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Les cinq nouveaux commandements du cyclisme

Protection des coureurs et de l’environnement, l’Union cycliste internationale (UCI) se lance dans un renouveau de sa discipline. L’organisation régulatrice du cyclisme mondial a apporté des modifications à son règlement, applicables à tous les coureurs et toutes les courses. Objectif ? Être moins dangereux et enclencher une démarche durable. C’est ainsi que le 1er avril 2021 les nouveaux points du règlement de l’UCI sont entrés en vigueur. Des évolutions entre nouvelles perspectives et vives réactions du peloton. Retour sur les cinq nouveaux commandements du cyclisme mondial.

Passe sous l’arche, et tu verras l’arrivé en sécurité

Parmi les nouvelles mesures, les arches kilométriques se doivent d’être sans danger pour les coureurs. Fini l’arche du dernier kilomètre qui se dégonfle engloutissant les coureurs de passage sous la structure de la flamme rouge comme sur la septième étape du Tour de France 2016. Phénomène rare, mais présentant une certaine dangerosité, les membres de l’UCI ont donc pris les devants : « L’installation de ces structures doit donc être fait afin d’éviter tout rétrécissement brutal de la largeur de la route disponible pour les coureurs. » De quoi rassurer les coureurs de franchir la ligne d’arrivée en sécurité.

Suis les barrières, et elles te mèneront à l’arrivée

Si les barrières de sécurité parsèment la route, elles n’enlèvent pas moins leur dangerosité. L’objectif était de protéger les coureurs de gestes farfelus des spectateurs, et pourtant certains se sont pris les roues dans la barrière. Cas rare en montagne. Moins en plaine avec les arrivées au sprint, où frottements et vitesses ne font pas bon ménage avec un effleurement de barrière. Certains ont dû mettre pieds à terre comme Wout van Aert lors du Tour de France 2019. « Des barrières sont placées […] dans l’intérêt de la sécurité des coureurs, bien qu’elles puissent représenter un danger. » En ce sens, elles devront être attachées au sol sans espace, celles légères seront interdites. Charge à l’organisateur de s’assurer de leur conformité.

Roule, et tu auras la priorité sur les routes

La protection des coureurs est au cœur de ce nouveau règlement. Si les spectateurs peuvent être considérés comme un danger, qu’en est-il des véhicules du convoi ? Motos et voitures circulent, percutant même certains coureurs. Simple légère chute à abandon, le coureur voit sa course déjouée par un tiers au détriment d’une photo ou d’un jugement de distance peu pertinent. Combien de coureurs ont dû mettre pieds à terre après une chute impliquant une moto ? Trop. Pour éviter la récidive, l’UCI a tranché : cinq mètres entre le véhicule et le coureur, impossible de dépasser de plus de 20 km/h la vitesse du coureur. Suffisant pour réduire les accidents ? Si « les coureurs ont la priorité à tout moment », ne faudrait-il pas limiter le nombre de véhicules ? Limitation qui aurait vertu à libérer l’espace de la route pour laisser les vrais acteurs vivre leur course. Et à moins polluer.

Positionne toi correctement, et tu pourras avancer en toute sérénité

Matej Mohoric. Un nom peu évocateur ? Et pourtant, c’est le coureur qui a lancé une nouvelle tendance : la position dite Mohoric. Une position qui place le coureur sur le cadre du vélo. Peu conventionnel. Et avant tout jugée dangereuse. Conséquence ? Elle est désormais interdite. De fait, « l’usage du tube supérieur horizontal de la bicyclette comme point d’assise est interdit. De la même manière, l’usage des avant-bras comme d’un point d’appui sur le guidon est interdit sauf lors des épreuves contre-la-montre. » Les coureurs devront donc changer leurs habitudes et se positionner correctement sur le vélo. Exit aussi les mains sur la barre de guidon hors état de contre-la-montre. L’UCI s’engage ainsi pour la sécurité des coureurs, mais également pour l’éducation. Comment interdire une position en école de cyclisme si les coureurs professionnels en sont autorisés ?

Jette ton bidon, et tu seras exclu

A la liste des points nouveaux, l’interdiction de jeter tous objets, y compris les bidons. Objet mythique que les spectateurs s’attellaient à ramasser comme souvenir. Les coureurs avaient d’ailleurs pris l’habitude, pour certains, de les envoyer près du public pour que les spectateurs, et en particulier les enfants, conservent un souvenir, comme eux-mêmes le faisaient lorsqu’ils étaient enfants. Fini donc le bidon souvenir. L’objectif de protection de l’environnement est compréhensible, il enlève le cadre enchanteur de ces étés le long des routes à venir encourager les coureurs et tenter de ramener LE bidon. Quel enfant ne s’est jamais émerveillé de se demander si ce bidon n’était pas celui du maillot jaune ? D’ailleurs qu’en sera t-il des bidons vides échangés par les porteurs d’eau et le leader quand ils ne se trouvent pas dans la zone de déchets ? Qu’en est-il aussi du bidon jeté à quelques mètres de l’arrivée au sommet pour alléger le poids du vélo ?

L’Echo Républicain Cyclisme Tour de France 2009 Saint-Bouize

« Lancer des déchets et objets nuisent à l’environnement et à l’image de notre sport. » L’enjeu environnemental est omniprésent. Pourtant, il ne s’applique pas à la Caravane du Tour de France qui jette près de 20 000 millions d’objets. Alors si les bidons sont polluants, il semble que les produits dérivés ne le soient pas. Ou que les enjeux ne sont pas les mêmes. Retirer les produits et en faire un simple défilé aurait-il un sens ? Perte de sponsors, de retombées économiques, d’attractivité, de spectateurs. Tandis que les coureurs sont dépositaires et se voient dans l’obligation de respecter les règles. A défaut, c’est l’exclusion immédiate. Michael Schar a d’ailleurs été le premier à en subir les conséquences après un geste instinctif où il jette son bidon en direction d’un spectateur. Sanction immédiate. Exclusion.

Si les nouveaux points de règlement de l’UCI ont des objectifs de protection, ils ne font pas l’unanimité. Certains coureurs n’ont pas hésité à montrer leur mécontentement. L’UCI entre un peu plus l’ère d’une responsabilité sociale des organisations en modifiant son règlement. Si les réactions sont assez péjoratives, elles seront sûrement acceptées sur le long terme. Rappelons que le port du casque avait été rendu obligatoire en 2005, seulement, et avait suscité des oppositions alors qu’il figure aujourd’hui comme indispensable.

MILLET Stéphanie

Source image de Une : https://cyclismerevue.be/2020/09/02/tour-de-france-2020-presentation-6e-etape/

Stéphanie Millet

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