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SPORT ET COVID – L’impact de la pandémie sur le rugby

Stoppé net par la pandémie, le monde du rugby reprend petit à petit le chemin des terrains. La fin imprévue de la saison aura marqué les débats entre présidents de club, mais aura également fait contenir l’esprit rugby au delà de la simple barrière du stade : la solidarité en maître mot. 

Une fin de saison compliquée 

Alors que l’Union Bordeaux-Bègles était en pole position pour espérer remporter son premier Brennus, le championnat a été arrêté brutalement laissant les joueurs dans l’incertitude d’un potentiel titre. Au lendemain du 16 mars, la gestion de la situation a été complexe. Difficile de trouver consensus entre les présidents souhaitant mettre fin au championnat définitivement pour des raisons sanitaires et ceux évoquant une reprise même à huis clos. Objectif ? Accrocher les places qualificatives pour l’Europe. Le débat s’est également positionné sur l’attribution du Brennus qui, de part les phases finales, ne pouvait être réellement attribué au premier. Etre leader, ce n’est pas être champion. Les réunions entre dirigeants et instances se sont donc multipliées jusqu’à l’annonce du Premier Ministre mettant fin à toute les illusions : fin du championnat sans décerner de titres. Il est l’heure de penser aux relégations et aux niveaux amateurs : ni montée ni descente en professionnel. En revanche, le confinement aura permit d’instaurer un nouveau niveau, pallier entre l’amateur et le professionnel, le National. Absurdité ou non, la coupe d’Europe est quant à elle reportée en septembre. Les clubs encore engagés joueront donc leur quart de finale avec un nouvel effectif. 

La solidarité des rugbymen  

Durant le confinement, les joueurs n’ont pas manqué de montrer leur solidarité. A titre d’exemple, la cagnotte lancée par Jean-Charles Orioli au profit de l’hôpital de La Rochelle. Attrayant par les gains mis en jeu par certains joueurs, le principe a été repris par plusieurs clubs dont les dons ont été reversés aux hôpitaux. Ou encore la mobilisation des joueurs du Stade Français et de la Section Paloise, par exemple, auprès d’associations. Les supporters ont également pu suivre les joueurs dans leur quotidien avec des stories relayées par les clubs. Ces derniers ont d’ailleurs mis à disposition replay, programme sportif, coloriages et jeux, de quoi faire patienter petits et grands. Les joueurs partants, dont les retraités, qui n’ont pu raccrocher les crampons devant leur public malgré leur magnifique carrière ont également été célébrés. 

L’avenir flou 

Cette période n’est toutefois pas sans conséquences pour le rugby français. Les pertes sont estimées entre 300 000 et 700 000 euros par match non joué. Au vue de la situation financière dans laquelle se retrouvent les clubs, il est possible d’envisager un net déficit. Le soutien des supporters et des partenaires est ainsi essentiel. Alors que la reprise est programmée et que les joueurs ont repris l’entraînement, le retour des supporters n’est pas encore prévu. Paradoxe ? Les clubs ont besoin d’eux. Or, les instances souhaitent reprendre même à huis clos. Les droits télé, plus conséquents, constitueraient alors un autre enjeu. Le stade serait ainsi vide, les caisses des clubs au même stade, tandis que le diffuseur remplirait les siennes. Certes, les redevances auront lieu, mais la part qui s’établit bien au delà des quatre-vingt minutes ne sera pas comblée (boutique, buvette). Face à cette situation inédite, certains clubs ont pris les devants. A la Rochelle, les abonnements sont disponibles sur plusieurs années, gage d’un fonds de roulement pour le club. A Toulouse, le club a lancé son mur de soutien, l’opportunité d’apposer son nom devant le stade tout en aidant celui considéré comme membre de la famille. 

La pandémie a eu de lourds impacts sur le monde du rugby. Des séquelles, il en restera peut-être, des gestes de solidarité, certainement. Il ne faut pas oublier qu’au demeurant incertain, le sport a subi de plein fouet une période inédite. Les règles incongrues de World Rugby redonneront peut-être le sourire à certains, en attendant patiemment de retrouver le chemin des terrains. 

MILLET Stéphanie

Source image : https://sport.francetvinfo.fr/rugby/world-rugby-envisage-une-reprise-avec-des-contacts-reduits 

Stéphanie Millet

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