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On’ s’évade à Cannes #6 : Les déceptions [Critiques]

À Cannes, certains films très attendus se sont révélé ne pas être si bons que ça, et d’autres qui partaient favoris ont déçus soit par leur excès de nostalgie comme le dernier Top Gun, leur absence d’originalité avec le remake Coupez ! de Michel Hazanavicius ou leur platitude à l’image de Stars at noon ou de Frère et sœur. Revenons quelques instants sur ces films pour tenter de comprendre ce qui n’a pas séduit….


Découvrez la bande-annonce de "Frère et soeur", le nouveau Desplechin, en  compétition à Cannes

Source : France Inter

1. Top Gun : Maverick de Joseph Kosinski 

Quelle émotion après 35 ans d’absence de retrouver « Maverick » ! Même si le film en soi est un bel hommage au premier volet, il tire un peu trop sur la corde de la nostalgie en rendant certains moments cérémonieux… Et ce malgré la puissance épique qui nous porte tout du long (grâce au compositeur Hans Zimmer), tout comme le fantastique travail du son qui offre une véritable immersion. Présenté hors-compétition au Festival, nous nous retrouvons avec la nouvelle génération que Lady Gaga représentera en musique pour la scène finale. Et si l’on joue au jeu, non pas des 7 différences, mais des similitudes avec le film de Tony Scott sorti 1986, on se rend vite compte que l’on retrouve la même intro musicale avec le générique, la ressemblance de Miles Teller le fils de Goose interprété par Anthony Edwards, le retour d’Iceman, les mêmes couleurs d’ambiance dans la salle de contrôle et des images crépusculaires jaunies comme auparavant, le même look pour Tom Cruz avec les lunettes d’aviateur, la coupe courte, ce qui s’apparente à la veste de son ex, le tee-shirt blanc, le blue jean, les santiag et la grosse moto… Ce dernier est d’ailleurs toujours aussi indiscipliné dans le bureau de son amiral. On retrouve aussi la rivalité avec un blondinet arrogant, le jukebox, les chorales dans le bar, Tom qui drague ou encore les réunions dans le hangar. Seul le beach volley a été remplacé par une sorte de rugby ! La nostalgie est donc omniprésente mais surtout écrasante, et les éléments du passé ne sont pas habilement dissimulés mais gros comme des éléphants… ce qui est un choix assez maladroit je trouve. Enfin, la tension dans l’ancien film était plus ressentie avec davantage de franches rigolades que dans cette suite. Ici, l’acteur bientôt soixantenaire est plus dans le contrôle, avec un visage souvent fermé (les mâchoires contractées) et peu naturel. En même temps, difficile de lâcher prise pour celui qui a été le sex symbol d’une génération entière…  

Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=Y3RSkiZFmG8 

2. Stars at noon de Claire Denis 

Voici l’avant-dernier film que j’ai vu en avant-première en présence de l’équipe dans la salle du GTL, juste avant le déchirant Tori et Lokita des frères Dardenne. Très honnêtement, ce fût l’une des pires expériences de cinéma de ma vie de par sa platitude, et j’avoue m’être endormie quand le film – d’une durée de 2h17 – s’est terminé à 0h45. La seule belle et captivante scène dans des tons violet, est celle d’un slow lascif sur une musique originale composée par le groupe Tindersticks qui avait déjà travaillé pour son film High Life (2018). Adapté du roman éponyme de Denis Johnson publié en 1986, l’histoire raconte comment une jeune journaliste américaine bloquée au Nicaragua rencontre un mystérieux voyageur anglais dans un bar d’hôtel. Alors qu’il lui semble être l’homme rêvé pour l’aider à fuir le pays, elle réalise trop tard qu’elle entre en fait à ses côtés dans un monde plus trouble et plus dangereux. Tous deux se lancent alors dans une romance passionnée et se retrouvent entraînés dans un labyrinthe de mensonges et de complots. Claire Denis a également co-écrit le scénario avec Léa Mysius qui a présenté son dernier film Les cinq diables à la Quinzaine des réalisateurs. Tout paraît mignon et palpitant sauf qu’il n’en est rien. L’ensemble est incompréhensible, on assiste à une scène inutile de test PCR à la frontière et je n’ai pas compris le titre. 

Annoncé jusqu’en 2020 avec Robert Pattinson en tête d’affiche, ce dernier n’a malheureusement pas pu participer au projet en raison de retards occasionnés par la pandémie dans le planning de tournage du dernier Batman… et c’est donc Joe Alwyn qui l’a remplacé : grosse déception. Présenté en compétition officielle, le film a par je ne sais quel miracle, réussi à rafler le Grand Prix du jury en ex-aequo avec Close de Lukas Dhont… peut-être ont-ils eu pitié que du haut de ses 76 ans et ses 16 films, la française n’ait été en sélection officielle qu’une seule fois pour son premier long-métrage Chocolat en 1987 ! 

Extrait : https://www.youtube.com/watch?v=hwVlkprBgbg 

3. Frère et sœur de Arnaud Desplechin

Il s’agit du premier film que j’ai vu en arrivant au festival et ce qui m’a dérangé, c’est le thème des problèmes familiaux baignés dans une bourgeoisie outrancière. Alors, ce n’est pas une prise de partie a priori et catégorique, mais il faut bien dire que c’est un mauvais film bourgeois car il en existe de très bons comme le cinéma de Truffaut, Godard, Sorrentino, ou même Almodovar… Les discours sont ici téléphonés et les acteurs décevants, sauf peut-être Melvil Poupaud mais surtout Cosmina Stratan qui joue la roumaine démunie prise sous l’aile de la grande Marion Cotillard (qui a pris des cours depuis Batman : The Dark Knight Rises pour s’évanouir à l’hôpital). Faisant suite à son film Tromperie (2021) tout aussi bourgeois et ennuyeux avec Léa Seydoux, Denis Podalydès, Anouk Grinberg et Emmanuelle Devos, le réalisateur français réitère avec un film (tout de même) présenté en compétition officielle.

Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=YTSWTgAyRIM 

Cynthia Zantout

Cynthia Zantout

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