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Carte postale : cap sur l’Espagne (partie 2/4)

Marisol nous offre des cartes postales de son voyage en Espagne. Voici la seconde. Attention départ imminent !

17 avril 2020: Gijón ne nous a pas encore livré tous ses secrets: à la découverte de l’université laborale! (recuerdos del 24 de octubre de 2019)

L’université laborale de Gijón se situe sur la commune de Gijón (comme son nom l’indique), et plus particulièrement dans le quartier de Cabueñes. Sur la carte, c’est ce qui est entouré en rouge. Nous pouvons effectivement constater qu’elle n’est pas dans le centre urbain mais un peu à l’écart (un peu plus de trois kilomètres). POur s’y rendre depuis la gare, il faut prendre le bus 1 direction “hospital de Cabueñes” et descendre à l’arrêt “Laboral”. J’espère que cette information te sera utile lors de ton prochain voyage en terre asturienne. Sa construction s’échelonne sur dix ans, de 1946 à 1956 (en pleine période franquiste donc, ce qui n’est pas sans conséquences!)

Voici une vue générale de l’université laborale. Son architecture détonne au milieu de la banlieue Gijonaise. Au niveau architectural, elle est sans conteste très impressionnante. Néanmoins, elle est considérée parfois comme une “imposante forteresse franquiste”, ce qui l’empêche pour l’instant d’être inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. Pour le moment, elle est déclarée comme “bien d’intérêt culturel”. L’article wikipédia de l’université  ne tarit pas d’éloges à son égard, et ne mentionne jamais les polémiques liées au fait qu’elle fut construite dans un contexte politique plus que douteux. C’est l’oeuvre architecturale la plus importante réalisée au XXème siècle en Asturies, et selon les guides de la visite, l’édifice le plus grand d’Espagne, avec ses 270 000 m² (4X plus grand que l’Escorial, le cimetière de la famille royale).

Un peu d’histoire

Dans les années 40, un grave accident dans une mine se produit, avec comme terrible conséquence de laisser de nombreux orphelins. Le ministre du travail, Carlos Pinilla Turino (qui s’est rendu aux funérailles des victimes), avec plusieurs chefs de file de l’industrie minière, prend la décision d’ouvrir un orphelinat pour les enfants de mineurs. L’objectif était de former les enfants orphelins de pères victimes d’accidents de travail à la mine. Ainsi, le projet était de pouvoir accueillir un millier d’élèves, dans un bâtiment disposant également de différentes dépendances “requises pour le développement de la vie étudiante, comme des résidences, écoles, ateliers industriels, restaurants, installations sportives et potagers”.

Ce projet tout à fait louable fit plus tard polémique: en effet, il convient de mentionner que ce ministre du travail, d’extrême droite, était aussi membre de la phalange espagnole de las JONS (doctrine politique d’inspiration fasciste). La polémique (latente depuis de nombreuses années) survint lorsque fut posée la question de sa candidature à l’UNESCO: un monument franquiste peut-il être inscrit au patrimoine de l’humanité? (et surtout un emblème du franquisme en son temps!). Enfin,  une partie de l’opinion publique et différents partis asturiens défendent l’idée que le projet de construire cet orphelinat naquit bien plus tôt, durant la II République, pour les enfants de mineurs décédés dans des accidents. Les franquistes étant arrivés au pouvoir avant que le projet soit mis à exécution, ils auraient profité de l’accident des années 40 pour le réaliser. Bref, un sacré lío!

Ses qualités architecturales sont indiscutables néanmoins, avec un style néo-classique (en gros ils ont voulu reproduire le parthénon version modernisée).

La direction de l’établissement et l’enseignement furent tout d’abord octroyés à la Compagnie de Jésus (Jésuites), tandis que l’intendance fut confiée aux Clarisses. En 1978, l’enseignement fut confié à des professeurs laïcs, et en 1996, les religieuses changèrent de couvent. Fut un temps, c’était l’institut d’enseignement secondaire (IES=collège+lycée) le plus grand d’Espagne, ayant une capacité d’accueil de 3000 élèves. Durant les années 80, le bâtiment est en partie abandonné, et se détériore jusqu’à ce que la principauté décide de se pencher sur la question: sa réhabilitation eut lieu de 2001 à 2007: aujourd’hui diverses institutions y ont leurs locaux, comme le Centre d’Art et de Création Industrielle, la faculté de commerce, de tourisme et de sciences sociales (de l’université d’Oviedo), l’école supérieure d’arts dramatiques, et le conservatoire professionnel de musique. Une partie des dépendances de l’édifice est également en cours de réhabilitation pour y faire des logements sociaux.

Marisol Roullier

La rédaction

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