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Le monde du sport face à la guerre en Ukraine

Source : https://fcbayern-fr.com/15308-2/

Depuis plus de deux semaines, les images de l’invasion de l’Ukraine par la Russie font le tour du monde. Cette guerre, en plus de constituer une tragédie pour le peuple ukrainien, est lourde de conséquences pour les pays du monde entier. Mais qu’en est-il dans la sphère sportive ? Comment les athlètes ont-ils réagi face à ces nouvelles ? Quelles ont été les sanctions prononcées par les grandes instances sportives ? On’ répond à toutes ces questions.

Des vives réactions à travers la planète

Comme souvent lorsque de tels événements se produisent, les sportifs du monde entier ont rapidement témoigné leur soutien à l’Ukraine. Au-delà de tous les messages postés sur les réseaux sociaux, ils ont été nombreux à s’exprimer à travers leurs performances sportives, à l’image du footballeur Ruslan Malinovsky. Auteur d’un doublé en barrages de la Ligue Europa, le joueur ukrainien de l’Atalanta Bergame a exhibé un t-shirt sur lequel était inscrit « No war in Ukraine ». Avant leur match de barrage de la même compétition, les clubs de Naples et de Barcelone ont eux aussi appelé à la paix en portant une bâche sur laquelle était écrit « Stop War ». Une marque de soutien imitée par plusieurs autres équipes. Les clubs et leurs supporters ont été enfin nombreux à rendre hommage à leurs joueurs ukrainiens, comme les fans du club russe du Dynamo Moscou, qui ont scandé le nom de l’entraîneur adjoint Andriy Voronin durant un match.

Les messages de soutien se sont également multipliés de l’autre côté de l’Atlantique. En NBA, c’est autour du pivot ukrainien Alex Len que les joueurs se sont rassemblé avant le début du match Sacramento – Denver. De leur côté, les joueurs de la Nouvelle-Orléans ont décidé, lors de leur match face à Sacramento, de porter des chaussettes jaunes, rappelant, avec leur maillot bleu, le drapeau de l’Ukraine. Enfin, pour la cérémonie de retrait de son maillot à Boston, le légendaire Kevin Garnett arborait un ruban aux couleurs ukrainiennes sur sa veste.

Lesjoueurs de Denver et de Sacramento unis autour d’Alex Len

Dans le monde du tennis, les réactions ont aussi été nombreuses. La joueuse ukrainienne Lesia Tsurenko, qui était au Mexique pour le tournoi de Guadalajara au moment de l’invasion russe, a témoigné de son inquiétude quant à la situation de son pays. Au micro du journal L’Équipe, elle a réclamé le soutien de la planète tennis : « J’aimerais demander à toute la communauté du tennis de prendre la parole contre la guerre sur ses réseaux sociaux. Je demande à tout le monde de soutenir l’Ukraine dans cette période difficile. »  Sa compatriote Elina Svitolina, opposée à la Russe Anastasia Potapova au 1er tour du tournoi de Monterrey, a quant à elle menacé de se retirer de la compétition si son adversaire ne concourait pas sous une bannière neutre. De son côté, après sa victoire en demi-finale du tournoi de Dubaï le Russe Andreï Rublev a envoyé un message de paix en écrivant « No war please » sur la caméra du match.

Minutes d’applaudissements, drapeaux, éclairages aux couleurs de l’Ukraine, les hommages se sont multipliés dans les stades et les salles du monde entier. Ils sont évidemment bien trop nombreux pour être tous cités, mais on retiendra la belle mobilisation de la planète sportive, unie pour apporter son soutien à l’Ukraine.

La Russie exclue des compétitions internationales

Si les sanctions économiques et diplomatiques contre la Russie ont rapidement été prononcées par les dirigeants des grandes puissances mondiales, celles des plus grandes instances sportives ne se sont pas non plus fait attendre. En effet, dès le 28 février, quatre jours après le début de l’invasion, le Comité Internationale Olympique (CIO) a recommandé d’exclure les Russes et Biélorusses de toutes les compétitions sportives.

Source : https://www.lemonde.fr/sport/article/2022/02/28/le-cio-recommande-un-bannissement-des-russes-du-sport-mondial_6115573_3242.html

Une recommandation suivie par les fédérations internationales de football, de rugby, de handball, de basket et de volley, qui ont annoncé que les différentes sélections russes seraient interdites de participer aux prochaines compétitions internationales. La Russie manquera donc la Coupe du monde de football cet hiver au Qatar ainsi que celle de rugby en 2023 en France. A l’échelle européenne, les clubs russes ont également été bannis de la Ligue Europa, de l’EuroLigue, et de la Ligue des Champions. Des décisions vivement critiquées par les sélections et clubs concernés, jugeant qu’elles ont « un effet discriminatoire sur un grand nombre de sportifs, d’entraîneurs, d’employés de clubs ou de la sélection nationale », pour reprendre les mots du président de la fédération russe de football.

En ce qui concerne les sports individuels, les sanctions ne sont pas toujours aussi sévères. Ainsi, en tennis, en cyclisme ou encore en biathlon, les athlètes russes n’ont pas été interdits de compétitions internationales, mais contraints de concourir sous une bannière neutre, c’est-à-dire, sans représenter la Russie et sans en porter le drapeau. La fédération internationale d’athlétisme a quant à elle décidé de bannir les sportifs russes de toutes les compétitions internationales. Pour l’anecdote, la fédération internationale de judo a retiré à Vladimir Poutine son titre de président d’honneur.

Enfin, tous les grands événements sportifs internationaux prévus en Russie ont été déplacés ou annulés, à commencer par la finale de la Ligue des Champions de football, initialement prévue à Saint-Pétersbourg, qui a été relocalisée au Stade de France. De même, la Coupe du monde de volley, qui devait avoir lieu en septembre en Russie, a été déplacée. En Formule 1, le Grand Prix de Russie 2022 à Sotchi a été annulé, tout comme le challenge de tennis de Moscou et l’étape de la Coupe du monde de ski à Sunny Valley.

Des entreprises, clubs et dirigeants sanctionnés

Au-delà des sanctions prononcées à l’encontre des fédérations, sélections, clubs et athlètes russes par les instances sportives internationales, certains clubs, dirigeants et entreprises ont été pénalisés pour leurs liens avec le pouvoir politique russe.

Les sanctions les plus marquantes sont celles qui ont été prononcées à l’encontre du propriétaire de Chelsea, Roman Abramovitch. Réputé proche de Vladimir Poutine, l’oligarque russe a en effet été la cible de sanctions économiques de la part du gouvernement britannique, le contraignant à mettre en vente le club. Il a également été suspendu de ses directions de directeur de Chelsea par la Premier League et tous ses avoirs ont été gelés par l’Union européenne. Les accusations à l’encontre d’Abramovitch ont par ailleurs fait perdre à Chelsea plusieurs sponsors, tels que l’opérateur Three. Sur le plan sportif, l’équipe n’a pour le moment pas été impactée, mais ses prochains voyages pourraient s’avérer compliqués en raison du gel des actifs de son propriétaire, qui limite les dépenses du club à 24 000eurospar déplacement.

La compagnie gazière Gazprom, qui a étendu son empire dans le monde du sport, s’est elle aussi retrouvée dans la tourmente en raison de sa proximité avec le pouvoir politique russe. L’UEFA, dont elle est la partenaire majeure, a ainsi décidé de rompre son contrat avec la société russe, qui a donc perdu sa place de sponsor principal de la Ligue des Champions. De manière individuelle, le club allemand de Schalke a d’abord annoncé le retrait du logo Gazprom sur son maillot, avant de rompre totalement leur partenariat. Une décision forte de la part du club qui a renoncé à un contrat de 9 millions d’euros par an jusqu’en 2025.

Entre réactions, déclarations, hommages et sanctions, le conflit entre la Russie et l’Ukraine a donc un impact considérable sur le monde du sport. Cet événement tragique a au moins le mérite de montrer l’unité de la communauté sportive pour apporter son soutien aux populations touchées et lutter, à sa manière, contre ces exactions.

Pierre BOURGEOIS

Pierre Bourgeois

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