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On’ s’évade à Cannes #3 : Confessions depuis les coulisses du festival

Tapis rouge, stars et champagne. Même si l’image de Cannes arbore des talons hauts et des nœuds pap’, le festivalier doit accepter quelques défis du festival quitte à en laisser… quelques paillettes. Notre reporter sur place nous confesse quelques désagréments liés au festival pour mieux comprendre son organisation !

La vitrine cannoise 

Je me suis retrouvée au festival de Cannes samedi dernier et j’y ai passé une petite semaine. Quand on pense au festival, on pense aux fameuses marches du tapis rouge qui mènent à la grande salle du GTL : le grand théâtre Louis Lumière. On pense évidemment aux stars et à cette fameuse « jet 7 » : cet ensemble de personnalités de la vie mondaine internationale habituées à voyager… en jet », c’est assez logique.  Une élite fortunée parfois issue de la haute bourgeoisie ou même de l’aristocratie. On pense aussi aux grands hôtels (Carlton, Martinez, Majestic), aux restaurants chics et aux clubs selects. Donc… le rêve a priori. Mais pour les humains disons… plus traditionnels, et les journalistes en l’occurrence, le festival nécessite quelques sacrifices. Avec une accréditation presse qui m’ouvrait quasiment toutes les portes, le mot d’ordre était de ren-ta-bi-li-ser ! La pression sociale de maximiser son planning était immense, quitte à se surbooker en enchainant près de six films par jour, que je regardais parfois en somnolant et en luttant pour ne pas m’endormir… Je voulais donc raconter les coulisses du festival, et les quelques désagréments affrontés, même si c’est évidemment une expérience sublime remplie de passion, de rêve et d’amour pour le cinéma. 

Les (petits) sacrifices du festivalier

Tout d’abord, Cannes c’est se priver de manger pour enchaîner les séances. Cela peut paraitre insignifiant, mais la grande majorité des festivaliers grignotent. A cause du prix élevé des restaurants, ou tout simplement par manque de temps. En rentrant chez moi, j’ai eu la sensation que mon estomac avait déjà rétrécit en s’habituant aux petits repas. Ensuite, il y a la fatigue. On dort peu, on est souvent en mode zombie et on ferme les paupières devant l’écran dès qu’on en a l’occasion. Aussi, il y a le malus des talons pour les femmes (le pansement est ton meilleur ami), et je trouvais assez amusant de constater l’universalité de ce problème. Il y a aussi la question de l’esthétique et la problématique d’être beau ; de s’apprêter ou encore de « se saper comme jamais ». Il peut s’agir de se démarquer par la valeur de sa tenue, ou encore un maquillage extraordinaire… en bref: être le plus original possible. La comparaison avec autrui est inévitable et peut d’ailleurs s’avérer avoir une influence négative sur l’estime de soi.

Attendez, ce n’est pas tout, il faut aussi alimenter ses réseaux sociaux! Puisque c’est un évènement très médiatisé, on se retrouve au centre de l’attention et on montre qu’on y était aussi et qu’on a tout vu ! Le point suivant est un peu plus trivial mais… il y a le fait d’être enfermé dans une salle sombre quand il fait 35 degrés dehors, que d’autres mangent des glaces et se baignent sur la plage. C’est assez frustrant. Et enfin, le dernier point, qu’on ne saurait oublier: rencontrer des stars. C’est la première question que l’on m’a posée en rentrant : « alors, t’as vu combien de stars ? », avec des yeux remplis d’étoiles. C’est assez mignon, mais pour moi ce n’était pas vraiment le plus important. 

Se rappeler de l’essentiel 

… Le plus important pour moi, c’est de se rappeler qu’on est là en tant que cinéphile. C’est de d’avoir de belles surprises ! Se confronter à ses a priori négatifs, découvrir des films inconnus, des premiers films et des courts-métrages. En ce qui me concerne, mon coup de cœur cette année s’est porté sur Will you look at me du réalisateur chinois Shuli Huang. Un court métrage introspectif filmé en super 8 qui raconte comment son homosexualité est vécue par sa famille et plus particulièrement sa mère. Un fim beau et déchirant devant lequel j’ai beaucoup pleuré. Du côté des films en compétition officielle, mon choix se porte sur Triangle of sadness du suédois Ruben Östlund qui a déjà remporté la palme d’or en 2017 avec son film The Square. J’ai aimé son film provocateur sur la lutte des classes, parce que c’est un film qui émeut et qui a suscité le plus de réactions dans la salle. La symbolique y est vraiment très intéressante au-delà des apparences. Enfin, Cannes c’est aussi faire des rencontres. Personnellement, j’ai fait une collocation avec cinq inconnus venant de toute la France qui faisaient tous des métiers différents, mais nous étions réunis pour la même raison. J’ai rencontré un propriétaire de cinéma indépendant en Allemagne, un distributeur de films, une étudiante en mode etc. Donc au final le festival : c’est des petits sacrifices… contre des grands plaisirs ! 

Article aussi disponible en version audio sur le replay du 27 mai 2022 de VL média

Cynthia Zantout 

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