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Forcer sa cinéphilie

Le 7e art est rempli de chef d’œuvres reconnus et acclamés, ayant remporté au fil des années le titre de « classique ». Ne pas en connaître beaucoup peut s’avérer problématique lorsque l’on parle cinéma à un dîner de famille ou en soirée avec des amis… une remarque désobligeante sur votre faible culture cinématographique s’ensuivant quelque fois lorsque vous dites que nous n’avez pas vu le film dont tout le monde parle depuis 5 minutes… Pour enfin pouvoir ajouter son argument au débat, il est parfois nécessaire de se faire violence : retour sur un mois chargé en heures de visionnage.

Faire partie d’une rubrique cinéma lorsque vos références en la matière sont les films du MCU, vous en conviendrez, c’est assez cocasse. Le fait que Pulp Fiction et le Parrain ne soient que des noms noyés dans une multitude de films primés et reconnus, et que vous n’ayez jamais pour autant daigné y jeter un œil, ça par contre… ça en devient réellement gênant. Vous l’avez bien compris, je suis bien loin d’être ce que l’on appelle de façon un peu élitiste et pompeuse un « cinéphile », et cet article ne parlera pas de la filmographie de Truffaut ou du cinéma américain des années 60. Pour combler le gouffre qu’était ma culture cinématographique, je me suis imposé durant le mois d’août le visionnage de plusieurs films cultes par semaine, presque comme une corvée, parce que je savais au fond de moi que je passais à côté d’œuvres dont la résonance était telle que cela me porterait préjudice de les ignorer. Voici donc la sélection de classiques que vous avez sûrement vus bien plus de fois que moi, et qui ont mis fin à mon aversion pour le cinéma.

Gladiator (2000) de Ridley Scott

Je préfère faire taire dès maintenant l’envie irrépressible que j’avais de parler de Gladiator en commençant  directement par ce dernier. Plus qu’un film oscarisé : mon film préféré. Bras dessus bras dessous avec Forest Gump en haut du podium, ce film saura toucher le passionné d’histoire qui est en vous (du moins, si vous n’avez rien contre le révisionnisme historique). La dimension épique insufflée par la mise en scène de Ridley Scott est décuplée par les compositions d’Hans Zimmer, qui sont les rares que je m’empresse d’aller réécouter tant de simples notes, sonnant au timing parfait, savent déclencher le frisson que l’on cherche tous en regardant un film de cette envergure. Entre les différents échos au sein du film et la philosophie stoïcienne développée tout au long du film, Gladiator ne s’est pas uniquement contenté de me divertir, pour reprendre la célèbre réplique de Maximus. Chef d’œuvre qu’il m’aura fallu 20 ans pour découvrir et apprécier, la fin de ce film m’a clairement fait prendre conscience qu’il me restait encore d’innombrables réalisations à découvrir et que ne pas leur accorder leur chance serait un immense gâchis.

Interstellar (2013) de Christopher Nolan

S’il y a bien un réalisateur dont je connais bien la filmographie après ce mois d’août, c’est bien celle de Nolan. Réalisateur au style controversé mais indéniablement reconnu pour ses talents de réalisation, Interstellar est un film pilier dans la carrière de l’auteur. Adepte de films à concepts et de science-fiction, Nolan nous dépeint un futur proche, trop proche peut-être car cruellement dystopique. L’Humanité est condamnée à mourir à petit feu, et seul l’espace semble encore se montrer accueillant à son égard. Avec un style ultra-réaliste caractéristique de Nolan, l’espace n’a jamais été aussi bluffant. Pour aller au bout de ses idées, le réalisateur britannique n’a pas hésité à collaborer avec un physicien de renom pour s’assurer de la concordance des visuels d’Interstellar et de l’image que se faisait le corps scientifique de l’espace, et notamment des trous noirs. Mais ce n’est pas l’image qui m’a le plus marquée durant mon visionnage, car dire que les films de Nolan ont une mise en scène ou une composition d’image sublime est presque un pléonasme. Non, ce qui m’a réellement surpris c’est le traitement des personnages, souvent délaissé par Nolan qui préfère mettre en scène des personnages qui ne représentent rien de plus que leur fonction (Dunkerque le montre très bien par exemple). Ici, nous avons de réels humains, pour qui on éprouve de l’empathie. Et pour couronner tout ça, Hans Zimmer (encore lui), vient ajouter son grain de sel pour relever les émotions, mettre en évidence le sublime d’une scène, ou son gigantisme.

Fight Club (1999) de David Fincher

On m’a longtemps vendu ce film comme un effet de mode, un film qui n’a eu du succès que grâce à un effet générationnel. Dire que Fight Club est un chef d’œuvre est discutable, mais avouer que c’est un excellent film… je trouverais cela injuste de le lui retirer. Défendre ce point de vue est difficile sans spoiler l’entièreté du film car un twist scénaristique révélé uniquement à la fin vient changer et expliquer la réelle intrigue du film. Est-ce que je viens de façon totalement éhontée d’expliquer le principe d’un twist à des férus de cinéma ? Peut-être. Passons, Fight Club est le genre de film que l’on a envie de revoir immédiatement après, car on se dit que l’on s’est joué de nous tout le long et que l’on n’a pas été assez attentifs aux indices disséminés ici et là par son auteur. C’est le second film de David Fincher que j’ai vu de ma vie après The Social Network, et il en va sans dire que les deux films n’ont rien à voir. Si j’arrive à dénicher des motifs récurrents pour Nolan, les deux films de Fincher auraient pu être réalisés par deux personnes totalement différentes que cela n’aurait rien changé pour moi tant ils sont différents. Cela est peut-être dû au fait que je compare un thriller à un biopic, ou alors au fait que 11 années séparent la parution de ces deux films. Plus vraisemblablement, cela doit être mon regard critique et mon analyse filmique qui restent encore à aiguiser !… 

Bruno Esteban Garay

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