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« (En) sortir », un podcast singulier qui donne la parole et partage des solutions pour lutter contre les précarités étudiantes

Face à l’explosion de la précarité étudiante liée à la crise du Covid-19, Ground Control lance le podcast « (En) sortir » pour donner la parole aux étudiants et à ceux qui agissent pour lutter contre les différentes formes de précarité (alimentaire, logement, emploi, psychologique, handicap, etc) et partager des solutions afin de renouer avec l’espoir de s’en sortir.

Les coulisses du podcast par Tom Malki, présentateur du podcast

Bonjour Tom, est-ce que tu peux te présenter ?

Je suis étudiant en 3e année de licence d’histoire. Je suis « journaliste » puisque je suis pigiste dans un journal municipal, et présentateur d’une émission de radio. J’ai aussi été standardiste chez France Inter durant une longue période. C’est notamment parce que j’ai fait de la radio que Ground Control m’a contacté pour présenter le podcast qu’ils voulaient monter sur la précarité étudiante.

Pourquoi as-tu voulu créer ce podcast ?

Ce n’est pas moi qui ai voulu créer ce podcast à la base, c’est la Directrice éditoriale de Ground Control, Mathilde Girault, et Laura Eisenstein, dans le cadre de tout ce qu’elles faisaient déjà pour soutenir les étudiants. Ground Control organisait des distributions alimentaires et voulait aller plus loin. L’objectif initial du podcast était de mettre en relation des étudiants en situation de précarité avec des solutions qui existent déjà sur le terrain, en plus de l’envie de donner la parole aux étudiants. Donner la parole aux étudiants était déjà réalisé par Ground Control avec le podcast « 9m2 » donc c’était un objectif secondaire pour le podcast « (En) sortir ».

Moi, j’interviens après la naissance de ce podcast. L’objectif était de faire quelque chose de différent de ce qui est fait jusqu’à présent dans les médias. Je n’ai pas regardé tout ce qui a été fait dans tous les médias car c’est impossible ; il y a sûrement d’autres médias qui ont traité le sujet de la précarité étudiante de la même manière que l’on souhaite le faire. On ne voulait pas être alarmiste, dans le drama comme l’a été un peu Elise Lucet avec son émission sur France 2, que j’adore par ailleurs, ou encore Hugo Décrypte lors de son interview avec la ministre Frédérique Vidal. On trouvait que c’était très alarmiste sans qu’il y ait beaucoup de solutions concrètes. On voulait montrer qu’il y a un élan de solidarité avec des acteurs de terrain qui sont mobilisés pour aider les étudiants.

J’ai été contacté par Laura et Mathilde et j’ai tout de suite accepté. On a tenté d’imaginer un podcast qui soit à la fois un espace de prise de parole pour les étudiants afin qu’ils explicitent la précarité dans laquelle ils sont, et un espace où des acteurs de terrain pourraient proposer des solutions qui existent ou qu’ils souhaiteraient. Le message du podcast est de donner réellement espoir.

Sur une touche plus personnelle, j’ai voulu faire ce podcast car Emma Meriaux, une amie avec qui je présente une émission de radio, a commencé à faire un documentaire sur la précarité des étudiants. Je voyais plein de gens autour de moi se mobiliser soit pour dénoncer la situation de précarité soit pour soutenir les étudiants. J’ai senti que je n’avais pas encore agi à mon échelle pour faire quelque chose. Lorsque l’opportunité s’est présentée à moi, ça m’a semblé évident que c’était l’occasion d’apporter ma contribution, aussi modeste soit-elle.

D’ailleurs, pourquoi le choix du format du podcast ?

Le format est un podcast car c’est ce que fait Ground Control avec son studio d’enregistrement radio qui est à disposition. C’est le format avec lequel je suis le plus à l’aise : la voix, le son. Laura est une productrice de radio. Le choix du format s’est imposé naturellement du fait des partenariats et de ce qui a déjà été fait par eux auparavant.

Comment se construit chaque épisode (durée, invité.e, etc) ?

Pour l’instant, l’émission dure entre 25 et 35 minutes. On a déjà enregistré 4 épisodes. En général,  on vise les 30 minutes et 3 invités avec 2 acteurs de terrain qui sont engagés pour aider les étudiants sur diverses thématiques. Et un ou une étudiante témoin qui va venir parler de sa situation de précarité. Dans chaque épisode, on aborde une thématique de précarité : alimentation, logement, psychologie, menstruation, handicap, emploi etc. Le nombre d’invités peut varier parce que les invités sont plus ou moins à l’aise pour s’exprimer en fonction de la thématique. Par exemple, les étudiantes n’étaient pas prêtes à parler de leur propre précarité menstruelle, alors que beaucoup d’entre elles étaient prêtes à parler de la précarité menstruelle de manière générale. Lorsque le sujet touche de manière très personnelle et est tabou, c’est beaucoup plus compliqué de trouver quelqu’un. On a une autre problématique : on n’arrive pas à trouver d’étudiants garçons pour venir parler de précarité. J’ai l’impression que venir parler d’une précarité équivaut à parler d’une faiblesse, et que les garçons en général sont moins à l’aise avec ça que les filles.

Si certains thèmes de ton podcast sont des enjeux médiatisés de la précarité étudiante (tels que la précarité alimentaire, logement ou encore emploi) d’autres le sont moins (handicap, précarité scolaire/matérielle…) donc comment as-tu choisi tes thèmes ? Et comment as-tu choisi tes futurs invité.es ?

Pour le choix des thématiques, tout a été décidé au téléphone avec Mathilde, sauf la précarité de l’emploi qui a été décidée lors d’une réunion. Tout est parti d’un constat avec des thématiques à aborder. Je suis content qu’on aborde les précarités handicap et celle des étrangers qui sont peu médiatisées. Le choix des invités est plus compliqué. On s’y est tous mis : Elise de la communication nous trouve la majorité de nos invités. Laura est aussi très active, puis Mathilde et moi filons un coup de main à notre échelle. On trouve facilement des gens prêts à parler parmi les acteurs de terrain ; le plus dur est les étudiants témoin mais je crois qu’on les a tous trouvés jusqu’à la fin du podcast. La sélection est assez simple. On n’a pas beaucoup de diversité de genre. Dans un cadre général, j’aurais été ravi qu’on ait plus de femmes que d’hommes mais là j’ai l’impression que ce n’est pas assez représentatif parce qu’on a vraiment que des filles qui viennent parler de précarité. On a très peu d’hommes sur les acteurs de terrain et aucun en étudiants témoins, alors que l’objectif est quand même de refléter la société. Des propositions naîtront peut-être une fois le podcast sorti…

Ce podcast met en avant la narration des situations vécues. Dans la conclusion de l’avant-dernier ouvrage du philosophe Eric Sadin, L’ère de l’individu tyran : la fin d’un monde commun, ce dernier prône en temps de crise du Covid une prise de parole objective qui ne serait pas projective tels que les partisans du nouvel humanisme du « monde d’après ». Elle prendrait la forme du témoignage afin de « contredire les flopées de discours qui masquent la réalité des faits, répondent à toutes sortes d’intérêts et finissent par forger nos représentations ». As-tu opté pour la forme du témoignage pour cette même raison ?

Il y a un précepte en journalisme qui dit : tous les faits peuvent être appuyés par un exemple mais il ne faut pas tenir un exemple pour fait. C’est la base de ce métier. C’est ce que font en général les journalistes en n’utilisant pas un seul exemple pour fait, à l’inverse ce n’est pas toujours le cas en politique. A ce niveau-là, je trouve que notre podcast respecte assez bien la démarche. On n’a pas la prétention de dire qu’on impose une seule réalité pour traiter une précarité. Le problème d’une précarité est qu’elle est multiple et se présente sous diverses formes. On va utiliser le témoignage pour tenter d’illustrer un aspect de la vie d’une personne, voir quelles sont les possibilités de réponses, sans jamais avoir la prétention de dire que cette voix est la seule et unique voix. D’ailleurs, je pense que c’est de cette manière que les auditeurs prendront le podcast. L’objectif n’est pas de se dire : « voilà la solution ! » mais se dire que l’on n’est pas tous seuls ; d’autres personnes ont vécu des choses soit similaires soit complètement différentes de ce que j’ai vécu. C’est montrer qu’il peut y avoir plein de parcours différents autour d’une seule et même précarité. C’est notamment pour ça qu’on a aussi un reportage anonyme avec plein de témoignages d’étudiants et d’étudiantes pour montrer comment une précarité peut être vécue différemment selon le ressenti de chacun.

En créant ce podcast autour de ces thèmes, quel message souhaites-tu faire passer aux auditeurs, aux médias, et aux autorités politiques ?

L’objectif n’est pas d’interpeller les autorités publiques. On n’est pas là pour dire « regardez ce que vous n’avez pas fait » ; déjà parce qu’il y a plein de médias qui le font et sûrement beaucoup mieux que nous, et puis aussi parce que notre objectif est d’apporter des solutions. C’est d’ailleurs le problème du second épisode sur la précarité logement ; on tombe un petit peu là-dedans et malheureusement il n’y a pas plus de solutions que ça à apporter. Le véritable objectif final est que l’étudiant qui nous écoute et qui est en situation de précarité se dise : « je ne savais pas mais il y a ça ou ces personnes à qui je peux m’adresser si je suis en difficulté ». Le second objectif sous-jacent est que les étudiants en précarité puissent comprendre qu’ils ne sont pas seuls. La précarité débouche sur la solitude qui va à son tour se transformer en précarité psychologique avec une envie encore plus forte de s’isoler. L’isolement est le premier symptôme de la précarité psychologique qui va progressivement entraîner l’étudiant dans une spirale infernale. Le troisième objectif, pour les auditeurs et auditrices qui ne sont pas en situation de précarité, est d’ouvrir les yeux : montrer une pluralité de formes de précarité et qu’on peut tous se mobiliser.

Tom Malki, présentateur du podcast « (En) sortir »
Et l’équipe du podcast chez Ground Control : Mathilde Girault, Laura Eisenstein et Elise Augustynen

En pleine crise du Covid-19, la précarité étudiante explose 

            Si une partie de la population étudiante se trouvait déjà en situation de précarité, celle-ci a explosé depuis le début de la crise du Covid-19 en mars 2020, allant parfois jusqu’à une situation de pauvreté (perte d’un job étudiant, affaiblissement des solidarités familiales touchées aussi par la crise, absence ou quasi-absence de bourse ou encore retard de versement d’aide financière etc). Le terme « précarité » a été défini dans le rapport « Grande pauvreté et précarité économique et sociale » en 1987 par Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement des droits de l’homme ATD Quart Monde, comme étant l’« absence d’une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d’assumer les responsabilités élémentaires et de jour de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définies ». En d’autres termes, c’est une forte incertitude d’une situation acceptable dans un avenir proche.

            La Présidente de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), Monique Ronzeau, qualifie la situation actuelle d’une « crise sans précédent » de la précarité étudiante. Celle ci-s’est aggravée et élargie à un public plus vaste, essentiellement à cause de l’interruption des activités rémunérées en dehors des études. En temps normal, plus d’un million (soit 46%) d’étudiants ont un emploi en parallèle de leurs études. « Durant le confinement, près de 6 étudiants sur 10 (parmi ceux ayant un emploi) ont arrêté, réduit ou changé leur activité rémunérée. Pour ceux dont celle a été interrompue, la perte de revenu est estimée en moyenne à 274 euros par mois » d’après le média L’Etudiant. Au-delà de la crise du logement qui touchait déjà les étudiants avant le début de la crise du covid, est apparu le problème des dépenses alimentaires. En effet, l’enquête de l’OVE souligne que 56% des étudiants interrogés témoignent de difficultés d’achats pour des produits de première nécessité. Un quart d’entre eux ne bénéficiant ni du dispositif de chômage partiel ni d’aides familiales déclaraient lors du premier confinement « ne pas toujours manger à leur faim ». Le journaliste Rémy Buisine a été l’un des premiers à rendre visible cette précarité alimentaire étudiante, à travers des reportages, filmant les queues alimentaires interminables lors de collectes alimentaires, retransmis en direct sur le média Brut, ainsi que des posts sur son compte Twitter : « Ça se passe à Paris, la précarité grandissante des étudiants avec une file d’attente plus importante chaque soir pour bénéficier d’une distribution alimentaire ».

La précarité étudiante, un fait social total

            La précarité étudiante affecte toutes les dimensions de la vie d’un étudiant. C’est pour cette raison que le podcast « (En) sortir » prendra soin de témoigner de toutes les dimensions affectées par la précarité : l’alimentation, le logement, la santé psychologique, le handicap, la scolarité, l’emploi, la culture, la situation matérielle ou encore la population des étudiants étrangers qui est particulièrement affectée par cette crise.

ALIMENTATION (25/04) : la précarité alimentaire s’est multipliée et a commencé à toucher un pan extrêmement important de la population étudiante, d’où la mise en place de collectes alimentaires, tels que COP’1 – Solidarités étudiantes ou encore Linkee, pour pallier au manque de dispositifs pouvant répondre à cette problématique nouvelle. Par exemple, COP’1 Solidarités étudiantes avec ses partenariats toujours plus nombreux (Mairie de Paris, la Maison des initiatives étudiantes, des Universités comme Paris 1-Panthéon Sorbonne et sa Fondation, le Crous de Paris avec la Contribution de vie étudiante et de campus, particuliers, commerçants entreprises, associations) distribuent aujourd’hui 750 colis alimentaires hebdomadaires, contre 150 à la rentrée 2020.

LOGEMENT (02/05) : « Lorsque j’ai été élue en 2014, le risque était que Paris devienne une ville musée, comme Venise ou Rome. Aujourd’hui, le danger est celui d’une ville monde, isolée des autres, imperméable, une sorte d’archipel pour les gagnants de la mondialisation ». Ces mots sont tirés de l’ouvrage Le Lieu des possibles, rédigé par Anne Hidalgo en 2019. Selon elle, l’âme de Paris doit être vivante et s’inventer collectivement, en se nourrissant des différences d’une ville cosmopolite qu’est Paris. Pourtant, se loger à Paris est un réel défi du combattant, notamment pour les jeunes.  Si la Mairie de Paris a mis en place plusieurs dispositifs d’aide au logement, certains sont accessibles uniquement sur statut (jeune travailleur, apprentissage, stage, service civique, service volontaire européen) et restent insuffisants face à la demande croissante.

PSYCHOLOGIE (09/05) : les difficultés financières couplées à un isolement prolongé ont également conduit à une précarité sur la dimension psychologique. La crise n’a pas fait apparaître de pathologies nouvelles mais la crise a amplifié les difficultés psychologiques, avec notamment une démotivation et une perte de liens sociaux. On sait que 46% des étudiants touchés par la précarité présenteraient des signes de détresse psychologique). Face à la détresse psychologique des étudiants, le Docteur Caroline Combes, médecin en chef du service de santé universitaire Lyon 1 affirme qu’il est important de mettre en place des préventions primaire (suivi de près avec une prise en charge médicale adaptée pour éviter qu’un événement indésirable survienne), secondaire (thérapie de soutien et traitement si besoin) et tertiaire (accompagner les étudiants témoins en cas de suicide par exemple).

MENSTRUATION (16/05) : Une enquête sur la précarité menstruelle étudiante publiée en février 2021 par plusieurs associations étudiantes nationales montre que parmi 6500 étudiantes interrogées : un tiers déclare avoir besoin d’aide pour acheter des protections hygiéniques, une étudiante sur 10 fabrique elle-même ses protections périodiques et une étudiante sur 20 vingt utilise du papier toilette faute de moyens.Le budget mensuel en protection périodique s’élève en moyenne à 5-10 euros, et peut monter jusqu’à 20€ avec des antidouleurs, des sous-vêtements et autres linges de lit. Face à ce budget non négligeable pour des étudiantes en situation de précarité, elles répondent à la question : « Que feriez-vous avec l’argent dépensé dans les protections si vous n’aviez pas à en acheter ?», qu’elles  « mangeraient à leur faim » ou qu’elles se procureraient « des aliments de première nécessité » auxquels elles renoncent fréquemment (par exemple des protéines et des fruits).

CULTURE (23/05) : La question de l’inégalité d’accès à la culture est au cœur même de la création du Ministère des Affaires Culturelles en 1959 : rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français. Selon le sociologue de la culture Olivier Donnat, apporter la culture au peuple est insuffisant ; il faut mettre en place des politiques de démocratisation dotées de moyens plus importants envers les publics, et notamment les jeunes. On peut citer les initiatives « Pass culture » et les kiosques jeunes.

SCOLARITE (13/06) : Dans une tribune au Monde parue fin 2020, un collectif d’universitaires, de professeurs et d’étudiants alerte sur le risque d’un décrochage scolaire ou d’un abandon d’études à cause d’une prolongation de l’enseignement dégradé qui désigne les cours à distance : Il est en train de devenir un instrument de sélection inavouée entre ceux qui ont l’équipement informatique adéquat et, surtout, des lieux d’habitation qui leur permettent de s’isoler pour travailler et pour suivre les cours, et ceux qui ne les ont pas. Le taux de connexion aux cours a drastiquement diminué au fil des semaines, surtout dans les premières années d’études.

HANDICAP (20/06) : si le handicap était déjà un grand oublié des politiques publiques (loi ELAN, atteinte à autonomie des personnes handicapées pourtant obligatoire en France ayant ratifié une Convention internationale des Nations-Unies relative à ce sujet) ou des luttes sociales (c’est par exemple l’angle mort du féminisme avec une moindre prise en compte du validisme qui est la forme de discrimination envers les personnes vivant un handicap), les personnes en situation de handicap sont fortement impactées par cette crise. Par exemple, elles ne sont pas considérées comme personnes prioritaires pour accéder aux vaccins alors même que ce sont des personnes à risque. L’isolement s’est d’autant plus renforcé pour les personnes ayant un autre handicap sensoriel. Il faut également mentionner les 11 millions d’aidants en France, ceux et celles qui s’occupent d’un proche dépendant en situation de handicap et qui ne disposent d’aucun soutien (relai par des personnels de santé, jours de congés,…), alors même qu’ils sont épuisés et font économiser 11 milliards d’euros au système français d’après un épisode du podcast « Quoi de meuf » sorti pendant la crise du covid et consacré au validisme .

ETRANGERS (06/06) : Les étudiants étrangers figurent parmi les étudiants les plus touchés par la crise du covid puisqu’ils ne sont pas éligibles aux bourses d’Etat. Beaucoup d’entre eux ont déclenché une demande d’aide sociale (quatre fois plus qu’en temps normal) ou bénéficié de distributions de denrées alimentaires organisées toutes les semaines par les Restos du coeur à la Cité universitaire. Cette précarité financière est renforcée par l’isolement ; certains nouveaux étudiants en France n’ont pas pu réellement sociabiliser en raison des cours à distance et de l’annulation de tout événement d’intégration (semaine d’intégration, associations Erasmus, soirées, etc).

MATERIEL (27/06) : La fermeture des bibliothèques liée aux consignes sanitaires de la crise du Covid a mis en lumière la précarité matérielle, notamment à travers la difficulté d’accéder au matériel informatique. Certains établissements ont mis à disposition des ordinateurs portables pour des étudiants en situation de précarité.

EMPLOI (30/05) : La jeunesse est le moment d’entrée dans la vie autonome et indépendante : pour certains avec des job étudiants, des stages, des alternances, des services civiques, et pour d’autres directement avec leur premier emploi. Ces débuts riment souvent avec des difficultés économiques voire de précarité financière, accentués avec le contexte de la crise du COVID-19 qui ont parfois provoqué la perte d’un emploi ou de soutien financier de leur famille.

En raison de l’impact global et total de la réalité du phénomène de précarité étudiante, on pourrait le qualifier de « fait social total », pour reprendre la notion introduite par Marcel Mauss, considéré comme le père fondateur de l’anthropologie, à travers son Essai sur le don. Le fait social total relie d’une part le social (dimensions économique, juridique…) et l’individuel (dimension familiale, histoire individuelle…) d’une part, le physique et le psychique de l’autre.

Aymée Nakasato

Aymee Nakasato

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