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La vie étudiante d’une italienne à Paris – Regards croisés

Dans cet article de “Regards croisés », je me suis entretenue avec Asia, italienne de 20 ans et étudiante à Paris. Nous avons discuté de son parcours et de ses impressions par rapport à ses études en France. J’ai cherché à retranscrire cette expérience parmi tant d’autres d’une étudiante étrangère.

Quel a été ton parcours avant de venir étudier en France ?

Je suis italienne et j’ai fait un lycée de langues en Italie. Mes matières principales étaient l’anglais, le français, l’allemand, l’italien et le latin. Au cours de la quatrième année j’ai vécu au Mexique. J’étudiais dans un lycée de comptabilité. Une fois rentrée, j’ai fini ma cinquième année de lycée et j’ai commencé l’université.

Pourquoi avoir choisi des études en France ? Qu’est-ce que tu étudies ?

Je fais une licence d’Histoire de l’art et d’archéologie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Je suis en L2. J’avais envie d’étudier dans une autre langue, j’ai donc commencé à me renseigner sur l’Espagne ou la France. Puisque j’ai vu que Paris avait une bonne université pour l’histoire de l’art, j’ai fait les démarches sur Parcoursup.

Je n’ai pas exactement choisi la France. J’ai juste été prise en premier à Paris 1 donc j’y suis allée sans tenter véritablement l’Espagne.

J’ai choisi d’étudier ailleurs pour avoir une nouvelle méthode d’apprentissage. En Italie, c’est principalement un travail de mémorisation et je n’aime pas trop. Ici, en France, cela me correspond mieux car c’est de l’apprentissage sans être du par cœur ou des connaissances personnelles.

Quelle a été ta toute première impression en arrivant dans l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ?

Mon premier souvenir se mélange avec mon arrivée en France et mon début à l’université. Les deux souvenirs sont liés. Mais ma toute première impression à Paris 1 était un désastre. C’était la pré-rentrée et je n’avais rien compris. Je pensais avoir fait une erreur. Mais au fur et à mesure j’ai cessé d’avoir peur. J’avais juste eu un moment de panique.

La barrière de la langue est-elle un obstacle insurmontable selon toi ? Comment t’es-tu adaptée ?

Je connaissais déjà bien la langue française, j’habite dans la région d’Aoste en Italie, qui est proche. De plus, je l’étudie depuis plusieurs années à l’école. Toutefois, mon apprentissage du français avec un professeur en Italie ne correspond pas forcément à la réalité d’un français, dans le langage courant. Ici, le débit de parole est rapide ce qui est assez stressant. Pendant la journée, j’entends un vocabulaire différent. A l’école, j’apprenais un vocabulaire plus technique alors qu’ici, le langage est plus familier au quotidien. En plus, j’ai surtout fait de la littérature française avec de la poésie, comme celle d’Apollinaire ! (rire NDRL)

As-tu ressenti quelques difficultés en arrivant en France ?

Oui mais sans que cela soit lié à l’université, c’était pour le logement. Je ne connaissais pas bien les arrondissements. L’université c’était plus simple grâce à ma coloc (rire car je suis sa coloc NDRL). De plus, nous avons de la chance d’être dans l’Union européenne, alors beaucoup de choses sont plus simples et compréhensibles. Ensuite, la langue a été certes un peu difficile au début mais je me suis rapidement adaptée.

Quelles différences perçois-tu entre le secondaire français et le secondaire italien ?

En Italie, il n’y a pas d’examens fixes. On a des périodes d’examens mais les étudiants sont libres. C’est-à-dire que tu peux commencer une matière dans ton premier semestre et passer l’examen de cette matière en troisième année. De plus, il y a une liberté d’aller et venir en cours, les absences ne sont pas prises en compte. Et pour chaque matière il faut acheter un livre car l’examen peut se porter sur celui-ci et le cours du professeur.

Quelles spécificités trouves-tu à Paris en tant que ville étudiante ?

Je trouve qu’il y a beaucoup d’aides à Paris pour les étudiants. Aussi, le coût de l’université n’est pas cher comparé à l’Italie, sans comparer l’Italie aux Etats-Unis pour autant. Le coût de la vie à Paris c’est autre chose…

Avais-tu des stéréotypes sur la France en arrivant ? Sont-ils toujours les mêmes, ont-ils disparu ou évolué ?

Ce ne sont pas mes stéréotypes mais ceux des Italiens. En général, on pense que les français mangent mal, sans doute car nous sommes rivaux (rire NDRL). Mais je peux le contredire car je mange bien ici ! Seulement, c’est plus cher qu’en Italie, donc c’est difficile de manger correctement tout le temps. On pense aussi que vous n’aimez pas les étrangers. Ça, je l’ai vécu un peu mais pas dans la résidence étudiante. C’est surtout de la discrimination car on ne parle pas français. Certains ne font pas l’effort de compréhension. Mais je le ressentais surtout dans les petites villes en France que j’ai pu visiter car je n’ai pas la même sensation à Paris, sans doute car c’est une ville assez cosmopolite.

Comment, en tant qu’étudiante étrangère, as-tu vécu la crise sanitaire ? Tu as suivi les cours de Paris 1 Panthéon-Sorbonne en Italie ou tu es restée à Paris ?

Pendant le confinement d’octobre, j’étais obligée de rentrer en Italie car tout était fermé. Mais au second semestre, j’ai eu de la chance car j’étais en L1 donc nous pouvions revenir un peu en cours. Cela a été une véritable aide pour moi car rester chez soi n’aide pas l’apprentissage de la langue. Je n’avais pas la même attention pour les cours. Donc, je l’ai mieux vécu dans cette partie de l’année car même si je suis restée confinée dans ma chambre à la résidence, j’avais l’opportunité d’aller en cours, de discuter avec les autres filles de la résidence.

Penses-tu qu’il y ait une prise en charge suffisante pour l’accueil d’étudiants étrangers en France ?

Pas vraiment, selon mon expérience. Les profs ne savaient pas que j’étais étrangère mais en même temps, je ne suis pas arrivée en clamant que je l’étais. Mais j’avais un TD (travaux dirigés) dédié aux étrangers. Ça c’était très bien.

Tu aimerais avoir un accueil spécifique à l’université ?

Oui je crois que ça pourrait aider. Je ne sais pas, quelque chose comme plus de TD que de CM pour les étrangers. Ou alors une réunion spéciale pour rencontrer les autres étudiants étrangers et les professeurs. Mais simplement pour comprendre le système qui est compliqué et différent. Les cours ne le sont pas forcément. Pourquoi pas un cours avec des exercices en plus et des conseils pour mieux s’adapter ? Puisque, parfois, comme tu ne connais pas bien le vocabulaire, tu as peur de participer dans les TD “normaux”. Tu te dis que les gens comprennent mieux et plus vite que toi, qu’ils ont déjà les réponses. Mais dans le TD dédié aux les étrangers, il y a le même niveau et une réelle entraide. Toutefois, je crois que les difficultés sont nombreuses au début du premier semestre. Déjà dès la fin de la L1, ça allait mieux et nous n’avions plus ce TD particulier. Et en L2, tout va bien maintenant. Finalement, s’il faudrait des aides en plus, ce serait au début mais c’est notre choix aussi de venir étudier ailleurs. Il faut se débrouiller un petit peu.

Veux-tu faire la totalité de ton parcours universitaire en France ? Et professionnel ?

Je ne sais pas. L’avenir est flou. Je n’en ai aucune idée. Je vais me laisser aller comme je l’ai fait en venant ici. Mais j’aime beaucoup Paris quand même.

As-tu des projets de voyage prochainement ?

J’aimerai faire un Erasmus pendant un semestre de ma troisième année. Seulement pour se confronter à une autre culture, une autre langue, une autre réalité.

Penses-tu qu’étudier dans un autre pays est une plue-value nécessaire ? Est-ce fait pour tout le monde ? Si non, pourquoi ?

C’est un grand défi. Ce n’est pas quelque chose qui peut aider tout le monde. Beaucoup de gens sont bloqués par la langue et je le comprends même si ça n’a pas été mon cas.

Etudier à l’étranger n’est pas une chose en plus pour toi mais cela te donne la possibilité de voir les choses de manière différente et de t’adapter à d’autres situations. Tu apprends à être prêt pour d’importants changements.

Que fais-tu en dehors de tes études à Paris ? Qu’est-ce que ça t’apporte ?

Je suis nounou de deux enfants de 8 ans. C’est très bien car avec les gens de ton âge, je peux me débrouiller facilement en parlant anglais. Avec des enfants, je suis obligée de comprendre et j’apprends beaucoup d’eux. Ils vont employer des mots simples, plus directs avec des définitions plus claires. C’est bien aussi pour connaître le mode de vie des familles françaises, enfin des familles parisiennes du 19ème et 2ème arrondissement (rire NDRL).

Enfin, que conseillerais-tu à des étudiants étrangers qui souhaitent venir étudier en France, et plus particulièrement à Paris ?

Je vais lui dire vas-y ! C’est une très belle ville faite pour les étudiants. J’ai déjà dit à d’autres amis de venir car je vis une très belle expérience. Je les rassure en disant que j’ai rencontré des gens très gentils à l’université. Je dirais tout simplement de venir, pas forcément à Paris d’ailleurs. Mais ici j’ai la possibilité d’étudier l’histoire de l’art et c’est inspirant. Je suis dans l’étude active de ce que je fais. Je dirais aussi de ne pas avoir peur de la langue.

Lisa Voirin

source image: pariszigzag.fr

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