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L’été en septembre

Bords de route animés, paysages ensoleillés, coureurs sillonnant l’Hexagone, traditionnel spectacle de juillet, quand vient l’été. Été “déplacé” pour cause de pandémie. Mais qui aura bien lieu : sous le soleil ou les trombes d’eau, les routes s’animent pour encourager les coureurs en quête de victoires et de sensations. Retour sur un Tour de France pas comme les autres. 

Un Tour masqué 

A conditions exceptionnelles, mesures de rigueur : masques le long des routes, zones de départ et d’arrivée réservées, contacts réduits, tout a été mis en place pour que le Tour ne s’arrête pas brutalement. Les conditions sont strictes : trois membres de l’équipe positif et c’est l’éviction. De quoi ajouter une variable au dénouement, heureusement sans conséquence : la bulle Tour de France a su conserver sa quasi perméabilité. 

Un protocole qui n’aura pas entaché la volonté des coureurs, dont les Français qui brillent en première semaine : victoire de Julian Alaphilippe lors de deuxième étape et maillot jaune à la clé qu’il perdera pour un bidon pris hors des kilomètres autorisés. Nans Peters lève lui aussi les bras à Loudenvielle. Benoît Cosnefroy lutte pour conserver son maillot à pois, point par point arrivant à le porter jusque dans les Alpes. Puis, la gloire quittera les coureurs français. A l’avant tout de même, Julian Alaphilippe, Pierre Rolland ou encore Guillaume Martin, en quête du Top 10 qui finira à sa porte (11ème). 

Un Tour de chutes 

L’enthousiasme des coureurs sera mis à rude épreuves dès l’entame de la compétition qui sur une route glissante les envoie sur le bitume. Sur une route glissante dans la région de Nice, les coureurs subissent et chutent. Thibaut Pinot fera partie des malchanceux traînant sa douleur au dos sans toutefois abandonné. Au courage, le Français décide de finir la Grande Boucle marqué par un contre-la-montre mémorial avec un passage dans son village. D’autres coureurs subiront les déboires de la route : Romain Bardet doit quitter la route après avoir subit une commotion alors qu’il avait repris la route. 

Chute aussi de la dominance de Peter Sagan, moins clinquant dans les sprints, moins dominateur et sans maillot vert sur les Champs Elysées tant les sprints furent disputés. La concurrence est là et c’est Sam Bennett qui se pare de la victoire sur la plus belle avenue du monde et du maillot vert. Dominance déchue également pour Ineos, dont le leader, Egan Bernal, vainqueur du Tour précédent sur décision des commissaires, s’est complètement éteint dès les premiers sommets. En reconquête, l’équipe aura pu compter sur Richard Carapaz à l’avant dans les Alpes. 

Un Tour de France qui aura donc vu les anciens leader passer à la trappe comme Nairo Quintana pour laisser place à la fougue et la jeunesse. Marc Hirschi, en exemple, à l’avant, vainqueur d’étape et coureur d’instinct. Ou encore Lennard Kämna et Søren Kragh Andersen, tous deux victorieux au panache. 

Un Tour aux consonances slovènes 

Autre jeune : Tadej Pogacar portant l’attaque dès les pentes pyrénnéennes. Et victorieux devant Primož Roglič, nouveau maillot jaune. Les deux Slovènes vont animer le Tour entre attaques et contre attaques. Le train de la Lotto Jumbo, équipe de Roglič, va mener la course. Roglič domine, Pogacar tente et s’empare du maillot blanc. Avant de glaner celui à pois de meilleur grimpeur. Deux nouvelles victoires viendront parachever le palmarès du Slovène de 21 ans : deux victoires au sommet dont celle à La Planche des Belles Filles sur le contre-la-contre, engloutissant tous ses adversaires. Coup double : victoire d’étape et maillot jaune à la clé. 

Les drapeaux slovènes commençaient à recouvrir les routes pour encourager les deux coureurs qui se sont imposés comme leader de ce Tour 2020, le mano a mono entre les deux coureurs aura marqué cette édition. Significatif aussi de l’éloge de la non nécessaire diposition d’une équipe pour gagner la Petite Reine. Sans coéquipier pour l’épauler, Tadej Pogacar a fait la part belle à son compatriote Primož Roglič. Il signe là une exceptionnelle performance que seul Eddy Merckx avait entamé : maillot blanc, maillot à pois et maillot jaune. De quoi voir triple le podium pour son premier Tour de France. Symbole aussi d’une jeunesse rayonnante. 

Alors que les routes du Tour de France peinaient à retrouver l’engouement de juillet, les étapes en Charente-Maritime puis en Auvergne et de montagne ont ravivé l’éternel spectacle de ceux venus acclamer les acteurs de l’été. Une magie du tour de France qui n’est pas prête de s’éteindre avec l’arrivée de jeunes coureurs qui allient panache et victoire créant l’inattendu de la Grande Boucle. 

MILLET Stéphanie

Crédit photo : https://sport.francetvinfo.fr/tour-de-france/cyclisme-pogacar-itineraire-dun-prodige-presse

Stéphanie Millet

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