du grand public français, le cinéma turc pourrait avoir de beaux jours devant lui grâce à Netflix. Alors que le patrimoine cinématographique est très riche et célèbre en Turquie, les films turcs sont peu distribués dans les salles de cinéma en France, si ce n’est dans certains cinémas indépendants. La publicité pour ces films reste faible. Et malgré le fait qu’on trouve une grande sélection de films turcs sur Youtube et des sites de streaming, l’absence de sous-titre en réduit considérablement la diffusion. Une perte, car le cinéma turc est surprenant de beauté. 

Le cinéma turc est un magnifique tableau qui peint avec une sage et humble véracité la société turque. Personnellement, depuis ma tendre enfance je regarde avec mes parents les films turcs, en commençant par les incontournables comédies qui font rire aux éclats de 9 à 99+ ans (Hababam Sınıfı, G.O.R.A, Les Affaires organisées etc). Les films turcs s’adressent à tous : c’est un moment de partage familial. Le peuple turc est comme ça, la famille avant et malgré tout. C’est pour cette raison que la majorité des films dramatiques tournent autour des relations familiales (mère-fils, père-fille, papi, mamie). Le succès est d’autant plus grand auprès des spectateurs, car chacune de ces histoires racontées à travers l’écran résonne d’une manière ou d’une autre dans chaque foyer. 

Beauté des divers paysages qu’offre la Turquie, écriture juste et sincère, scénario bouleversant, et jeu d’acteurs qui feront pâlir les hollywoodiens : telle est la recette du cinéma turc qui dresse avec justesse et pudeur des petites histoires qui font la grande Histoire du pays.

Babam ve oğlum (Mon père et mon fils)

2005, 1h52, de Çağan Irmak

C’est sans hésiter que je vous recommande ce film en premier. Au moment du coup d’Etat de 1980, Sadık, un journaliste veuf retourne dans son village natal auprès de son père. Son fils, Deniz, âgé de 7 ans, découvre pour la première fois son grand-père et la vie dans un village égéen. Sur fond de terreur politique, Sadık doit faire face aux vieilles rancunes de son père et être attentif au bien-être de son fils. On découvre le mode de vie d’un village typique de la région d’Egée (l’ouest de la Turquie) où péripéties, disputes familiales et solidarités villageoises rythment la vie de ces chaleureux habitants.

Mucize (Miracle)

2015, 2h16, de Mahsun Kirmizigül. 

En 1961, Mahir, un instituteur d’école de l’ouest de la Turquie, est envoyé à l’autre bout du pays pour être le seul professeur d’un village aux traditions ancrées, perdu dans les magnifiques paysages des montagnes anatoliennes. Il y fait la connaissance du trentenaire Aziz – interprété par le formidable acteur Mert Turak – fils du maître du village, qui malgré son handicap ne désire qu’être respecté et trouver la femme de sa vie. Avec ce puissant film, le célèbre artiste Mahsun Kirmizigül véhicule avec poésie et naïveté de beaux messages sur la tolérance et le désir d’apprendre, tout en dénonçant avec humour de vrais problèmes tels que la place de la femme dans la société turque.

Vizontele (Visiontélé)

2001, 1h45, de Yılmaz Erdoğan et Ömer Faruk Sorak. 

En 1974, les habitants d’un petit village en Anatolie découvrent la télévision. Véritable révolution technologique, l’outil est accueilli avec enthousiasme et inquiétude. On y suit les aventures de l’idiot du village Emin – interprété par le très célèbre acteur Yılmaz Erdoğan – qui initie les paysans à ce nouveau média. Grand classique du cinéma turc, ce film tragicomique, porté par un excellent casting, révèle les enjeux sociétaux de l’époque dans un village reculé de la Turquie. 

Bonus : la suite du film, Vizontele Tuuba, est disponible sur Netflix.

7. Koğuştaki Mucize (Le miracle de la cellule n°7)

2019, 2h12, de Mehmet Ada Öztekin.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19588198&cfilm=275065.html

Après son succès en Turquie avec cinq millions de spectateurs, Netflix le met discrètement en ligne en mars. Le film devient tendance n°1 de Netflix France en quelques jours début avril. Une agréable surprise qui fait beaucoup réagir sur le net et les réseaux sociaux. Une première pour la plateforme de divertissement qui a donc fait le bon choix de proposer ce chef d’œuvre cinématographique. Digne héritier de La Ligne Verte et La Vie est belle, ce remake du film coréen Miracle in Cell No. 7, est un concentré d’émotions qui nous tient en haleine pendant plus de deux heures en nous arrachant de chaudes larmes. Âmes sensibles ne pas s’abstenir, le film est magnifique. Netflix le résume très bien : En 1984, dans un village en Egée, séparé de sa fille, un père avec un handicap mental doit prouver son innocence lorsqu’il est arrêté pour le meurtre d’une enfant. On s’attache aux personnages de Memo – campé par Aras Bulut Iynemli au jeu d’acteur époustouflant – et de la petite Ova – joué par l’adorable Nisa Sofiya Aksongur. Cette relation père-fille nous livre une véritable leçon d’humanité, d’amour et de détermination.  

Kelebeğin Rüyası (Le rêve du papillon)

2013, 1h58, de Yılmaz Erdoğan. 

Véritable ode à la littérature turque, Yılmaz Erdoğan dresse l’histoire de deux jeunes poètes pendant la Seconde guerre mondiale. En 1940, dans une ville au nord de la Turquie, Rüştü et Muzaffer, deux amis amoureux de la poésie, essaient de vivre de leur art malgré la pauvreté et la maladie. Guidé et soutenu par leur professeur de lettre qui n’est d’autre que Behçet Necatigil, le célèbre poète turc, les deux amis parlent d’amour quand ils font la connaissance de la riche et jolie Suzan. Inspiré de faits réels, ce film rend hommage aux poètes oubliés de l’histoire.  

Evidemment, il existe beaucoup plus de films dramatiques turcs à voir (Çınar Ağacı, Dedemin insanları, Iftarlık gazoz etc), mais malheureusement le choix sur Netflix France reste assez restreint. En espérant que l’engouement récent pour le cinéma turc pousse Netflix à proposer plus de contenus, ainsi que les grands distributeurs des salles de cinéma. 

Aussi, vous remarquerez que le genre dramatique du cinéma turc dose parfaitement les instants drôles et tristes qui rendent les personnages et les histoires encore plus touchantes. Ces montagnes russes émotionnelles sont un trait de caractère du peuple turc. En une phrase prononcée, on peut rire et pleurer à la fois. Et ça, c’est beau !

Les infos à connaître pour comprendre ces films 

Un point historique est à préciser pour apprécier au mieux ces films. La majorité des films dramatiques se déroulent dans les années 60-70-80 qui sont une période sombre de l’histoire politique de la Turquie, marquée par des coups d’Etat et une forte répression militaire. En 1960, le parti démocrate turc est renversé par un putsch militaire dirigé par le général Cemal Gürsel. Et le premier ministre Adnan Menderes est exécuté en 1961 après plusieurs mois en prison. S’en suit une politique conservatrice, une récession économique et des troubles sociaux. En 1971, l’armée intervient une nouvelle fois pour imposer la démission du gouvernement de Süleyman Demirel. La répression politique se poursuit. En 1980, à la suite d’une crise économique et sociale explosive, les militaires, dirigés par le général Kenan Evren, prennent le pouvoir une troisième fois et instaurent une véritable terreur et une forte répression contre les Kurdes et les mouvements d’extrême-gauche. Ainsi, pendant trente ans la vie en Turquie est dictée par ces gorilles aux lourdes bottes. Le peuple turc s’en trouve profondément marqué. 

Bon visionnage !

Mélissa Cetin

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