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What’s Up Confinement #17 – On’ délie la langue de Jeanne, « globetrotteuse » et traductrice bénévole !

Rédactrice en chef web de On’, Jeanne est également étudiante en traduction à Diderot. Voyages au Mexique et en Espagne, expériences dans des cadres associatifs, études… : elle nous partage aujourd’hui sa passion débordante pour les langues, qui la tient depuis le lycée. Accrochez-vous, On’ décolle !

L’affiche de Cinélatino, un festival de cinéma latino-américain pour lequel Jeanne est bénévole.

On’ : Bonjour Jeanne, présente-toi…

« Bonjour Mathilda ! Je m’appelle Jeanne Aulanier, j’ai 22 ans, et je suis en M1 ILTS (Industrie de la langue traduction spécialisée) à Paris-Diderot. Je suis bénévole pour On’ depuis trois ans. »

On’ : Quelles langues parles-tu ? Et d’ailleurs, comment t’est venu ce goût pour la linguistique ?

« Français, anglais, espagnol,et italien, que j’apprends en autodidacte. Mais le vocabulaire se perd très rapidement, il faut baigner dans une atmosphère.

Pour mon bac, je suis allée vivre en Espagne, au lycée français de Valence. Des amis de ma famille (je viens de Bordeaux) sont ensuite allés travailler en Espagne, et j’ai pu être leur fille au pair. Ça m’a donné le goût de la découverte ! Mon premier « défi linguistique » était d’aller chez le coiffeur, en lui demandant de me faire une frange… j’avais cette peur de changement, au début : mais je me suis rendu compte que j’adorais maîtriser une nouvelle langue, découvrir des réalités autres, par une langue qui n’est pas la mienne. »

On’ : Pourrais-tu nous parler de ta formation, et de ton mémoire ?

« J’ai pu choisir le thème de mon mémoire principal de M1 : les conséquences de la labellisation dans le tourisme. Il se concentre sur l’exemple du Mexique et de son « Pueblos Magicos » ; il s’agit d’une initiative du Secrétariat du Tourisme du Mexique qui, avec le soutien d’autres agences fédérales, souhaite promouvoir une nouvelle image culturelle du pays, moins violente.

Le but : attirer les touristes internes et internationaux, en mettant en valeur la culture du pays et son patrimoine. Dans mon mémoire, j’aimerais étudier un texte en espagnol, et voir comment ces termes se comportent dans ce secteur. Je me demande encore si je vais faire une étude trilingue, en comparant avec ce qui se passe aux États-Unis, avec la valorisation des patrimoines un peu ruraux.

L’année prochaine je serai en M2 en alternance, et j’ai déjà des éventuels projets avec des organismes bancaires (de la traduction juridique et financière, en anglais).

[N.D.L.R. : l’article de Jeanne (2020) écrit pour On’, sur le Pueblos Magicos

On’ : Sur quels projets travailles-tu, actuellement ?

« Je suis bénévole pour le festival Cinélatino, qui promeut le cinéma d’Amérique latine avec le collectif ARCALT (collectif d’associations de solidarité avec l’Amérique Latine). Je fais des traductions pour des courts et longs-métrages. La première partie du festival a déjà eu lieu en mars, mais la seconde se tiendra du 9 au 13 juin (voir sur leur site).

C’est la première édition où je travaille pour eux ; ils projettent des films qui viennent de toute l’Amérique latine, ça permet de mettre en avant ce cinéma qu’on voit peu en salle. Dans la même veine j’ai travaillé pour l’événement « Online Africain film festival », pour Ciné Wax (plus d’infos ici). Le festival se déroulera en ligne, en novembre, et exposera des films venant de toute l’Afrique. »

On’ : Que tires-tu de ces expériences ?

« En étant traductrice je suis la voix, la porte-parole du réalisateur. Ainsi, il s’agit de partager aux spectateurs de nouveaux points de vue.

Ces événements m’ont aussi permis d’aborder des thématiques incontournables et intéressantes, comme le mariage forcé. Par exemple, je me souviens d’un film où l’héroïne était promise à un homme, mais elle voulait être boxeuse internationale ! Le thème peut sembler vu et revu mais c’était un angle nouveau et très original. C’est très enrichissant, car on se rend compte que jeunesse et modernité, peuvent épouser des thématiques anciennes pour les renouveler. »

Affiche du OAFF (Online African Film Festival), pour lequel Jeanne était bénévole en 2019 (lors de la 2nde édition).

On’ : Comment vis-tu ton implication en tant que bénévole ?

« C’était hyper intéressant de se plonger dans des univers que je ne connaissais pas, à des moments où je pouvais dédier beaucoup de mon temps. Ce sont des temps forts : des liens se créent, notamment lorsqu’on est en binôme pour des traductions. C’est très sympa et enrichissant de faire du bénévolat, même si j’espère pouvoir en vivre plus tard. »

Application de sous-titrage que Jeanne utilise, Aegisub. Ici, elle travaille sur un film péruvien.

On’ : Entre l’oral et l’écrit, quelles sont les différences principales dans l’échange et la traduction ?

« Il me manque le côté oral dans ma formation ; ceux qui traduisent à l’oral, ce sont les interprètes. Je m’interroge pour continuer dans cette voie… Pour l’instant, ma formation, c’est de la traduction, donc c’est à l’écrit. Dans mes cours on échange en espagnol et en anglais, mais la finalité est de travailler sur des documents. Je ne peux pas traduire directement à l’oral, ça demande un effort beaucoup trop intense ; mais je peux faire ça ponctuellement, sur des petits bouts de phrases. »

On’ : Penses-tu qu’il faille être bilingue pour vraiment maîtriser toutes les nuances d’une langue ?

« Je pense que c’est indispensable, pour comprendre une culture et la perception du monde qui va avec. Par exemple, plusieurs verbes anglais décrivent de façon plus précise la façon de regarder. Ils font référence à des nuances où l’équivalent exact en français n’existe pas – à moins d’utiliser des adverbes – ou dans d’autres langues.

S’immerger pleinement dans une langue et une culture, demande un investissement constant. Il faut actualiser ses connaissances en permanence ! Par exemple, l’année dernière, j’aurais pu dire que j’étais bilingue en espagnol ; mais aujourd’hui, il m’arrive parfois de ne plus trouver mes mots. Donc c’est modulable, même si ça se remet en route assez vite. J’essaye d’avoir une pratique variée :  je parle, j’écoute des podcasts, etc. »

On’ : Est-ce que tu as beaucoup voyagé ? Et dans quels pays ?

« Oui, pas mal ! Petite, je suis allée en Grèce avec mes parents. J’ai aussi fait la Guadeloupe avec ma famille, et je suis allée en Angleterre plusieurs fois avec la section européenne de mon école. Et aussi en Espagne, où j’ai vécu.

J’ai également eu la chance d’aller aux États-Unis, avec un programme d’échange linguistique. Et j’ai fait l’Inde l’été d’il y a deux ans : ça, c’était incroyable ! C’est le plus loin que j’ai fait, avec le Mexique. Mais il y a plein d’endroits où je ne jamais été : je connais assez mal l’Europe de l’Ouest. »

Jeanne au travail, en 2018. Elle traduit un recueil de poésie de son amie autrice Inmaculada Lopez Verdeguer, de l’espagnol au français.

On’ : Des astuces à recommander, pour de futurs départs ?

« Déjà, ne prendre que des vêtements confortables, sportifs. Un peu de tout : on ne sait jamais comment va être la météo… Au Mexique, il pouvait y avoir de gros écarts de températures, donc il fallait des habits chauds et légers (mais toujours un maillot, on ne sait jamais !).

S’adapter, ne pas juger ! Il faut essayer d’être ouvert, en se renseignant sur où l’on va : on entend souvent que les Français sont mal perçus quand ils voyagent. Parlez aux locaux, ne vous fiez pas aux apparences et aux clichés colportés. C’est sympa d’avoir un petit réseau qui peut vous donner des astuces sur les endroits à éviter, ou, au contraire, ceux à voir absolument.

Niveau sécurité : ne portez pas de bijoux voyants, ni de fringues trop courtes (si vous êtes une femme), et respectez les mœurs du pays. En Inde j’étais un peu dégoutée de voir que mon frère et mon père pouvaient être en tee-shirt/short : mais il faut essayer de se fondre dans la masse, pour ne pas s’attirer d’ennui. On m’avait aussi conseillé de partir avec un téléphone pourri (style Nokia) pour les communications sur place, en gardant mon smartphone dans un endroit sécurisé, afin de dissuader les potentiels voleurs. Évitez d’être seul ou qu’entre français, mais soyez méfiants, tout en ne vous interdisant pas de vivre des choses chouettes.

D’un point de vue santé : faites gaffe à avoir une très bonne mutuelle en partant. Parce qu’en cas de problème, les frais de rapatriements peuvent escalader assez vite… En France, on a la chance d’avoir un système de santé magnifique, où tout est pris en charge. »

Merci à Jeanne d’avoir été notre hôtesse de la semaine : ça nous a fait du bien de bouger aux quatre coins du globe ! On’ lui souhaite de s’épanouir dans son futur métier, et de garder sa bonne humeur communicative.

Pour finir, Kipo nous propose aujourd’hui ses tagliatelles à l’avocat. Vos traditionnelles « pâtes au pesto » vous paraîtrons bien indigestes, après les avoir réalisés…

💸: €€

🌿 : Plat végétarien

🥗 : Enlevez le fromage pour une version vegan

🍴 (3 personnes) : Tagliatelle (deux nids par personne) / un avocat / 2 tomates moyennes / piment en poudre / curry (intense tradition indienne de chez Ducros) / ail moulu / herbes de Provence / poivre / graines de sésame / laurier / parmesan

👩🏾‍🎓 : Recette étudiante

💪 : Facile

• Faites cuire vos tagliatelles dans une casserole.

• Pendant ce temps, huilez une cocotte. Coupez vos tomates en petits dés et mettez-les dans la cocotte avec un fond d’eau à feu doux. Faites étuver (avec le couvercle) jusqu’à obtenir une sauce tomate semi-épaisse. Rajoutez une cuillère à café d’ail moulu et poivrez un petit peu. Pour ma part, j’aime bien rajouter une feuille de laurier.

• Tandis que vos tomates sont dans la cocotte, prenez la chair de votre avocat et écrasez-la jusqu’à avoir un ensemble lisse.

• Mélangez une demi-cuillère à café de piment et de curry avec votre avocat.

• Une fois les pâtes prêtes, mettez-les dans votre cocotte avec vos tomates. Rajoutez l’avocat et quelques graines de sésame.

• Enlevez la feuille de laurier à l’aide d’une fourchette et mélangez le tout.

• Faites cuire à feu moyen quelques minutes en mélangeant bien (si votre eau des tomates s’est totalement évaporée n’hésitez pas à en rajouter un petit peu si besoin).

• Une fois servi dans les assiettes, vous pouvez rajouter du parmesan sur le dessus et un peu d’herbes de Provence, pour le goût. Et c’est fini !

« Buen provecho » (comme on dit en espagnol !), et à la semaine prochaine pour un nouveau talent étudiant !

Les liens à retenir

Lien du site Cinelatino : https://www.cinelatino.fr/ (tarifs et programme du festival, ici)

Le festival Cine Wax : https://cinewax.org/pages/cinewax

Le compte Instagram (culinaire) de Kipo : @ __kipoo__

Image de couverture : Jeanne Aulanier – Ek Balam, site archéologique maya, dans l’Etat du Yucatán, Mexico

Mathilda Mille

La rédaction

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