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Le concours francophone d’art oratoire Eloquentia : les coulisses de la finale internationale 2020

Depuis 2012, le programme d’expression publique d’intérêt général Eloquentia qui propose une formation et un concours encadrés par des professionnels a connu un grand succès et a été mis à l’honneur avec « A voix haute », réalisé par Stéphane de Freitas et Ladj Ly et nommé comme meilleur documentaire aux Césars 2018. Pendant 6 semaines, on suivait des étudiants de l’Université Saint-Denis qui préparaient le Concours, entre rires et pleurs, accompagnés notamment de l’avocat Bertrand Perrier. Retour sur la finale du Concours Eloquentia 2020 à la Maison de la Radio.

Le programme Eloquentia, entre formation et concours

En 2012, Stéphane de Freitas fonde Eloquentia afin de permettre aux jeunes de s’exprimer librement et prendre confiance en eux à travers des formations et des concours de prise de parole. Stéphane de Freitas a plusieurs facettes : il est artiste (peinture et street art), réalisateur (« A voix haute » avec Ladj Ly en 2016 et « On est ensemble » en 2020) et entrepreneur social (directeur-fondateur de La Coopérative Indigo, une application gratuite d’entraide entre voisins Indigo World).

Pour connaître les coulisses du programme Eloquentia, nous avons interviewé David Assogba, Directeur du marketing et de la communication Eloquentia :

Pourquoi avoir créé le Concours Eloquentia ?

L’idée était de permettre à la jeunesse française de s’exprimer librement. Avant ça, c’est prendre confiance en elle et prendre la parole, sur tout un tas de sujets, qu’on soit d’accord ou pas d’accord.

Aujourd’hui, c’est la finale mais comment se passe le déroulement du Concours ?

Effectivement, ce soir est la finale internationale qui se passe un après la fin des concours départementaux. Nous sommes une Fédération d’associations : Eloquentia France est le siège, avec des partenariats d’associations dans différents départements en France et à l’étranger. Chaque bureau associatif va réaliser ses concours, des 8e de finale jusqu’à la finale et nous, Eloquentia France, allons travailler avec les lauréats de chaque concours. On va organiser les quarts de finale, la demi-finale et ensuite la finale internationale.

Comment se passe la sélection, c’est le même jury ?

Non, il y a un jury différent à chaque sélection. Les bureaux associatifs ont la liberté de pouvoir travailler avec les jurés qu’ils souhaitent, cela peut-être avec des gens de leur région, ce qu’on revendique et qu’on aime bien avoir pour avoir un large panel des figures emblématiques.

En termes de sujets, comment les définissiez-vous ?

Les sujets peuvent être philosophiques, d’actualité, un peu politiques ou même engagés. On essaie de rebondir sur des sujets d’actualité mais pas forcément de traiter des sujets « à chaud », peut-être parce que trop dans l’inconscient collectif et qu’on n’a pas suffisamment de recul pour pouvoir bien y répondre. Les sujets sont des questions ouvertes pour lesquels il faut répondre soit à la positive soit à la négative. C’est important d’être toujours sur l’actualité, soit un peu tranché soit un peu nuancé. On a un Collège des personnes autour de nous qui nous  permet d’avoir un retour sur les sujets qu’on propose.

Avez-vous un profil type soit en terme de participation soit en terme de qualification ?
Pour le Concours Eloquentia, c’est du 18-30 ans. Ce sont essentiellement des étudiants mais certains préparent les concours pour être avocat au Barreau.

Est-ce que vous avez un meilleur souvenir ?

Mon meilleur souvenir est la Finale internationale qui consacre un an de travail et permet de mettre en avant des lauréats qui viennent du monde entier.

La finale : 40 minutes hors du temps

La finale du Concours international Eloquentia se tient dans un lieu mythique. Après la Philharmonie de Paris, c’est au tour du Studio 104, au cœur de la Maison de la Radio, d’accueillir la 8e édition de ce concours. En raison des restrictions sanitaires dues à la crise du Covid-19, l’édition 2020 s’est déroulée sans public, à l’exception du jury, de techniciens et d’invités médiatiques. L’événement a été rythmé par les interventions musicales d’Abd al Malik et Némir.

Le jury est éclectique et renouvelé à chaque édition. Le jury 2020 était composé de :

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Liz Gomis, Rémy Buisine et Laure-Alice Bouvier
Laure-Alice Bouvier, Médine et Aya Cissoko

Il a départagé les 4 finalistes : Anthony Graziano-Peyronel (Marseille), Doriane Arsicaud (Bayonne), Marine Bercher (Nanterre) et Méky Labarbe (Bordeaux). Ils ont porté leur voix et défendu leur point de vue autour de deux sujets : « La responsabilité est-elle éprise de liberté ? » et « L’union se fait-elle par la force ? ». Les deux sujets sont développés à la positive et à la négative, d’où le fait qu’il y a ait deux sujets seulement pour quatre finalistes. Tous ont mêlé avec élégance registres de langue, exercice de style, discours convaincants et gestion corporelle : figures de style, faits d’actualité, statistiques à l’appui, anecdotes personnelles, gestuelle des mains, haussement de la voix ou encore une gestion des silences à la perfection.

Doriane Arsicaud, Méky Labarbe, Anthony Graziano-Peyronel et Marine Bercher

Le journaliste Rémy Buisine nous fait un retour « à chaud » sur cette finale :

«  Malgré le covid, c’était important de maintenir ce moment de partage et de culture qui est un peu éloigné de notre quotidien ces derniers mois. Je suis très impressionné par le niveau de cette finale : toutes et tous ont eu leur sensibilité, leur personnalité, et surtout beaucoup de talent. Cela a été très difficile de départager les finalistes mais j’avais un coup de cœur pour la gagnante parce que je trouvais qu’il y avait une forme d’émotion, d’idées avec une petite touche d’humour qui faisait sa différence et des sujets qu’elle a abordé qui nous concernent tous, notamment les féminicides et plus généralement les violences faites aux femmes à travers la planète. Elle a raconté quelque chose de très fort, et avec une émotion communicative ».

La gagnante Méky Labarbe, un profil qui attire l’attention

La lauréate du Concours Eloquentia de cette année, Méky Labarbe, élue « meilleure oratrice 2020 » a un profil singulier, qui ne passe pas inaperçu. Originaire de l’Ouzbékistan, elle arrive en France avec sa famille à l’âge de 4 ans, en parlant déjà 4 langues. C’est dans son collège à Marciac, dans le Gers, qu’elle découvre la musique et plus particulièrement le jazz grâce à un AIMJ (atelier d’initiation de musique de jazz), à raison de cinq heures par semaine. Elle se découvre une passion et continue de faire « beaucoup de piano » à côté de ses études. Agée de 21 ans, Méky est actuellement étudiante en Master 1 en Ecole de commerce, à Kedge Business School à Bordeaux.

Nous nous sommes entretenues avec Méky afin qu’elle nous livre son rapport au Concours Eloquentia

Pourquoi as-tu voulu participer au Concours Eloquentia ?

J’ai voulu participer à Eloquentia car c’est un concours qui donne la possibilité de prendre la parole qui est quelque chose d’exceptionnel, surtout pour nous en tant que jeunes qui n’avons pas trop l’occasion de prendre la parole. J’ai toujours eu une relation assez conflictuelle avec la parole : lorsque j’avais des exposés au collège ou au lycée, je m’effondrais en pleurs dès que je croisais un regard. Eloquentia m’a permis d’aller au-delà de tout ça, de me libérer de toutes les chaînes, faire ce que j’ai envie et prendre du plaisir.

Est-ce que tu t’es préparée en amont ou pendant le Concours ?

Je me suis préparée tout au long du Concours, c’est-à-dire que j’ai passé les régionales avec à chaque fois un nouveau sujet. J’ai pris énormément de plaisir à écrire les sujets parce que j’adore écrire. Je me suis préparée comme ça, au fil des étapes.

Est-ce qu’il y a des coachings ?

Oui, il y a des coachings qui sont donnés, notamment des masterclass. J’avais pu participer à la Masterclass avec Bertrand Perrier qui était formidable ; j’ai beaucoup appris. C’est au fil de ces masterclass que j’ai pu acquérir quelques connaissances et compétences.

Quel conseil donnerais-tu aux personnes qui souhaitent participer au Concours ?
Porter un message convainquant et qui nous ressemble, être authentique et prendre du plaisir.

Qu’est-ce que t’a apporté cette expérience ?

Cette expérience m’a donné beaucoup d’aisance à l’oral ; je me suis sentie plus libre pour me défaire des barrières.

Est-ce que tu as un meilleur souvenir ?

Je dirais que c’est la finale ; j’aime beaucoup aussi écouter les discours des autres parce qu’on a tous un style différent.

Le lien de la retransmission vidéo :

Crédits photos : Aymée Nakasato

Aymée Nakasato

Aymee Nakasato

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