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Ce que leurs plumes en disent: Nietzsche, un philosophe à part


Dieu est mort !”. Voici l’une des plus marquantes phrases de Friedrich Nietzsche, à part parmi les philosophes, voulant renverser les valeurs chrétiennes, tuer la morale pour en recréer une autre grâce à la volonté de puissance. Sa philosophie intrigue et est souvent mal comprise. Mais elle est sûrement à l’image de ce philosophe devenu fou et s’enfermant dans le silence à la fin de sa vie. On’ vous propose donc de (re)découvrir celui qui voulut créer un nouveau système philosophique et qui se crut, dans sa folie, le successeur de Napoléon.

Friedrich Nietzsche, c’est ce philosophe allemand que l’on étudie en Terminale et dont le nom nous donne la migraine, tant pour le retenir que pour le prononcer. Mais au-delà de ça, c’est aussi ce philosophe qui a sombré dans la folie et le silence. C’est celui qui aura voulu renverser la table des valeurs, fonder une philosophie morale inédite, affranchir l’Homme de la main de Dieu et en faire un surhomme. Friedrich Nietzsche, un philosophe à part sur les chemins de la philosophie.

Friedrich Nietzsche, une vie…

Friedrich Nietzsche naît le 15 octobre 1844 à Röcken dans la province de Saxe et meurt le 25 août 1900 à Weimar. 

Et Nietzsche est bien plus qu’un philosophe! C’est un philologue, un poète, un pianiste et un compositeur. Il naît au sein d’une famille pastorale luthérienne.

Son père, pasteur évangélique, ainsi que son grand-père lui enseignent la théologie. Le père est un protégé de Frédéric-Guillaume IV, mais de violents maux de tête l’obligent à demander une paroisse vers Naumbourg. Avec sa femme, Franziska, ils s’installent à Röcken, ville où naissent leurs trois enfants: Friedrich, Ludwig et Elizabeth. Le père de Nietzsche meurt en 1849 suivit de son frère, Ludwig, en 1850. Nietzsche déménage à Naumbourg, un crève-cœur.

C’est un élève brillant, doué pour l’école et l’apprentissage. À 24 ans, il est nommé professeur de philologie à l’université de Bâle, puis professeur honoraire l’année suivante.

Il développe son acuité philosophique auprès des philosophies antiques.

Maladie chronique et folie

Tout au long de sa vie, Nietzsche a été malade: des problèmes d’intestins, de maux d’estomac, des problèmes gastriques qui toute sa vie l’ont affecté. 

Le 3 janvier 1889 à Turin, Nietzsche s’effondre en pleurs en croisant une voiture dont le cocher fouette violemment le cheval. Il s’approche, éclate en sanglots et interdit à quiconque de s’approcher du cheval.

Son ami Franz Overbeck, alerté par les lettres délirantes de Nietzsche, se rend à Turin. Il y découvre un Nietzsche hurlant, chantant, prétendant être le successeur de Napoléon.

Pour le calmer, on lui fait croire qu’à Bâle des festivités se préparent en son honneur. Arrivé là-bas, on le conduit dans une clinique d’aliénés. Il y remercie le directeur pour le bon accueil qu’on lui a fait.

Dans sa folie, Nietzsche s’identifie à Dionysos et au Christ. Il parle, chante sans cesse, se rappelant de ses écrits et de ses compositions. Son état psychique se dégrade. Il sera encore capable de tenir quelques discussions lucides, de jouer au piano, mais il s’enferme au fur et à mesure dans le silence total jusqu’à sa mort en 1900, le 25 août.

La philosophie de Nietzsche…

La principale caractéristique de la pensée de Nietzsche, c’est le renversement de la table des valeurs. Il s’agit de penser l’Homme seulement à partir de l’Homme, et non de Dieu ou de la morale.

La volonté de puissance 

Nietzsche développe la notion de “ volonté de puissance” comme la source de toutes les évaluations; que ce soient du beau (l’art), du vrai, du bien (Dieu/religion), du mal. 

La vie est cette volonté de puissance. Est bon ce qui est puissant, et ce qui peut accroître ma connaissance. L’humain est une chaîne de pulsions plus ou moins stables. Chaque pulsion agit face à une autre pulsion. La volonté de puissance est donc le moyen pour Nietzsche de décrire le monde et d’interpréter les phénomènes humains.

« Dieu est mort »

Par cette volonté de puissance, Nietzsche remet en question Dieu et la religion. Dès sa plus tendre jeunesse, il doute de l’existence de Dieu et remet en question les valeurs chrétiennes et morales.

Pour lui, Dieu ne peut pas être compatible avec la vie et les Hommes. L’Homme est symbole de la vie, donc de la volonté de puissance, tandis que Dieu est souffrance. Ainsi, la mort de Dieu (par mort, on entend sa remise en question) est une libération morale pour les Hommes.

“Dieu est mort” et l’Homme peut enfin devenir pleinement ce qu’il est, mais la “mort” de Dieu ne suffit pas pour amorcer une nouvelle morale: il faut toujours cette volonté de puissance.

« Deviens ce que tu es »

Pour Nietzsche, l’Homme doit se libérer lui-même du carcan de Dieu, des valeurs chrétiennes et de la morale de Dieu. 

« Deviens ce que tu es » est donc une invitation à devenir pleinement soi-même, mais elle contient un petit paradoxe: “Deviens” est une injonction, un ordre! Et l’ordre se fait grâce à la volonté de puissance. 

Cette citation mêle l’ordre et la volonté. Puisque l’impulsion, l’ordre, vient de la volonté de puissance, il ne reste à l’Homme que de devenir pleinement lui-même: se transformer en surhomme.

« Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort » 

Cette phrase de Nietzsche est la plus connue et la plus citée. Mais que veut-elle dire réellement? Contrairement à l’idée reçue, la notion principale n’est pas la mort mais la souffrance. 

Ici, il tend à renverser une vieille valeur chrétienne selon laquelle la souffrance est rédemptrice. Mais pour lui, ce n’est pas du tout le cas. La souffrance ne rend pas plus fort mais elle est un outil de connaissances. La souffrance nous apprend d’elle-même qu’elle est un non-sens, inutile en somme, car il n’y a pas d’intérêt à souffrir. Mais elle peut en avoir un: il faut avoir souffert inutilement pour éviter de s’infliger des souffrances, des douleurs.

Toute sa vie, Nietzsche a voulu renverser les valeurs du christianisme, créer une philosophie morale inédite, ne s’appuyant ni sur le matérialisme, ni sur l’idéalisme, ni sur le stoïcisme. Bref, sur aucune doctrine morale. Et la morale, elle, n’émerge pas de Dieu mais de l’Homme lui-même. 

Sa philosophie a souvent été mal comprise, voire mal interprétée. Elle a d’ailleurs servi aux Nazis pour appuyer la thèse selon laquelle l’homme aryen était un surhomme… le surhomme étant une notion nietzschéenne (que nous verrons dans un prochain article!). La philosophie évolue avec l’Homme dans ce qu’il a de meilleur en lui et de pire en lui!

Marc Mouty-Lecallier

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