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Le cinéma d’animation, un média non valide auprès des adultes ?

Le cinéma d’animation est vecteur d’émotions et permet de toucher une large audience. Qui parmi vous n’a jamais été follement ému devant un Disney, ri aux éclats devant un film des studios Dreamworks, ou encore s’est mis à réfléchir devant des thématiques fortes explorées par l’animation ? C’est pour honorer et défendre cet art que On’ vous propose de revenir sur les propos de Amy Schumer tenus aux Oscars, pour renouer avec cette filière du cinéma.

Une bavure aux Oscars ?

Lorsque l’on fait mention d’animation, le grand public pense directement aux productions de Disney et ses studios comme Pixar. Le succès massif de ces sociétés de production depuis le premier film sorti en 1937 (Blanche-Neige et les Sept Nains) ainsi que leurs codes sont connus de tous, et ont par la même occasion influencé l’opinion publique en s’accaparant ce format. En effet, le fait que Disney soit défini comme la référence de l’animation depuis tant d’années contribue à associer l’image de l’animation aux souvenirs d’enfance dans l’inconscient collectif. C’est en partie ce qui explique le manque de reconnaissance des spectateurs qui ont grandi. Fait plus récent : durant les Oscars 2022, la co-présentatrice de la cérémonie Amy Schumer dépeint les films d’animation comme représentants d’un cinéma pour les enfants et seulement des enfants, lors de la présentation du film Encanto… Cette vision du cinéma d’animation nous pousse à réfléchir à tous préjugés sur l’animation. Cette vision a été vivement critiquée par Phil Lord, réalisateur nominé pour son film Les Mitchell contre les machines pour l’Oscar du meilleur film d’animation. En effet, ce dernier ne comprend pas la position adoptée par la présentatrice. Pour lui, cela revient à minimiser le travail réalisé par toutes les équipes impliquées dans le développement et la réalisation d’un film d’animation.


Les films d’animation sont encore souvent catégorisés comme étant destinés aux enfants, mais tout comme le cinéma en prise de vue réelle, des messages peuvent être transmis aussi bien pour les plus jeunes que pour les adultes. Il faut aussi avouer que le fait de réduire l’importance et la portée des films d’animation tend à vouloir rendre les enfants moins intelligents que ce qu’ils ne sont réellement… Un film comme Persepolis de Marjane Satrapi, sorti en 2007, est une œuvre autobiographique qui reprend des éléments de sa vie comme son enfance en Iran lors de la guerre contre l’Irak. Le film Junk Head réalisé en 2017 et sorti en France en mai 2022 est un film de Science fiction en stop motion que le réalisateur Takahide Hori a mis presque 7 ans à produire en étant seul aux commandes ! Et ce film, bien qu’étant réalisé en animation, semble peu recommandé pour un jeune public tant par l’aspect visuel que par certains choix artistiques atypiques. Les deux exemples démontrent donc bien la complexité du cinéma d’animation qui par ses enjeux ou thématiques abordées, peuvent convenir à un public divers et varié. Il faut aussi noter que l’Oscar du meilleur film d’animation est apparu en 2002, près de 73 ans après la création de la cérémonie, ce qui prouve encore un peu plus la reconnaissance qui lui est accordé. 

Les séries pour adultes

Le cas de l’animation pose aussi la question des séries d’animation, qui font partie intégrante de notre quotidien depuis plusieurs décennies. Nous pouvons mentionner le cas des séries Les Simpson de 1989 et South Park (1997) qui sont connotées « séries pour adultes » et qui poursuivent leur diffusion depuis bientôt 35 ans ! Les deux séries ont pourtant été critiquées par moment à cause des thèmes abordés tel que la religion, la politique ou encore en parodiant des évènements du monde réel. Cela rejoint pourtant ce qui est proposé par Disney, puisque des thèmes forts sont mis à disposition des enfants au jeune âge, comme la mort qui est une récurrence pour la plupart des héros de leurs film comme dans Tarzan (1999) qui perd ses deux parents attaqués par un léopard ou Bambi sorti en 1942 qui au-delà de la mort d’un proche, peut dénoncer la pratique de la chasse et même, selon certains observateurs, l’antisémitisme.

C’est donc en cela que le cinéma d’animation est riche de diversité et de thèmes importants à explorer. De plus, le format d’animation pour une série ou un film peut permettre plus de liberté au réalisateur et son studio pour faire passer un message souhaité, le rendant à la fois accessible aux enfants et aux parents pour les Disney destinés à un grand public et pour des audiences plus matures selon le sujet abordé. Pour terminer, voici quelques recommandations de séries et films pour tous les goûts !

Séries : Teen Titan Go, Bojack Horseman, Invincible, Solar Opposites, The Boys Diabolical.

Films : Klaus, Aya de Yopougon, America le film, Le sommet des dieux.

Julien-Konko Soumah

Julien Konko Soumah

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