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Juan Rayón : son expérience Erasmus, ses ambitions et son message

A l’occasion du Campus des Universités Européennes qui s’est tenu en juin, On’ a eu l’occasion de discuter avec plusieurs intervenants sur le sujet de la mobilité internationale étudiante. Pour le premier article de cette mini-série, Mélanie Zabbal a pu rencontrer Juan Rayón González, qui explique le rôle de l’Erasmus Student Network dont il est le Président.

L’interview est disponible en anglais dans la deuxième partie de l’article. The interview is available in english in the second part of the article.

Je pense que les étudiants en droit imaginent souvent à tort qu’il n’est pas utile de partir en Erasmus, puisque la loi change en fonction des Etats.

Juan Rayón González

On’ : Bonjour. Avant de commencer, pourriez-vous nous parler un peu de vous ?

Je suis le président actuel du « Erasmus Student Network ». J’ai effectué des études de droit et ai toujours rêvé de vivre un séjour Erasmus. J’en ai finalement réalisé un à Istanbul. Ce fut une expérience très enrichissante pour moi, je trouve que c’est important de le souligner. Je pense que les étudiants en droit imaginent souvent à tord qu’il n’est pas utile de partir en Erasmus, puisque la loi change en fonction des Etats. Au contraire, je trouve que cela m’a beaucoup apporté. Pour autant, je reconnais que c’était un challenge car le droit turc est différent du droit que je connaissais.

On’ : Pourriez-vous nous décrire l’« Erasmus Student Network » ?

L’« Erasmus Student Network » (ESN) est le plus grand réseau d’étudiants souhaitant partir en Erasmus et d’anciens élèves (alumni) ayant effectué un programme Erasmus. Il est composé de 15 000 volontaires dont 70% d’alumni. C’est la plus grande organisation d’alumni. Ce sont tous des étudiants qui souhaitent prendre part au partage et à la promotion des valeurs portées par Erasmus, et il y a un grand sens d’unité entre eux malgré leurs différences. Ils viennent en effet de 31 pays différents, faisant partie de l’Union Européenne ou non.

L’ESN fonctionne à trois échelles. D’abord au niveau local, avec des activités pour les étudiants. Il y a ensuite des organisations nationales qui visent à créer des meilleures conditions pour les étudiants partant en Erasmus. Enfin, il y a la direction internationale qui collabore avec les institutions européennes.

On’ : Quel a été l’impact du Covid sur le fonctionnement de l’ESN, et plus largement sur les mobilités Erasmus ?

En 2020, les 160 000 étudiants en Erasmus ont tous été affectés par les restrictions liées à la pandémie. Ils ont cependant réussi à rester engagés et beaucoup ont choisi de rester dans le pays d’accueil afin de finir le programme. Même si de nombreuses choses ont changé, et qu’ils pouvaient moins sortir, ces étudiants voulaient tout de même tirer tout ce qu’ils pouvaient de leur séjour Erasmus. Pendant l’année universitaire 2020-2021, le nombre de mobilités a tout de même réduit de moitié. Mais le désir de mobilité n’a pas disparu, et désormais, les étudiants souhaitent plus que jamais partir à l’étranger dans le cadre de leurs études.

On’ : Nous aimerions savoir quelles sont vos ambitions pour l’ESN en tant que Président du réseau.

Je suis ravi de voir qu’un nombre important d’étudiants désire encore vivre l’expérience Erasmus. J’ai deux principales ambitions : faire en sorte qu’Erasmus soit plus inclusif, et que son impact soit plus grand. « More and better » en somme. En ce qui concerne l’inclusivité au sein d’Erasmus, je souhaite que plus de personnes handicapées puissent partir. Il en va de même pour les personnes vivant en zones rurales.

J’ai deux principales ambitions : faire en sorte qu’Erasmus soit plus inclusif, et que son impact soit plus grand.

J’ai remarqué que pour ces deux catégories d’étudiants, il y a deux barrières à dépasser : une barrière financière d’une part, et une barrière que j’appellerais environnementale d’autre part. Au-delà de l’argent, ces étudiants ont souvent l’impression qu’Erasmus n’est pas fait pour eux, que ça ne les concerne pas. Pour pallier cela, j’ai opté pour une approche « multi-problem ». Cela passe par de la bureaucratie, par la promotion du programme via des campagnes, des témoignages au sein des écoles, et sur le site web de l’ESN. Je tiens d’ailleurs à faire remarquer qu’il est très facile d’entrer en contact avec les alumni déjà partis en Erasmus. Il y a même plus de 500 organisations locales en Europe.

On’ : Pourquoi était-ce important pour vous de prendre part à cette journée du Campus des Universités Européennes ?

Le Campus des Universités Européennes constitue le plus grand rassemblement d’alliances d’universités qui se soit tenu en quatre ans. Cela donne l’opportunité de s’engager avec de nombreuses personnes ; et donc d’augmenter l’engagement envers Erasmus. De plus, il y a une grande composante étudiante. Tout cela est très important à mon sens.

On’ : Enfin, quel serait le message que vous souhaiteriez transmettre aux étudiants qui nous lisent ?

Trouvez une cause qui vous tient à cœur et défendez-la. Engagez vous, et si possible, utilisez les organisations à portée internationale comme Erasmus pour vous engager. Erasmus vous donne d’ailleurs l’opportunité de changer et d’améliorer le monde par l’échange.


There is a common misconception, especially upon law students, that going on Erasmus is not really useful.


Juan Rayón González

On’ : Good morning. First and foremost, would you like to introduce yourself ?

I am the President of the “Erasmus Student Network”. I studied law. As a student, I have always dreamt of going on an Erasmus program. In the end, I was able to study in Istanbul thanks to Erasmus. It was a once in a lifetime experience for me. I think it is important to stress this point, because I believe that there is a common misconception, especially upon law students, that going on Erasmus is not really useful since law changes in every State. Although it was a tremendous challenge, I learned a lot through this program.

On’ : Could you explain how the Erasmus Student Network works?

The Erasmus Student Network (ESN) is the biggest student and alumni network. It involves students who want to go on Erasmus and alumni, students who already went on Erasmus. 15 000 volunteers are part of the ESN. 70% of them are alumni. In fact, it is the biggest alumni organization. All those students want to take part in the promotion of values shared by Erasmus. They share a common understanding on how to improve society for students. Thus, there is a strong sense of unity in the ESN, even though the students are very different. They come from 31 different countries, which are part of the European Union, or not.

The ESN functions on three levels. First, activities for students are planned in the local level. National organizations aim to improve the conditions of student mobility during the Erasmus program. Finally, the international headquarters is in charge of the direction and of the collaboration with European institutions.

On’ : How did Covid-19 affect the functioning of the ESN as well as the Erasmus mobility?

In 2020, all 160 000 students who were gone on an Erasmus program were affected by Covid restrictions. However, they managed to stay engaged. Most of them chose to stay in the Erasmus destination in order to complete their programs. Even though many things changed, and they could go out less, those students tried to make the best out of their Erasmus programs. During the academic year 2020-2021, mobility numbers were reduced by half. Yet the desire for mobility remained. Now, students want more than ever to leave and enjoy the Erasmus experience.

On’ : We would like to know more about your hopes for the ESN as the President of the network.

I am thrilled to see that a large number of students still wants to live the Erasmus experience. My goal is to make Erasmus more inclusive and more impactful. “More and better” in a way. I would like to make sure that more disabled students and more students living in rural areas choose to go on Erasmus.

My goal is to make Erasmus more inclusive and more impactful.

I noticed that for those two kinds of students, there are two main obstacles to overcome: the financial means as well as what I call the environmental barrier. Those students often feel like Erasmus was not conceived for them, and that it is simply not for them. That’s why I chose to adopt a multi-problem approach, which entails bureaucracy, promotion of the program through campaigns and testimonies in schools and on the website of the ESN. I would like to stress that it is very easy to get in touch with the alumni who already went on Erasmus and that there are about 500 local organizations in Europe.

On’ : Why was it important for you to be here, at the Campus of the European Universities?

This Campus is the largest gathering of university alliances which took place over the last four years. This day gives us the opportunity to commit with several persons, and thus to strengthen the commitment towards Erasmus. Moreover, there is a large student component. I believe that all of this is really important.

On’ : Finally, would you like to convey a message to the students reading this article?

Advocate for a cause. Get engaged and do not fear to use international organizations to do so. By the way, Erasmus gives you the opportunity to find a cause and to find a way to change the world for the better.

Mélanie Zabbal

Melanie Baccichetti

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