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Prix On’ 2021 / Romans : « La géante » de Laurence Vilaine

Pour cette nouvelle édition du Prix littéraire On’, nos jurés se sont penchés sur six romans de la rentrée littéraire de septembre 2020. Toutes les deux semaines, découvrez ce qu’ils ont pensé des livres en compétition. Au programme cette semaine : La géante de Laurence Vilaine, aux éditions Zulma.

Noëlle a toujours vécu au pied de la Géante, la montagne immuable qui impose son rythme, fournit les fagots pour l’hiver, bleuet, bourrache, gentiane pour les tisanes et les onguents. Elle est un peu sorcière, a appris les plantes et la nature sauvage grâce à la Tante qui les a recueillis, elle et son frère Rimbaud qui ne parle pas mais chante avec le petit-duc. Elle sait qu’on ne peut rien attendre du ciel, et n’a plus levé les yeux vers le soleil depuis longtemps. Repliée dans cet endroit loin de tout, elle mène une existence rugueuse comme un pierrier.

Soudain surgit dans sa vie l’histoire de deux inconnus. Elle découvre par effraction ce que peut être le désir, le manque, l’amour qui porte ou qui encombre. Elle s’ouvre au pouvoir des mots.

Aymée Nakasato : « Léger et poétique »

Avec La Géante, Laurence Vilaine nous offre un troisième roman léger et poétique.  La Géante est la montagne où vivent modestement Noëlle et son frère Rimbaud qui ne parle pas chez leur tante, suite au décès de leur mère. Solitaire et innocente, Noëlle parcourt la Géante pour cueillir des plantes, faire des tisanes et entretenir le feu. Isolée et innocente, elle va découvrir ce que sont l’amour et le désir à travers la correspondance de deux amoureux, une photographe de guerre et un journaliste venus se retirer à la Géante. Elle sera témoin de cet amour silencieux, englouti par la Géante : « Nos silences ont été jusqu’ici les plus beaux. Celui-ci est laid comme un coup dans le dos, il donne des acouphènes et fait mettre la musique à fond même la nuit, j’écoute la radio du matin au soir, j’ouvre en grand ma vitre quand je roule sur le périf ».   

Juliette Guérit : « Il faut s’accrocher »

Ce roman, c’est un peu comme l’escalade, il faut s’accrocher. On suit une femme qui n’a connu que la rudesse de la vie en montagne sur trois périodes différentes de sa vie, de son enfance au temps présent. Pour un roman sur la vie au grand air, la narration ne laisse aucune respiration. Dès la première page, on est noyé dans la lourdeur du style et la longueur interminable des phrases. Puis, les 187 pages s’enchaînent sans aucun dialogue. On ne commence à comprendre l’intrigue et à identifier les personnages que dans le deuxième tiers du roman. Le point fort de l’écriture est peut-être la justesse des descriptions, précises et sensibles. Si j’avais lu ce livre dans un autre contexte, je ne l’aurais pas fini.

Estelle Cocco : « Noyée par la forme du roman »

Frustration. C’est le sentiment qui m’habite après avoir refermé La Géante. Si l’omniprésence de la nature dans la quatrième de couverture était la cause de ma réticence initiale, la lecture des premières pages a toutefois attisé ma curiosité. A l’aide d’une plume chargée mêlant poésie et sensibilité, Laurence Vilaine donne envie au lecteur de tourner les pages. La beauté des mots mis les uns à côtés des autres mériterait qu’ils soient lus à haute voix et emporte le lecteur dans un véritable voyage littéraire dont il voudrait retarder la fin. L’écriture poétique et sincère de l’autrice est envoûtante, parfois déconcertante de sensibilité, et permet à elle toute seule de qualifier La Géante de très bon livre.

Malheureusement, la magie s’est arrêtée là pour moi qui n’ai pas su entrer dans le récit malgré, ou peut-être à cause du style inoubliable et inimitable de Laurence Vilaine. L’environnement, l’histoire et les personnages me sont restés étrangers tout au long de ma lecture. Peut-être noyée par la forme du roman, dans ce florilège de mots et de tournures de phrases toutes plus longues les unes que les autres, je n’ai pas su saisir le fond du récit. Quelques moments d’espoir, où tout prend sens et où les pages se tournent avec une sorte d’urgence nouvelle, ont toutefois ponctué ma lecture. Mais trop rares, ils n’ont pas su ôter le sentiment qui m’a habitée 192 pages durant, celui de passer à côté de toute la magie de La Géante.

Photo de bannière : Editions Zulma

Aymée Nakasato, Juliette Guérit, Estelle Cocco

Jeanne Aulanier

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