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On’ a vu Dune : un spectacle unique et grandiose

Cette semaine, deux rédacteurs de la rubrique cinéma ont pris le temps de revenir sur le phénomène mondial du dernier film de Villeneuve dans cette article. Antoine et Cynthia s’accordent à dire que ce long-métrage est monumental. De par son budget (évidemment), mais aussi par l’association du travail du son et de l’image, du scénario, du jeu d’acteurs, des décors et des effets spéciaux. Un film unique dans sa réalisation, mais dont l’histoire n’est pas sans nous rappeler d’autres références culturelles. Dune n’est donc pas un film SF comme les autres sur plusieurs points et s’adresse à une large audience pour espérer conquérir tous les horizons… 

Antoine Coffigniez : « La collaboration du grandiose »

Avec Dune, Denis Villeneuve nous offre un support dans lequel plonger : film d’introduction à un ensemble de trois films (si la Warner souhaite rempiler), développant « le cycle de Dune » au cinéma. Univers riche et complexe, le défi du réalisateur canadien était de faire honneur à l’œuvre de Frank Herbert. Défi auquel David Lynch s’est essayé en 1984, mais qui n’a pas été une mince affaire vu la note de 6.4/10 attribuée par l’IMDB. L’immensément vaste, voilà le défi de Dune. Qu’il soit dans la représentation visuelle, à travers la réalisation ou encore la photographie mais aussi dans la musique et dans son scénario. Et ce grandiose se retrouve aussi dans les noms ayant participé à ce film : Hans Zimmer pour la bande originale (Inception, Roi Lion, la trilogie The Dark Knight, Gladiator,…), Greig Fraser qui a opéré sur Rogue One : a Star Wars Story à la photographie, ou encore Joe Walker, monteur de Blade Runner 2049. Cette équipe a réussie à nous faire un film associant le grandiose et l’émerveillement.


Un film pour les fans ?

Alors nous y voilà, les premières minutes de Dune sont certes captivantes mais il faut s’accrocher et émettre un effort pour plonger dans ce monde. On y retrouve aucune introduction en quelques plans comme le grand public en est habitué (héritage de Robert Zemeckis ou encore de Steven Spielberg). Car oui le film est bel et bien 2h36 d’introduction, avec certes des éléments perturbateurs résolus en partie, mais on y est constamment abreuvés d’informations. Outre le “lore” (NDLR : l’histoire de cet univers) qui est plutôt complexe à comprendre, associée à son introduction particulière, l’image fait aussi preuve de dureté car Denis Villeneuve a pris un parti plutôt spécial pour représenter “son Dune”. Une colorimétrie désaturée prenant le contre-pied des couleurs que nous pouvons retrouver dans d’autre film de SF (Science-Fiction) arborant des décors sablonneux, comme Star Wars de George Lucas, possédant une planète « Tatooine » colorée à souhait, mais encore l’exemple le plus expressif est bien celui de Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve avec un Las Vegas recouvert de sable et poussière arborant une palette d’orange vif et perçant. La composition de l’image n’aide pas non plus, en effet le spectateur est soumis à une pression du plan avec des individus écrasés sous les superstructures et les vaisseaux. Alors Dune est-il un film pour les fans ? Oui mais pas que, car les fans de Dune pourront admirer leur œuvre favorite mise en scène par un Denis Villeneuve qui a le vent en poupe, et les non-initiés pourront se rattacher à des éléments rappelant Star Wars, Star Trek, Halo ou encore Blade Runner. Et la complexité ? Elle fait partie de Dune, tout comme les romans sont abrupts d’accès au début, c’est ce qui symbolise bien cet univers : un monde complexe, dur, froid mais remplis d’éléments palpitant et invitant les spectateurs et les lecteurs à le parcourir. 


Cynthia Zantout : « Un film spectaculaire qui prend son temps… » 

Comme l’a bien exprimé Antoine dans la première partie, comment nier la grandiosité de ce long-métrage signé Villeneuve ? Le budget faramineux estimé à 165 millions de dollars se fait ressentir dans sa réalisation et ses décors. D’abord, le travail du son est particulièrement colossal… qu’il en devient presque assourdissant à certains moments ! Ensuite, le sens du rythme est maitrisé de manière à ce que le spectateur ne s’ennuie à aucun moment et qu’il reste tenu en haleine jusqu’au bout des 2h36. Par ailleurs, ce sens du rythme est d’autant plus important dans un film de SF de cette envergure. En effet, on reproche facilement aux réalisateurs de ne pas assez prendre leur temps et de tout balancer : une tonne d’effets spéciaux pour nous montrer de quoi ils sont capables, tout de suite. Et avec Dune, je n’ai pas ressenti cette précipitation. Une décision qui s’inscrit dans une démarche de réalisme à la manière du documentaire par moment pour filmer le désert « sans lumières ajoutées » et non pas selon les critères hollywoodiens, qui exacerbent sans cesse. Un choix qui ne séduit pas forcément tout le monde car ce qu’il en découle, c’est de l’obscurité. Enfin, ce film m’a beaucoup fait penser aux scènes cinématiques des jeux-vidéos ! et particulièrement à Halo pour les connaisseurs avec des scènes de combats épiques et de superbes accoutrements, grâce au travail des costumiers Bob Morgan et Jacqueline West (The Tree of Life, The Revenant…). Mais le film a aussi selon moi des airs de Game of Thrones avec l’histoire des maisons qui s’affrontent, des inspirations historiques, du héros élu, et oui… aussi un peu par la présence de Jason Momoa aka Khal Drogo. On peut aussi évoquer les similarités avec Star Wars, dont les points communs ont été mis en lumière par Allociné entre autres (https://www.allocine.fr/diaporamas/cinema/diaporama-18702880/). Il ne nous reste plus qu’à patienter sagement jusqu’au prochain opus, car ce n’est que le début… !

Antoine Coffigniez et Cynthia Zantout 

Source images : Le Monde, Cinestudio, Hitek

La rédaction

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