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Focus sur EUTOPIA avec Luciana Radut-Gaghi : le parcours international normalisé

Pour la deuxième rencontre de cette mini-série sur le Campus des Universités Européennes qui s’est déroulé en juin 2022, Mélanie Zabbal a pu échanger avec Luciana Radut-Gaghi, vice-présidente en charge de l’Université européenne EUTOPIA, CY Cergy Paris Université qui lui a présenté le projet EUTOPIA.

L’interview est également disponible en anglais dans la deuxième partie de cet article.

En soit, il faudrait présenter le parcours international comme un parcours naturel.

Luciana Radut-Gaghi

On’ : Bonjour. Avant de commencer, j’aimerais savoir si vous avez effectué une mobilité au cours de vos études.

J’ai effectué ma licence à Bucarest, en Roumanie. En ce qui concerne mon master et mon doctorat, je les ai réalisés en France.

On’ : Avez-vous bénéficié d’une bourse lorsque vous étiez en Roumanie ?

Oui, en effet. Pour être honnête, je ne me souviens plus du montant exact, mais cela couvrait les dépenses de la vie quotidienne tant qu’on ne faisait pas d’excès.

On’ : Pourriez-vous nous présenter EUTOPIA ?

EUTOPIA est un sigle qui signifie « European Universities Transforming To an Open and Inclusive Academy ». Suite au discours à la Sorbonne d’Emmanuel Macron, plusieurs recteurs ont voulu créer une alliance, et en 2018, EUTOPIA est née. Elle rassemble des personnes qui se rencontrent et décident de
travailler ensemble. Je tiens à souligner qu’EUTOPIA jouit d’une très bonne coopération entre les institutions. En 2019, elle a répondu à l’appel d’Erasmus +, par exemple.

Sur le site de l’université de Cergy, tout le monde doit connaître EUTOPIA, d’autant qu’elle est connectée à d’autres campus. Tous les ans, une EUTOPIA week est organisée sur le campus d’une université.
Actuellement, l’EUTOPIA week se tient à Bruxelles. C’est un véritable événement dans la ville.
EUTOPIA privilégie les initiatives « Bottom Up ». On a affaire à 30 communautés éducatives où les
collègues choisissent chacun la voie qu’ils souhaitent suivre. Il peut s’agir d’écoles d’été, de micro certifications, ou de diplômes communs par exemple. Ensuite, il y a une aide au niveau central, qui permet de trouver un juste milieu entre autonomie et équilibre financier.

On’ : Quel rôle jouent les étudiants dans tout cela ?

Certains étudiants ont créé un Student Think Tank. C’est un site web avec des publications engagées qui permet de s’initier à EUTOPIA. Tout cela s’est joué en dehors du cadre des enseignants et des institutions. A noter qu’ils recherchent toujours des volontaires et qu’il ne faut pas hésiter à leur écrire.

On’ : Selon vous, qu’apporte EUTOPIA aux étudiants ?

Avant tout, EUTOPIA internationalise le cursus. Y prendre part permet aussi de sortir de sa zone de confort et de se sentir européen. Cela donne l’instinct d’aller vers les autres, ainsi que le droit de prétendre à son européanité et à son caractère de citoyen du monde. C’est pour cela qu’il est très important que les enseignants présentent les alliances comme EUTOPIA, car ce sont des partenaires privilégiés pour les étudiants, et ils peuvent participer à leur réflexion. En soit, il faudrait présenter le parcours international comme un parcours naturel. L’international peut par ailleurs être perçu au
niveau local : il existe beaucoup de modules et cours digitaux que l’on peut effectuer chez soi.

On’ : Vous êtes partie en Roumanie. Comment avez-vous fait pour pallier la barrière de la langue, qui est d’ailleurs un souci récurrent des étudiants souhaitant effectuer une mobilité ?

Je pense sincèrement que la langue n’est pas un problème : si l’on choisit un pays dont on connaît un peu la langue, on finit toujours par s’améliorer. Il ne faut pas se mettre trop de pression. En plus, lorsque les
universités signent des accords, elles choisissent des programmes qui sont tenus dans des langues abordables pour les étudiants.

On’ : Pour terminer, pourquoi était-ce important pour vous de participer au Campus des Universités
Européennes ?

Cette journée permet de faire la promotion d’EUTOPIA, mais aussi de faire un bilan et de découvrir d’autres alliances d’universités européennes. Au fond, cela permet de représenter l’Europe, de former l’identité de pensée, et de donner un peu de grandeur à nos projets.


I believe that the international cursus should be regarded as the regular cursus

Luciana Radut-Gaghi

On’ : Good Morning. Before we start, we would like to know whether you chose to go abroad as a student.

Yes indeed, I did my bachelor in Bucharest, in Romania. I came back to France to do my Master’s Degree as well as my PhD.

On’ : Did you benefit from some financial aid when you lived in Romania?

I had a grant, but to be honest, I don’t remember precisely how much money I got each month. I recall that I had enough money for the expenses of my daily life, as long as I was careful not to spend too much on non necessary things.

On’ : Could you explain to us what EUTOPIA is?

EUTOPIA means “European Universities Transforming To and Open and Inclusive Academy”. After
Emmanuel Macron’s speech at the Sorbonne, many rectors felt the need to create an alliance of universities. In 2018, EUTOPIA was born. It gathers people who meet each other and choose to work together. I want to stress that EUTOPIA cooperates nicely with the institutions. For instance, it answered Erasmus +’s call in 2019.

At Cergy University, everyone has to know EUTOPIA, especially since it is connected to other universities’ campuses. Each year, an EUTOPIA week is organized on the campus of an university. At the moment, the EUTOPIA week takes place in Brussels and it really is an event in the city.
EUTOPIA favours the “Bottom Up” initiatives. The colleagues who work among thirty educative communities have the liberty to choose the path they want to follow: summer schools, micro certifications, or shared diplomas for instance. Then, they are supported by the alliance in order to find a perfect balance between autonomy and finances.

On’ : Do students play a role in all of this?

Some students created a Think Tank. It is a website with several engaged posts which are a good way to find out more about EUTOPIA. All of this happened outside of the frame of the institutions and of the professors. Those students always look for volunteers, do not hesitate to write to them.

On’ : According to you, what does EUTOPIA bring to students?

First and foremost, EUTOPIA internationalizes the cursus of students. It also makes them get out of their
comfort zone and to feel European. This makes them more keen to get in touch with other people, and allows them to claim that they truly are citizens of the world. That is why it is crucial that professors present alliances such as EUTOPIA, because they are privileged partners for students. They can help them through the process. I believe that the international cursus should be regarded as the regular cursus, especially since the international cursus can now be followed at home, thanks to digital courses.

On’ : You lived in Romania for some years. How did you manage to get by, and to understand what the
locals told you? Many students are afraid to live their country because of the language barrier.

I truly think that the language you speak is not an issue. If you choose to go in a country and do not speak the language very well, you will end up getting better. You should not worry too much about this. In addition, when universities make alliances, they make sure to choose programs that are given in a language that students will be likely to understand.

On’ : Lastly, why was it important for you to take part in the Campus of European Universities?

This day gives me the opportunity to promote EUTOPIA, but also to sum things up and to discover other
alliances of European universities. It is a way to represent Europe itself, and to give some splendor to our
projects.

Mélanie Zabbal

Melanie Baccichetti

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