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Tour d’horizon #1 : la Guinée

Cette année, la Rubrique Internationale lance un nouveau concept ! Chaque mois, partez à la découverte d’un pays – parfois – méconnu du « grand public » grâce à notre tour d’horizon. Profitant d’une actualité significative du pays (élection, évènement culturel ou sportif, manifestations…), nous vous le présenterons en moins de 5 minutes afin que vous puissiez briller en société. Amateurs de géographie ou simples curieux, nous vous donnons rendez-vous chaque mois !  

Histoire 

L’actuel territoire de la Guinée a abrité pendant plusieurs siècles de puissants royaumes, notamment l’immense Empire du Mali, fondé par Soundiata Keïta au XIIIème siècle.

L’histoire contemporaine du pays est quant à elle très marquée par le processus de colonisation.  Devenue colonie française en 1891, la Guinée est une pièce centrale du système colonial d’exploitation des terres et des populations en AOF (Afrique-Occidentale française). Cette domination coercitive acrée un terreau favorable à l’émergence d’une conscience anti-coloniale au sein de la population. La lutte est alors incarnée par une figure forte, celle de Sékou Touré, syndicaliste et maire de Conakry. Sous son impulsion, les guinéens votent  « non » au référendum du 28 septembre 1958 pour la mise en place d’une Communauté franco-africaine. Dès lors, la réaction de la France ne se fait pas attendre : comme promis par le général, tout refus de la Communauté aboutirait à la rupture des relations avec la France. Les fonctionnaires sont rapatriés en métropole et tout soutien financier, politique et diplomatique est suspendu. La Guinée proclame son indépendance le 2 octobre 1958 et Sékou Touré prend la tête chef d’un État qu’il veut socialiste, mêlant valeurs marxistes et panafricanistes. Une économie étatisée se met en place, le sentiment national est exalté et la contre-révolution réprimée. À la mort de Touré en 1984, le colonel Lansana Conté fomente un coup d’État et prend le  pouvoir à Conakry. La fin du deuxième millénaire sera marqué par une instabilité politique et des multiples crises économiques et sociales.
À la mort du Président Conté, une junte militaire prend le pouvoir en décembre 2008, sous l’égide du capitaine Moussa Dadis Camara. S’autoproclamant président de la République de Guinée, il mène une politique brutale (notamment lorsqu’il réprima les opposants au pouvoir le 23 septembre 2009,  rassemblés dans le stade de Conakry, faisant 157 morts) qui est condamnée unanimement par la communauté internationale. Grâce à l’intervention du voisin burkinabé, la Guinée sort de la crise et des élections libres sont organisées en 2010.

Politique 

Sékou Touré, Président de 1958 à 1984

C’est là l’actualité brulante de la Guinée ! Les élections présidentielles ont lieu la semaine prochaine, dimanche 18 octobre, dans un contexte de tensions politiques croissantes. Depuis novembre 2010, l’État ouest-africain est dirigé par le président Alpha Condé, docteur en droit de l’université Paris 1 et aujourd’hui âgé de 82 ans. Après avoir battu son rival Cellou Dalein Diallo en 2010 puis en 2015, les deux hommes s’affronteront cette année pour un troisième match décisif.
La climat politique se tend depuis déjà plusieurs mois. L’âge avancé du chef d’État, ainsi que sa réforme constitutionnelle controversée prolongeant la durée du mandat présidentiel, nourrissent les crispations des opposants. Une partie de la population est descendue dans la rue pour s’opposer à la candidature d’Alpha Condé, mais a été brutalement réprimée par les forces de sécurité. Dans cette lignée, des violences pourraient éclater en marge des élections ou suivant la proclamation des résultats, ce qui inquiète les ONG de défense de Droits de l’Homme.
Ce scrutin est d’autant plus important au vu des défis cruciaux auquel la Guinée fait face. La valorisation des ressources minières, l’accès de la population aux services de base (éducation, emploi), la transition démographique ou encore le débat ethnique sont autant de sujets auxquels le prochain président devra s’atteler.

Économie

Surnommé le « château d’eau » de l’Afrique en raison des nombreux fleuves qui y trouvent leur source (le Niger par exemple), la Guinée à une richesse géologique considérable. La grande variété des sols et des climats permet d’avoir une agriculture riche. Le pays bénéficie de ressources minières exceptionnelles, ses sols abritant près du tiers des réserves mondiales de bauxite, utilisé pour fabriquer de l’aluminum. Malgré cet immense potentiel industriel, l’exploitation minière n’a jamais profité à la richesse national, que ce soit à l’époque colonial ou encore de nos jours. Les acteurs étrangers privés ont souvent coopter la production, laissant des miettes à l’État guinéen. En plus de cela, ces exploitations posent aujourd’hui un défi environnemental majeur : la pollution, les menaces sur la biodiversité et la déforestation continuent de croître.
Le système centralisé mise en place par Sékou Touré a crée une économie peu diversifiée et a accru l’endettement du pays. Les difficultés structurelles et les déboires récents (comme l’épidémie d’Ebola en 2014) ont rendu encore plus fragile l’économie nationale. La Guinée est aujourd’hui un des pays les moins développés du monde (175ème sur 189 pays au classement IDH) en proie à des défis considérables. Ainsi, l’essor économique est un enjeu majeur de la présidentiel de ce dimanche. Avec l’espoir de finalement faire sortir la Guinée de son statut de « pays-carrière », et faire en sorte que les mines génèrent davantage de ressources pour l’État.

Culture, cuisine et sports 

Le yétissé, ragout guinéen à base de poisson ou viande et de tubercules

Comme dans beaucoup de pays du continent africain (et du monde !), le sport national est le football. Les clubs nationaux (Hafia FC, le Horaya AC), principalement domiciliés à la capitale, ont un rayonnement continental en participant à la Ligue des champions d’Afrique. Les autres sports ont du mal à concurrencer le ballon rond, même si on peut observer, depuis quelques années, le développement des équipes de rugby et de basket.

Au niveau culinaire, la Guinée possède une gastronomie variée et savoureuse, alliant souvent du riz avec de la viande et des légumes (tubercule, manioc). Pour un voyage culinaire vers la Guinée à portée de métro, rendez-vous au 27 boulevard Saint Martin, dans le 3ème arrondissement de Paris, au Fouta Djallon (du nom du principal massif montagneux guinéen). Dans ce restaurant, typique des maquis, vous retrouverez les principaux plats du pays et plus globalement tous les mets d’Afrique de l’Ouest (poulet yassa, poulet mafé, bananes plantains). 

Romain Bouteille
Co-chef de la Rubrique International

La rédaction

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