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What’s Up Confinement #14 – On’ découvre l’art du stand-up, avec l’enjouée Mathilda !

Théâtre, danse, journaliste pour On’… : ayant débarqué à Paris cette année, Mathilda est étudiante en M2 philo, et compte bien profiter des avantages offerts par la Capitale ! Novice en stand-up, elle nous raconte son engouement envers la discipline, dont la pratique puise dans son expérience et crée des entrecroisements artistiques.

On’ : Présente-toi à nous

« Je m’appelle Mathilda Mille, et je suis en Master 2 de philosophie contemporaine française à Nanterre, en section recherche. À côté de ça je suis dans la troupe de théâtre de mon université, « Les Indifférents ». On n’a pas pour but de monter un spectacle, et c’est assez relaxant: ça fait 10 ans que je fais du théâtre, et c’est vraiment juste pour m’améliorer, travailler sur des choses qui sont un peu fragiles, booster certains de mes acquis. Je fais aussi de la danse contemporaine; c’est assez libre en terme d’expression. Il n’y a pas vraiment ce carcan corporel du classique, et il y a ce côté un peu « impulsion », un peu théâtre parfois, que j’aime bien. Et sinon, il y a bien sûr le stand-up, le lundi soir! J’en fait au cours Paul Clément: ma prof s’appelle Sandra Colombo. Elle fait elle-même du stand-up (elle a été révélée grâce à son duo « Les Kicékafessa » dans On n’demande qu’à en rire, sur France 2, NDLR) et a écrit un nouveau one woman-show l’année dernière (« Que faire des cons ? », NDLR). »

On’ : Pour les non-initiés, quelles sont les particularités du stand-up ?

« Le stand-up c’est littéralement du « seul en scène ». Un peu comme lors d’un monologue de théâtre, tu dois assumer, occuper la scène. Et en même temps, c’est toi qui écris tes textes. Dans le processus de création, tu es seul: c’est toi qui dois te diriger et, in fine, te produire. Ce qui est compliqué, car t’as jamais ce regard extérieur du metteur en scène qui te dirige. On travaille parfois par groupes de 2 ou 3; on lit ce qu’on a écrit, et on se donne des punchlines. Mais la plupart du temps on se produit direct sur scène, en ne s’étant entraîné que chez soi.

[…] Le but, c’est de faire rire. On essaie de faire court: c’est compliqué pendant déjà 5 minutes de maintenir une attention assez active et de vraiment intéresser, amuser. Surtout qu’on n’a pas tous le même humour. 

[…] Le rôle de la prof, c’est de nous diriger, nous imposer un thème d’écriture, et nous faire un retour. Pendant le sketch elle prend des notes, et à la fin elle dit « tu peux changer ça, il faudrait que tu fasses ça », et c’est vraiment génial! Elle a vraiment le coup de main pour, en très peu de mots, rendre un élément qui était assez drôle en quelque chose d’hilarant. »

On’ : Comment en es-tu venue au stand up ?

« J’adore le théâtre et j’avais envie de continuer à en faire, tout en sortant de ma zone de confort. Quand t’en as fait pas mal d’années tu restes dans tes acquis, dans quelque chose de confortable. Et le stand-up c’était un exercice théâtral un peu inouï: ça ressemblait à de l’impro car t’es seul, tout part de toi, mais en même temps tu dois tamponner, travailler.

[Dans le stand-up] y’a ce côté moins spontané où tout est écrit, préparé à l’avance, et cette vulnérabilité. Tu vas essayer de donner l’énergie que t’avais préparé pour ton texte; mais tu sais pas si tu vas réussir à faire rire ce soir-là, peut être que le courant ne passe pas. Il y a une communication plus forte avec le public: c’est moins segmenté, y’a moins de barrière qu’au théâtre. Les lumières sont pas éteintes au niveau du public, tout est allumé, y a pas d’estrade, donc t’es à la même hauteur que les spectateurs. On t’encourage à communiquer, à interpeller. »

On’ : Du coup, est-ce que tu dirais qu’il y a un lien entre le stand-up et tes différentes activités (la danse, l’écriture chez On’, la philo, etc.) ?

« Oui forcément: comme j’en ai parlé, y’a ce lien avec le théâtre. Et avec la danse, énormément: une chose que notre prof nous a fait comprendre, c’est à quel point l’incarnation était déterminante pour le stand up. L’erreur des débutants c’est de penser que t’es juste une tête dont tout part, et que le corps, on s’en fiche. Alors que pas du tout: ça apporte un investissement et une présence supplémentaires. La personne est humaine, elle est là, et ça fait tout de suite plus rire. Ça me captive, vraiment: si t’arrives à utiliser ton corps sur scène pour illustrer ce que tu dis, ça donne une espèce de texture, une couleur, et ça rend la chose moins abstraite.

On apprend aussi à sortir de l’explicatif. Forcément avec la philosophie, c’est un peu un penchant naturel; on veut analyser, expliquer, décortiquer, et là j’essaie de regagner en spontanéité. De moins me juger, d’y aller: il faut que ce soit concret et vivant, donc c’est un peu la démarche opposée. Ce qui est positif, car quand j’écris mon mémoire ou mes dissertations en philo, l’écriture du stand-up n’apporte un outil de spontanéité que j’avais pas, étant figée par le carcan de l’analyse. Et peut-être que la philo m’apporte une inspiration d’analyse pour le stand-up, c’est possible.

[…] Il y a un peu la même démarche pour écrire un article [chez On’]: t’es dans l’évocation d’un vécu, et il faut carrément que le lecteur puisse être là. La personne doit pouvoir se projeter dans ce que tu dis vivre. »

On’ : Comment se passent tes cours en ce moment ?

« Y’a eu un rebondissement: notre prof nous a dit ce soir qu’on allait pouvoir reprendre le présentiel! On va tous devoir se préparer pour passer, et présenter notre sketch de référence. Il faut chacun qu’on le retravaille, le peaufine, en le présentant au maximum. […] Pour les cours en Zoom, 1 lundi sur 2, on avait une vidéo à écrire et à monter. Le thème imposé pour ce soir c’est « créez une vidéo de présentation d’entreprise, donnant envie à des salariés de postuler ». On pouvait aussi faire notre sketch sur Zoom, mais c’était un peu frustrant en dématérialisé. »

On’ : Des projets de spectacle ?

Affiche du spectacle, en avant-première

« […] Ce sera peut-être pour nous tous, mais faut qu’on ait le niveau. Et tant mieux: j’aurais pas envie que la prof me dise que je suis prête si je le suis pas, ce serait horrible de se taper un gros bide sur scène. Mais elle est encourageante, elle m’a fait de bons retours sur mon sketch de Subway.

Y’aura pas vraiment de fil conducteur puisqu’on va tous présenter nos sketchs, introduits par un maître de cérémonie. Y’a par exemple une fille qui fait son sketch sur les sketchs [rires],en parlant de la difficulté à avoir de l’inspiration. Y’en a également une qui en fait un sur les rencards avec des mecs et tout ce que ça peut engendrer, comme le sexisme, et un mec abordant le fait d’être papa depuis pas longtemps. Un autre invoque un personnage un peu bourgeois; il est vraiment à fond! Il parle du confinement, où il est allé se reclure dans sa maison secondaire, et tous ses petits problèmes de bourgeois, fin, c’est assez drôle! On espère pouvoir faire le spectacle: normalement c’est les 7 et 14 juin, au Petit Palais des Glaces. »

On’ croise très fort les doigts pour que tu puisses te produire, Mathilda ! En attendant l’heure fatidique où sera défini la bonne tenue du spectacle, Kipo nous donne la recette de ses pâtes à la feta et aux tomates cerises, qu’elle a « vu passer sur les réseaux sociaux ». Le verdict de l’experte ? « Je l’ai testée, et c’était délicieux ! ».

💸 : €

🌿 : Recette végétarienne

🍴 (3 personnes) : Des pâtes / des tomates cerises / de la feta / de l’huile d’olive / de la ciboulette / du poivre / du sel / du paprika fumé en poudre / de l’ail en poudre.

💪 : facile

📹 : Recette Tik Tok

✈️ : Italien 

• Pour commencer, préchauffez votre four à 200 degrés et faites cuire des spaghettis dans une casserole.

• À l’aide d’un pinceau de cuisine, huilez doucement un plat. Mettez votre bloc de feta dans le plat.

• Coupez vos tomates cerises en deux, puis mettez-les autour de la feta.

• Faites couler un filet d’huile d’olive. Salez, poivrez, mettez votre ciboulette, l’ail et le paprika fumé.

• Enfournez le tout pendant 15/20 minutes.

• Une fois cela fait, rajoutez vos pâtes dans le plat, et rajoutez encore un peu de ciboulette.

Vous n’avez plus qu’à déguster !

Merci à Mathilda et Kipo de leur intervention, pour ce quatorzième What’s Up Confinement ! On’ vous tiendra au courant de la date définitive du spectacle de notre « stand-upeuse » (comme elle aime le dire), lors du retour des traditionnels What’s Up Paris. Entre temps, Yasmine interrogera Morgane, une future danseuse professionnelle se formant conjointement à son art (à la Choréia) et à l’anglais (L2 LLCER à Paris-Diderot). Prenez soin de vous, et à la semaine prochaine pour la rencontrer!

Pour finir, quelques liens intéressants…

Pour suivre Kipo sur Instagram : @__kipoo__ (https://instagram.com/__kipoo__?igshid=rpc4rt2sue4c).

Les séances de stand-up proposées par le Cours Paul Clément : https://www.courspaulclement.fr/cours-de-theatre/cours-formation-stand-up.

Propos recueillis par Paul Philipon

Crédits photos: Mathilda et Kipo

Paul Philipon

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