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La synthwave, une histoire de famille

Avant de vous dévoiler les sous-catégories du genre musical qu’est la synthwave, il faut bien noter qu’il s’agit là de sous-genres « chef », c’est-à-dire que des « sous-sous-genre » sont à notifier, mais ils relèvent plus de l’association entre plusieurs mouvements voire styles musicaux. Ici, nous nous concentrons donc sur les descendants directs du mouvement communément nommé synthwave.

La darksynth

Le premier enfant de la synthwave que nous allons découvrir est la darksynth, genre qui diffère le plus de ses compères et de son origine. En effet, la darksynth est marquée, d’une part, par son ambiance et sa musicalité. D’autre part, elle est composée d’un assemblage entre le métal, qui lui prête son agressivité avec des sons « sale » (ce terme n’est évidemment pas péjoratif, cela signifie que le son est très rauque et saturé), et un tempo propre à la synthwave. Inspirée d’univers horrifiques et libertaires à l’image des films d’horreur des années 80, elle est le côté sombre du mouvement. Plusieurs artistes inscrits dans ce genre sont connus du grand public, notamment Perturbator ou Carpenter Brut (ce dernier prend place dans la darksynth mais reste tout de même un ovni dans le monde de l’électro).

Exemple de Darksynth avec Agonize de F.O.O.L ET Extra Terra :

L’outrun

L’outrun, qui signifie littéralement « dépassé », est le sous-genre de la synthwave associé à la vitesse, au volant d’une voiture sportive des années 80, à pleine balle, de nuit, sur des routes inhabitées ! Plus sérieusement, il s’agit de la première sous-catégorie historique du genre. Testarossa Autodrive, voilà le morceau à l’origine de l’outrun. En plus d’être la source du mouvement, il est aussi celui qui révéla Kavinsky, artiste référence de synthwave et précurseur au sein de la French Touch. La caractéristique de l’outrun, comparée à la synthwave, est son tempo infatigable et extrêmement rythmé. Bien souvent associés à la synthwave via Kavinsky, on peut retrouver, entre autre, Daniel Deluxe, LazerHawk ou bien Carpenter brut (je vous l’avez dit, il sera partout !) comme artistes phares du genre.

Exemple de OutRun avec Testarossa Autodrive de Kavinsky :

La dreamwave/synthpop

Même si les deux sous-genres sont associés, voire se confondent, une légère distinction est à faire entre la dreamwave et la synthpop !

En premier lieu, la dreamwave est inspirée des années 80 et se différencie de la synthwave classique par la présence de chants. Romantisme et mélancolie sont les mots d’ordre, et le rythme, calme et mélodique, efface les basses sèches très rythmées pour laisser place aux accords du synthé et des voix.

Quant à la Synthpop, elle est la continuité du mouvement des années 80, tout simplement ! Là où l’un s’en inspire, l’autre reprend le flambeau. Aucune réelle différence n’est notable au niveau sonore, mais l’image et le contexte autour d’un album permet de l’associer à l’un des genres. Grâce au film Drive, nous avons pu découvrir ce qui se fait de mieux dans ce thème : Electric Youth !

Exemple de Synthpop avec Innocence de Electric Youth :

La chillwave/synthwave

Avec cette sous-catégorie, c’est la musicalité qui prime, et c’est ce que nous entendons quand nous évoquons le mot « synthwave » : une boucle avec quelques variations très légères, aux sonorités empruntées à la pop des années 80. Le synthétiseur est au cœur du genre, pour nous emmener avec lui, teddy sur les épaules, une paire de lunette de soleil et une coupe à la Retour vers le Futur. The Midnight, Miami Night 1984, David Hassellhoff, Rogue VHS ou encore MOON, la liste des artistes du genre est longue et les découvertes quotidiennes !

Exemple typique avec Souls Depart de Rogue VHS :

La spacesynth/futursynth

Bon, je ne vais pas vous mentir, celle-ci est un peu particulière. Mélodiquement basée sur le synthétiseur, elle tend vers l’expérimentation du genre, dans le but d’emmener l’auditeur dans un monde futuriste. Les morceaux sont exclusivement basés sur les instrumentales, que l’on retrouve dans le cinéma de science-fiction à l’image de BladeRunner ou encore récemment de Dune. Le côté expérimental n’empêche en rien le côté rythmé et épique du genre, puisque l’objectif est le voyage !

Exemple avec Here on Earth de Baldocaster :

La vaporwave

Et pour finir, l’enfant qui a pris son envol : la vaporwave ! Devenue un genre à part entière, elle n’est pas moins inspirée du mouvement initial. Plus de tendances psychédéliques, mais aussi un appui fort de la chillwave, ce genre est tout bonnement de la synthwave à des fins de critique sociétale composée, comme son prédécesseur, d’éléments d’inspiration des années 80 : films, publicités, musique… Sa critique porte essentiellement sur la société de consommation, du capitalisme et de la musique New Age. Son apparition est effective quelques années après les débuts de la synthwave, dans les années 2010, et elle partage ses fondements entre l’EDM et la house.

Exemple populaire avec Wavestep de Blank Banshee :

L’objectif de cet article est de différencier les sous-genres de la synthwave afin de vous offrir de la matière pour remonter des pistes et découvrir des styles et des artistes tous aussi différents les uns que les autres. En aucun cas, il ne faut coller des étiquettes sur des artistes ou des singles et albums. Il nous faut prendre ce que les compositeurs nous offrent afin de parcourir avec eux un bout d’histoire de la musique, qu’ils se revendiquent de l’électro ou non puisque ce « genre » synthwave partage des traits communs dans sa construction avec un autre genre qui tire ses origines en un même lieu : le hip hop…

Antoine Coffigniez

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