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Grand Format – Grands événements sportifs internationaux : enjeux et impacts

Caractérisés par une manifestation sportive de niveau international, les grands événements sportifs internationaux (GESI) posent un cadre d’organisation récurrent et fixent des objectifs de performance pour les sportifs. Reconnus par une institution d’ordre international et orchestrés par un appel à candidature, ces événements accueillent un nombre conséquent de spectateurs véhiculant dynamisme et attractivité dont les enjeux doivent aujourd’hui être corrélés avec les engagements de la société. Au-delà des retombées économiques, il est primordial que les quelque 260 événements de ce calibre s’ajustent aux enjeux afin d’être acceptés par la population. L’événement devient un véritable élément de soft power, dépassant le cadre sportif dont le projet vient s’agrafer à d’autres univers. Le sport sert à tous les domaines, comme il se sert d’eux. Les défis des GESI ont changé : écologie, emplois, santé, éducation, acceptabilité. Se posent alors diverses problématiques : entre enjeux, impacts, héritages et changements, les GESI, des Jeux Olympiques aux Coupes du monde en passant par les événements annuels, ne cessent de se réinventer pour continuer d’exister.

Les Jeux Olympiques, symboles des controverses des GESI ?

Au moment d’évoquer les GESI, il est difficile de ne pas évoquer les Jeux Olympiques. Organisés tous les quatre ans, les Jeux Olympiques d’été est l’événement sportif le plus regardé au monde – avec près de 3,6 milliards de téléspectateurs en 2016 – devant la Coupe du Monde de football. Compétition sportive internationale par excellence, regroupant 208 nations différentes à Rio, les Jeux Olympiques constituent une vitrine sans commune mesure avec d’autres évènements sportifs. Longtemps perçue comme source certaine de développement économique et d’infrastructures, l’organisation d’une olympiade doit aujourd’hui prendre en considération de nouveaux facteurs, sociaux ou environnementaux, par exemple, pour en assurer sa réussite.

De nouveaux aspects pris en considération

Les Jeux Olympiques de Pékin en 2008 ont sonné comme un avertissement pour les possibles futures villes candidates avec un budget final plus de dix fois supérieur au budget prévisionnel (31 milliards contre les 2,6 milliards prévus initialement). La nécessité de construire de nouvelles enceintes sportives et la multiplication des chantiers sont autant de possibilités de voir une note finale salée. Le coût d’organisation dépend bien évidemment de la ville d’accueil. Londres en 2012 et prochainement Paris en 2024 bénéficient déjà d’infrastructures sportives pouvant accueillir la majorité des compétitions. Cela s’explique par l’organisation régulière d’événements sportifs comme l’Euro 2016 de football ou le championnat du monde de cyclisme sur piste prévu en 2022 permettant la construction d’un nouveau vélodrome.

Cependant, le volet économique n’est pas le seul à prendre en considération dans l’organisation des Jeux Olympiques. Ces derniers sont spécifiques par rapport à d’autres événements majeurs par la pluralité des disciplines. Certaines inscrites au calendrier olympique ne sont pas des sports majeurs dans le pays d’accueil. De fait, se pose la question des infrastructures qui ne doivent pas être laissées à l’abandon une fois la compétition terminée. Londres a par exemple transformé une partie du village olympique en logements sociaux, Rio avait misé sur des infrastructures démontables pour qu’elles soient réutilisables ailleurs. Malgré ces efforts, force est de constater que bon nombres de structures sportives construites pour une olympiade sont aujourd’hui à l’abandon. L’exemple du site olympique de Pyeongchang ayant accueilli les JO d’hiver en 2018 est souvent montré du doigt. Les sports d’hiver sont loin d’être les sports les plus populaires en Corée du Sud et le site est aujourd’hui totalement à l’abandon seulement trois ans plus tard. À Rio, le gymnase construit spécialement pour accueillir les épreuves de basket-ball fait aujourd’hui peine à voir. Ces aspects concernant l’héritage post-olympique doivent être pris en compte lors des candidatures olympiques et la dénonciation de ces sites abandonnés force les pays organisateurs à réfléchir au futur des installations. Ceci est d’autant plus vrai pour les JO d’été qui bénéficient d’une notoriété que l’on ne retrouve dans aucun autre événement sportif.

Gymnase ayant accueilli les épreuves de basket-ball lors des JO de Rio en 2016 (source : Maxppp)

Quelles perspectives pour Paris 2024 ?

Fort d’un budget prévisionnel de 6,2 milliard d’euros, la candidature de Paris 2024 s’est fortement appuyée sur ces éléments pour obtenir l’organisation des JO. L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques doit être l’occasion de mettre en lumière certaines valeurs d’inclusion sociale, d’égalité ou encore de respect. Les enjeux sociétaux et environnementaux doivent être pris autant en considération que les retombées économiques pour garantir un héritage allant au-delà des quinzaines olympiques. Charge au Comité International Olympique (organisateur) et aux pays hôtes de mettre en place des projets cohérents et souhaitables pour la population locale permettant de mettre au mieux en lumière la plus grande compétition sportive internationale. De fait, le développement des transports nécessaires pour accueillir les spectateurs et touristes s’inscrit dans le projet du Grand Paris Express qui comprend l’allongement de certaines lignes de métro et la construction de nouvelles lignes. Ces travaux doivent permettre de relier facilement les différents centres sportifs dans et en agglomération de Paris. Le projet Paris 2024 assurait que 95% des enceintes sportives soient déjà existantes ou temporaires pour éviter de les laisser à l’abandon. Le Centre Aquatique fera exception, mais il est prévu que la capacité d’accueil soit réduite après l’olympiade pour répondre aux besoins de la population locale. De plus, le toit sera porteur de panneaux photovoltaïques pour assurer son autosuffisance énergétique et ainsi limiter l’empreinte carbone du centre aquatique.

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L’émergence de nouvelles destinations pour les GESI 

Jusque dans les années 1990, aux yeux des promoteurs d’événements automobiles, seules l’Europe et l’Amérique du Nord existaient. L’Afrique et l’Asie n’étaient que des terrains périphériques, sans pouvoir d’achat suffisant pour être jugés comme intéressants. Au tournant du XXIe siècle, les mêmes promoteurs se rendirent compte que les pays d’Europe n’ont plus les moyens de financer des GESI demandant des investissements aussi lourds. Au contraire des pays qualifiés « d’émergents », au premier rang desquels les pays du Golfe Persique, tirent des revenus plus importants du pétrole et cherchent à diversifier leurs activités économiques.

L’appel des sables

Dans un monde où l’argent guide les destinations visitées par les divers championnats, il ne faut que peu de temps pour que des épreuves voient le jour au Moyen-Orient. 2004 : une année importante. C’est à cette date que se déroulent les premiers Grands Prix Moto du Qatar (circuit de Losail) et de Formule 1 du Bahreïn (circuit de Sakhir), tous deux flambants neufs. Peu après, les Émirats Arabes Unis rejoignent ces deux Etats, avec un Grand Prix de Formule 1 sur le circuit de Yas Marina dès 2009.

Après l’organisation de la première compétition automobile internationale au travers de la Race of Champions dans le stade de Riyad au début de l’année 2018, c’est le Championnat du Monde de Formule E que le pays organise : le premier E-Prix de Dariya. Une fois le premier pas franchi, plus rien ne justifiait que l’Arabie Saoudite reste à l’écart. Après la Formule E, c’est le Dakar qui trouve refuge au royaume du Prince Ben Salman à partir de 2020. La Formule 1 suit très rapidement le mouvement, en ayant inscrit à son calendrier 2021 un Grand Prix urbain à Djeddah, avant de se tourner vers un circuit permanent à Qiddiyah à partir de 2022. Enfin, l’Extreme E (rallye raid en concept-cars électriques) a élu comme première destination la ville médiévale d’Alula, en plein désert, au nord de l’Arabie Saoudite.

L’Arabie Saoudite, acteur indirect du sport automobile

Si l’Arabie Saoudite s’intéresse de près au sport automobile, c’est pour la même raison que ses voisins : ne plus être dépendante du pétrole. Rien de tel pour Riyad, capitale du pays, qui, restait engluée dans des problèmes internationaux l’empêchant de se concentrer sur l’organisation de GESI. Cela ne l’empêchait pas de s’intéresser, par sa compagnie pétrolière Aramco, à la Formule 1, devenue l’un des principaux sponsors en 2020. De manière ironique dans un Etat où les femmes n’ont eu le droit de conduire une automobile qu’à partir de 2017, l’Arabie Saoudite met aussi en lumière ses deux pilotes, Aseel Al-Hamad (première femme saoudienne à prendre le volant d’une Formule 1 lors d’une démonstration au Grand Prix de France 2018) et Reema Al-Juffali (première femme saoudienne à avoir piloté une Formule E, lors d’une démonstration à l’E-Prix d’Arabie Saoudite en 2019). Avant que les barrières ne tombent pour l’organisation de GESI dans le pays, le temps a été assez long. L’élément déclencheur est le programme étatique « Vision 2030 », lancé par l’Arabie Saoudite en 2016.

Aseel al-Hamad au Grand Prix de France 2018 (source : CNN International)

Le programme Vision 2030 vise à « l’amélioration du cadre de vie des Saoudiens », « l’autonomisation sociale des citoyens » et le « développement de l’emploi des femmes ». Ces objectifs doivent notamment se réaliser au travers de branches concernant la qualité de vie, ou l’identité nationale, ainsi que l’accès aux loisirs. Pour se développer, l’Arabie Saoudite ne regarde pas à la dépense. Si les E-Prix et le premier Grand Prix de Formule 1 se déroulent sur des pistes provisoires (à l’image du Grand Prix de Monaco), ce n’est qu’en attendant que se termine la construction de ce qui est annoncé comme un immense complexe automobile et hôtelier à Qiddiya, ville nouvelle entièrement dédiée aux loisirs à une quarantaine de kilomètres de Riyad. Les projets ne se soucient pas non plus de l’impact environnemental : Riyad est située au centre du pays et son alimentation en eau nécessite l’utilisation de barrages et de conduites d’eau forcée. La création d’un complexe international va nécessiter l’usage de davantage de ressources. En outre, une des traditions des courses au Moyen Orient est l’organisation de nuit qui sera respectée en Arabie Saoudite. Or, pour éclairer la piste, environ 1500 projecteurs de 3000 lux chacun sont nécessaires (à titre de comparaison, la puissance de l’éclairage public est de 15 à 30 lux). Les loisirs, destinés essentiellement aux Européens, ne se préoccupent donc pas des questions environnementales, et le développement économique du pays, tant par la diversification des ressources pour sortir de la dépendance du pétrole, que par l’organisation de compétitions internationales, se fait à un coût environnemental élevé. D’un point de vue social, les critiques sont nombreuses, notamment émanant de l’ONG Amnesty International qui rappelle que l’Etat ne respecte pas les normes internationales régissant l’usage de la peine de mort et procède encore à plusieurs centaines d’exécutions par an. Même si la fédération saoudienne de sport automobile souhaite l’organisation d’une manche des W Series (compétition de monoplace réservée aux femmes), il faut rappeler que les femmes n’ont pas le droit de piloter que depuis 2017, et de conduire depuis 2018.

Projet de Qiddiyah (source : Motorsaddict.fr)

À ces arguments, la Formule 1 oppose le fait que son passage aura un effet bénéfique dont l’objectif est de permettre le développement des droits humains dans le pays. Au vu des destinations que le Championnat fréquente habituellement (Chine depuis 2004), il est difficile d’affirmer que la Formule 1 ait fait quoi que ce soit. Les polémiques au sein de l’Arabie Saoudite sont difficiles à entendre, le gouvernement faisant bloc pour soutenir ce qu’il présente comme l’arrivée du plus grand événement sportif que le pays ait connu. Quant aux Saoudiens, leur voix est peu entendue et exprimée, eu égard à la répression. Du côté des promoteurs de la Formule 1, les louanges sont tout aussi unanimes. Seul Sebastian Vettel s’est réellement opposé à des événements organisés en Arabie Saoudite, en refusant de participer à la Race of Champions de 2018, prétextant avoir d’autres obligations.

La réticence des organisations internationales à voir se développer en Arabie Saoudite des compétitions internationales permettant à son gouvernement de se présenter comme modernes et dynamiques est compréhensible. Cependant, pour le meilleur ou pour le pire, l’attitude des promoteurs d’événements automobiles ne doit pas surprendre. La Formule 1 courait en Afrique du Sud durant l’Apartheid, aux États-Unis pendant la Ségrégation, et court en Chine malgré la répression à Hong-Kong, ou en Russie malgré la crise de Crimée. Leur politique est aussi simple qu’elle est amorale : les courses se déroulent là où l’argent se trouve. Il y a fort à parier que si le projet « Vision 2030 » de l’Arabie Saoudite n’est pas mené à son terme, et que l’économie saoudienne s’effondre, les courses de Formule 1 s’en iront comme elles sont venues, sans se soucier véritablement des conséquences sociales, économiques, environnementales ou politique de leur venue.

La perspective de l’héritage des GESI 

Si les événements voguent là où l’aspect économique permet de les accueillir, il ne faut toutefois pas oublier le cadre socio-économique. L’acceptation de la population face aux GESI fait particulièrement écho à un projet à la fois viable en amont et en aval de la compétition. Si développer le territoire avant l’événement au travers des aménagements et constructions prévus est un levier, il ne faut pas oublier qu’un projet d’héritage doit voir le jour pour rendre acceptable le GESI. Nombreux sont, dorénavant, les événements qui tentent de corriger le tir en exploitant une démarche de projet post événement.

France 2023 : au cœur d’une perspective d’héritage ? 

En 2023, la France accueillera le monde de l’ovalie. Pendant presque deux mois, le pays vibrera au son du haka et autres chants de supporters venus encourager leur équipe. Au-delà des matches, l’événement se veut porteur de projets sociétaux divers pour donner un sens nouveau à son événement, celui d’être impliqué dans la société.

Voir plus loin que la simple compétition sportive, tel est l’objectif de France 2023 qui au travers de Campus 2023 lance son projet de formation. Au total, ce sont 2023 jeunes qui suivront une formation en alternance. Objectif ? Répondre aux besoins des clubs dans une quête de professionnalisation et permettre aux jeunes de se former. Les apprentis seront en immersion dans les clubs pour cerner les difficultés et trouver les solutions adéquates. Allié à une formation diplômante, les apprentis mettront en application les apports théoriques au service du club. Un dispositif qui s’enclenche dans la dynamique d’un GESI. Car après chaque événement de ce calibre, nombreuses sont les disciplines qui voient leur nombre de licenciés augmenter, voire doubler en cas de bons résultats des sportifs nationaux. Alors dans l’optique d’accueillir et de pérenniser ces licenciés, il est primordial que les structures sportives puissent répondre aux différents besoins des neo licenciés. C’est donc dans cette perspective que Campus 2023 s’oriente : former et identifier les problématiques des clubs avant la compétition, se servir de l’événement pour accueillir de nouveaux licenciés, fidéliser ces neo pratiquants post événement.

S’inscrire dans une démarche globale passe également pour France 2023 par la mise en place d’un fonds de dotation, Rugby au cœur. Initiative qui vise à laisser une trace positive de la Coupe du monde de rugby, le fonds de dotation s’inscrit dans une volonté de proximité à la fois avec les territoires, les acteurs professionnels et les porteurs de projets pour que les idées se transforment en actes. Et permettent de conjuguer rugby et actes citoyens. Dans cette lignée, l’objectif est de positionner le rugby comme réponse à certains défis sociétaux. Portés par cette volonté de jouir de l’apport de la Coupe du monde, les projets s’appuient sur des valeurs partagées par le Comité d’organisation : éducation, égalité des chances, développement durable, égalité de genre, lutte contre les discriminations, handicap. Ces actions ne se feront pas sans mécènes qui financent les projets divers en vue d’exploiter la Coupe du monde comme levier à des actes sociaux.

Tour de France : face aux exigences environnementales

S’attacher à conserver un impact positif est également l’enjeu auquel doit faire face le Tour de France, notamment d’un point de vue environnemental. Pourtant, traverser la France à vélo n’a rien de polluant. Paradoxal ? Qu’en est-il de la Caravane et autres véhicules qui circulent le long des bords de route ? Le bilan carbone, les goodies et déchets laissés dans la nature ne font pas bon ménage avec un projet d’héritage environnemental se voulant durable. Alors dans cette perspective, le Tour de France tente de corriger la mire. Car ce sont près de 20 millions de petits objets ou sachets en plastique qui sont lancés chaque année “dans la nature” par la Caravane qui peuvent apparaître comme marqueurs de pollution. En effet, si la plupart d’entre eux trouvent leurs propriétaires, certains atterrissent dans des zones non atteignables et restent en attendant de se dégrader. Si peu de solutions existent pour contourner le problème, d’autres initiatives existent. Le tri avec des points de collectes récurrents et des zones spécifiques pour les coureurs après le ravitaillement. La sensibilisation sur les bords de route, mais également via les moyens de communication avec le tour de la biodiversité pour mettre en avant les sites protégés ou les milieux aquatiques. 

Passage de la caravane dans les Pyrénées (Source : Radu Razvan Shutterstock)

Également, les territoires ayant accueilli au moins une fois le Tour de France peuvent jouir du label “Ville à Vélo”, marqueur de développement d’infrastructures cyclables, d’actions pour l’essor de la pratique ou d’aide apportée par les collectivités aux associations sportives de cyclisme. L’enjeu pour le territoire est de pérenniser la pratique après le passage du Tour et de le jumeler à un projet de développement pérenne. Si le Tour de France est un acteur principal dans l’économie des villes hôtes, il doit toutefois corriger son impact écologique pour faire face aux diverses exigences et continuer de traverser la France, même si certaines villes semblent déjà y renoncer comme à Lyon, dont le maire écologiste juge la Petite Reine comme trop polluante.

L’enjeu d’un GESI s’inscrit dans une démarche plus globale alliant enjeux économiques, sociaux et environnementaux, bien loin de la simple logique de rayonnement sportif. Pour cela, il est impératif que les événements s’orientent vers un projet permettant le développement de plusieurs axes pour être accepté, vu et perçu comme nécessaire pour un territoire, même s’il semble que l’attrait économique l’emportera encore pour longtemps. 

Article rédigé par Alan GAUTHIER, Tristan GIL et Stéphanie MILLET

Photo de Une, superbowl, USA –  https://blog.kazaden.com/les-competitions-sportives-les-plus-regardees/

La rédaction

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