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Réhabiliter l’aide publique au développement

L’aide publique au développement (APD) est aujourd’hui en proie à des critiques sur son efficacité en faveur des pays en développement. Néanmoins, l’aide financière aux populations vulnérables semble indispensable pour répondre aux défis majeurs du XXIe siècle : lutte contre la pauvreté, réduction des inégalités, lutte contre le changement climatique… Alan Gauthier vous dit tout ! 

source : http://www.bfc-international.org/MAEDI-DAECT-Rapport-2015-sur-l-aide-publique-au-developpement-des-collectivites

Qu’est-ce que l’aide publique au développement ?

Le ministère de l’Économie des Finances et de la Relance définit l’aide publique au développement comme « l’ensemble des apports financiers des organismes publics aux pays bénéficiaires listée par l’OCDE ». Ce dernier est l’organisme international régissant la définition et fournissant les données de l’aide publique au développement au niveau mondial. Il s’agit de dons ou prêts accordés à un tarif inférieur à ce qui pourrait être attribué sur les marchés financiers. Seuls les organismes publics sont comptabilisés dans l’APD et cette aide doit obligatoirement se faire dans le but de favoriser le développement économique et social. Le Comité d’aide au développement (CAD) a établi une liste, régulièrement actualisée, des pays donneurs et des pays bénéficiaires rentrant dans les données de l’aide publique au développement. En 2018, l’APD mondiale atteignait 153 milliards de dollars (dont 10,3 milliards d’euros par la France). Si ces chiffres peuvent paraître importants, ils ne représentent que 0,3% du PIB de l’ensemble des pays du CAD. À titre de comparaison, le montant des fonds envoyé par les migrants et les diasporas dans leur pays d’origine atteignait 550 milliards de dollars en 2019 alors que les investissements directs étrangers (IDE) dépassaient à peine les 500 milliards de dollars. Il existe de nombreux acteurs fournissant ce qui peut être considéré comme de l’aide publique au développement. Parmi celles-ci nous pouvons mentionner les banques régionales de développement, les bailleurs bilatéraux comme l’Agence française du développement (AFD) ou encore les collectivités locales.

Quels objectifs ?

Dès 1970, l’Assemblée générale des Nations Unies recommande aux pays développés un objectif de 0,7% du PIB alloué à l’aide publique au développement. Face à un échec flagrant, celui-ci a été reporté à 2030. En France, l’APD représentait 0,43% du PIB en 2018 alors qu’il était de 0,50% en 2010. Comme le montre le graphique ci-dessous, seuls cinq pays parmi les 29 que comptent le CAD atteignaient 0,70% du PIB en 2019. C’est notamment le cas du Royaume-Uni qui a inscrit l’objectif de 0,70% dans une loi en 2015 alors qu’il s’agissait d’un objectif non contraignant et non obligatoire. Cela pourrait donner la voie à suivre pour les autres pays qui repoussent sans cesse la temporalité de cet objectif.

APD en pourcentage du PIB des pays du CAD (2019) Source : OCDE (2020), DAC Statistics

Les critiques sont-elles justifiées ?

Certains économistes ou sociologues critiquent l’aide publique au développement. L’inefficacité de l’aide est souvent mise sous le feu des projecteurs. Le continent africain est celui qui a reçu le plus ADP depuis son appellation comme telle alors que c’est celui qui a encore aujourd’hui les niveaux de pauvreté les plus élevés. L’aide publique au développement est parfois perçue comme une nouvelle forme d’aliénation des pays en développement face aux puissances occidentales qui les empêcheraient de réaliser les mutations économiques et sociales nécessaires. Cependant, les chiffres mentionnés démontrent que l’ADP ne représente qu’une faible part des revenus étrangers dans les pays en développement et n’est donc peut-être pas à l’origine de tous leurs maux. 

Les caractéristiques des dons ou des prêts pour être considérés comme APD sont très strictes et établies par le CAD. Certains aspects peuvent poser question comme les annulations de dettes qui sont considérées comme de l’aide publique au développement. En revanche, les services militaires ou les flux de nature exclusivement commerciale en sont exclus. Si les pays en voie de développement veulent s’émanciper de la tutelle des pays occidentaux, ils pourraient s’atteler à ces aspects. La principale difficulté réside dans l’assurance que cette aide atteigne bien les populations vulnérables. La lutte contre la corruption est un prérequis pour s’assurer d’une meilleure efficacité de l’aide. 

Bien utilisée, il est indéniable que l’aide publique au développement peut permettre à certaines populations de sortir de la pauvreté économique et de renforcer les capacités sociales et environnementales des pays en développement.

Alan Gauthier

Alan Gauthier

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