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Des « Consultations poétiques » proposées par la ville de Paris, et approuvées par Jeanne !

Organisée par le théâtre de la ville de Paris, cette initative, gratuite, est renversante. Alors que les lieux culturels sont fermés, que nous avons le nez dans le télé-travail, un espace de liberté, un moment hors du temps, se créé alors…

De la poésie contre les maux du siècle

Un appel, anonyme, durant un créneau horaire que vous choisissez : c’est la proposition culturelle détonnante du moment. Nous avons d’abord échangé : mon intervenante s’enquérait de savoir comment j’allais, qui j’étais, comment le confinement avait impacté ma vie d’étudiante.

Forte de son succès durant le premier confinement, cette initiative a pu être reprise en « présentiel » en juin dernier ; à l’époque, des comédiens, dans des supermarchés, ou autres lieux insolites, en blouse blanche, se sont proposés pour des consultations poétiques. Ils sont maintenant plus de 150 intervernants, diplômés du Conservatoire National de la Ville de Paris pour certains.

J’ai retrouvé l’intimité dans le rapport individuel de l’artiste aux spectateurs

Ce soir, je me suis revue au théâtre, j’ai pu laisser vagabonder mon esprit. Ce que la culture crée : la liberté de penser, d’imaginer. Je me suis ainsi laissée guidée par un poème lu par une intervenante : Les gens qui doutent, d’Anne Sylvestre. Nous avons pu échanger, et je me suis rappelée la reprise musicale de Jeanne Cherhal, que connaissait mon intervenante. C’était un moment intime que j’ai partagé avec mon amoureux, mais aussi avec cette voix anonyme.

Le poème en question

« J’aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J’aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J’aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J’aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n’auront pas honte
De n’être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n’avoir pas su dire
Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui n’osent
S’approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n’être
Qu’une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme
Les daltoniens de l’âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l’Histoire
Leur rende les honneurs

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui doutent
Et voudraient qu’on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu’on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps
Qu’on leur dise que l’âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu’on les remercie
Qu’on leur dise, on leur crie
Merci d’avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu’elles ont pu »

Quelques mots sur l’autrice…

On a découvert – ou redécouvert – Anne Sylvestre à son décès, en novembre 2020. Décorée de plusieurs distinctions (dont celui de l’Académie de la chanson française en 1960), ses textes, bien travaillés, sont souvent comparés à ceux de Georges Brassens. Ce dernier a même dit de l’artiste : « On commence à s’apercevoir qu’avant sa venue dans la chanson, il nous manquait quelque chose et quelque chose d’important. ».

Féministe, elle est aussi engagée sur des thèmes sociaux, et traite de questions tels que le viol, la misère, la pollution, dans ses chansons.

Le lien d’une interprétation musicale

Par Vincent Delerm, Jeanne Cherhal, Albin de la Simone (2010) :

Informations pratiques

Le lien pour s’inscrire à l’initiative parisienne : https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/gardons-le-lien/les-consultations/consultations-poetiques-musicales-par-telephone.

Sont aussi proposés des consultations scientifiques et musicales.

Les consultations peuvent être dispensées en une myriade de langues. Vous n’avez plus qu’a choisir parmi les 19 proposées celle qui vous touchera au coeur : français, anglais, espagnol, wolof, italien, grec, portugais, mandarin, beti, lingala, sango, pidgin, kongo, arabe, roumain, hongrois, allemand, albanais, slovène, hébreu …

Quand ? Jusqu’au 31 décembre 2021

Combien ? Gratuit, pour tous et toutes, à offrir, à consommer sans modération.

Source image de bannière : théâtre de la ville de Paris

Jeanne Aulanier

Jeanne Aulanier

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