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Les « Oath Keepers », le plus grand mouvement anti-gouvernemental des États-Unis

Les milices dextrême droite aux États-Unis prennent de plus en plus dimportance dans un pays divisé et en proie à des théories conspirationnistes.

« Oath Keepers » ou « gardiens du serment » est une organisation paramilitaire, ou milice, fondée en 2009. Elle est l’une des plus importantes du pays, et se trouvait au sein du Capitole lors de la tentative de coup d’Etat, le 6 janvier dernier. Ils représentent l’aspect le plus sombre et le plus violent de l’Amérique et des partisans de Donald Trump. Qui sont-ils ?

Qui sont ces paramilitaires ?

Organisation paramilitaire fondée en 2009 suite à l’élection de Barack Obama, les « Oath Keepers », ou « gardiens du serment » en référence à la Constitution, représentent une des milices anti-gouvernementales les plus importantes des États-Unis. Leur serment est surtout celui fait lors de leur intégration : « défendre la Constitution, contre tous les ennemis » aussi bien les « étrangers » que les « locaux ».

Son fondateur, Stewart Rhodes, est un diplômé de la prestigieuse école de droit de Yale. Il a su imposer sa milice sur la scène américaine : selon le Southern Poverty Law Center, une importante ONG qui surveille les mouvements d’extrême droite dans le pays, il y aurait entre 2 000 et 3 000 membres actifs. Les Oath Keepers, eux, revendiquent plus de 30 000 membres. De nombreuses personnes appartenant aux forces de l’ordre – notamment des militaires, des vétérans et des policiers – adhèrent à la milice, les distinguant des ordres organisations armées. Ils sont, par ailleurs, vêtus comme des militaires et ont une formation militaire.

Stewart Rhodes est lui un ancien militaire tombé dans les théories conspirationnistes et l’extrémisme. C’est un fervent partisan du Second amendement de la Constitution, qui érige le port d’arme comme un droit pour les citoyens américains. Son organisation a été pensée dans ce but de défendre ce droit contre le gouvernement, vu comme l’ennemi principal. En effet, selon les Oath Keepers, le gouvernement cherche à se saisir des armes en circulation afin d’instaurer une dictature (par la mise en place de la loi martiale). De plus, d’après ce même amendement, la constitution de milice est autorisée afin de défendre les citoyens et d’apporter un soutien aux forces de l’ordre.

Les Oath Keepers font partie d’un mouvement plus large qu’est le « Patriot movement », selon le Southern Poverty Law Center. En effet, pour les « Patriots », le gouvernement va imposer la loi martiale, probablement avec l’aide étrangère ou avec l’ONU et ses casques bleus. Non seulement toutes les armes en circulation seraient saisies, mais, dans leur idée, les « résistants » seraient envoyés dans des camps de détention afin de pouvoir intégrer l’Amérique dans ce fameux gouvernement mondial. Ce dernier est théorisé au sein du « Nouvel ordre mondial » dans lequel les États-Unis seraient le dernier bastion de liberté face à un gouvernement global qui se mettrait en place et qui serait contrôlé par les socialistes. Ils refusent également d’obéir aux lois qu’ils jugent anticonstitutionnelles : des lois à l’encontre des libertés, ou de la propriété privée, par exemple.

Enfin, les militants cherchent à protéger les citoyens et les commerces face aux manifestations considérées comme « antifascistes » et « terroristes », en particulier le mouvement Black Lives Matter : ils viennent équipés et lourdement armés. Durant les dernières élections présidentielles, en 2020, ils se sont mobilisés afin de « surveiller » les bureaux de vote, et même si aucune fraude n’a été avérée, ils n’ont jamais reconnu la victoire de Joe Biden.

Des membres du groupe « Oath Keepers » devant le Capitole, le 6 janvier 2021. Manuel Balce Ceneta / AP

Les Oath Keepers en action : un appel à la guerre civile

En près de douze années d’existence, les Oath Keepers se sont fait connaître suite aux manifestations qui ont suivi la mort de Michael Brown, un homme noir tué par un policier en 2013. Les miliciens se sont montrés dans la ville de Ferguson, Missouri, pour patrouiller et apporter un soutien aux forces de l’ordre. Mais, cela ne fut pas la première action de l’organisation paramilitaire.

En effet, en 2010, un homme d’Oklahoma, membre d’Oath Keepers, fut condamné à 8 mois de prison pour avoir menacé de commettre un attentat contre les bâtiments politiques de l’Oklahoma lors du Tax Day, le 15 avril : la date limite de déclaration pour l’impôt sur le revenu au gouvernement fédéral, date proche de celle du jour des Patriotes qui commémore les premières batailles de la guerre d’Indépendance en 1776. Puis encore en 2014, lorsque des membres des Oath Keepers se sont rendus dans le Montana et l’Oregon afin de protéger des mines et des terres face au « Bureau de gestion des terres » et les gardes- forestiers. Ils ont, de plus, répondu à l’appel national lancé par le propriétaire d’un ranch, Cliven Bundy, qui refusait de déplacer son bétail qui se trouvait sur des terres publiques.

Leur leader, Stewart Rhodes, a lancé l’ « Operation Sabot 2016 » durant les élections de 2016 afin de prévenir une quelconque fraude et le vol de l’élection à Donald Trump… quelque chose que le candidat a fait référence plusieurs fois, et qui n’est pas sans rappeler la rhétorique du Président sortant lors des élections 2020.

Enfin, les Oath Keepers appellent à la guerre civile, à une « guerre sanglante » afin de « rendre » l’élection à Donald Trump, si celui-ci n’invoque pas l’Insurrection Act : cela permet au Président de déployer l’armée afin de maintenir ou de restaurer la paix. Rhodes demande, voire ordonne, la saisie des databasesdes services tels que le FBI, la CIA, etc., et ainsi prouver la supposée fraude électorale. Même si leur idéologie est antigouvernementale, ils voient en Donald Trump un sauveur face à ce « nouvel ordre mondial ».

Les Oath Keepers sont une organisation paramilitaire dangereuse et importante aux États-Unis. Ils étaient présents lors de la prise du Capitole à Washington le 6 janvier dernier. Mais alors que le pays est plus que jamais divisé, les miliciens se feront certainement à nouveau entendre.

Sarah Lavoine

Sarah Lavoine

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