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Lettre à Dave Filoni, « The Clone Wars a sauvé Star Wars » (1 / 4)

C’est dans des lettre adressées à leurs réalisateurs que Tom revient sur les quatre séries qui ont fait son confinement. Pour commencer : Star Wars, The Clone Wars, la série d’animation réalisée par Dave Filoni.

Star Wars : The Clone Wars Spot TV des épisodes 9 à 12 de la saison 7. Ils dévoilent des images de l’ultime arc « Le Siège de Mandalore« .

Cher Dave Filoni,

Merci. Difficile de commencer cette lettre autrement. Vous avez assuré la réalisation de Star Wars : The Clone Wars et Star Wars Rebels (ne mentionnons pas Star Wars Résistance car je préfère faire l’éloge de votre travail). Dans ces temps difficile où Disney possède tout ce que nous aimons et chérissons, l’avenir de la pop culture peut parfois sembler sombre et sans espoir, comme après le visionnage de Star Wars : Rise of Skywalker. Pourtant, vous êtes là. Et ça a son importance.

Star Wars, une histoire depuis l’enfance.

2005. A l’époque, je ne savais ni lire, ni écrire (ou très peu) et pourtant j’avais déjà visionné 5 films Star Wars. J’entrais dans une salle de cinéma entouré d’une centaine d’autres personnes impatientes de découvrir ce qui était, à l’époque, la seule et unique conclusion de la saga : Star Wars : La Revanche des Siths. Entouré de mon père, un inconditionnel de la saga, et de ma mère, qui espérait ne pas s’endormir, nous avons été accueillis par un responsable de la salle de projection muni d’un sabre laser. Il s’est contenté de nous dire : “Que la force soit avec vous” et toute la salle a applaudit.

Puis le film a débuté. Je n’ai pas tout compris à l’époque, mais il semblait évident qu’Anakin allait devenir méchant et que Padmé ne ferait pas long feu. Ma mère m’a ordonné de fermer les yeux quand Anakin a commencé à prendre feu. Et en sortant de la salle, je ne réalisais pas encore que je venais de voir la conclusion d’une trilogie de space-opéra épique.

2008. Retour dans la salle de projection, avec mon grand-père cette fois qui voulait juste me faire plaisir. Tout ce qu’il savait de Star Wars, c’est qu’il s’agissait de vaisseaux spatiaux. Il était plutôt fan de Roland Garros. Il a donc pris sur lui. De mon côté, je jubilais de retrouver ces héros que je connaissais déjà par cœur : Obi-Wan Kenobi, Maître Yoda et  … Ahsoka Tano ? Bon, elle avait l’air sympathique, donc je lui ai laissé sa chance.

Anakin Skywalker et son ancienne padawan Ahsoka Tano dans la saison 7 de
Star Wars : The Clone Wars.

Et puis le film de 2008 s’est décliné en la série télévisée Star Wars : The Clone Wars. Une série qui devait défier toutes les lois de l’époque : un univers entier en 3D, des épisodes coûtant chacun près d’un millions de dollars de production, un casting de voix exceptionnelles (Matt Lanter, Ashley Eckstein, Dee Bradley Baker). Je me suis procuré tous les épisodes en DVD. Chose qui ressemble presque à une relique de l’ancien temps aujourd’hui, à une époque où on ne parle plus que de streaming et de plateformes VOD.

Puis vint 2013 : l’adolescence. Harry Potter était fini depuis longtemps, et le prochain Star Wars se résumait encore à quelques mots sur une page blanche. Clone Wars était devenue lassante. Peut être ai-je été ingrat ce jour-là, envers une série qui m’avait fait grandir, mûrir et profiter d’incroyables scènes de combats spatiaux. Pourtant, je dois l’avouer, j’avais fini par m’en fiche un peu de Star Wars à l’époque. Donc je n’étais pas vraiment déçu quand la série Clone Wars a été annulée, j’étais juste indifférent.

Star Wars Rebels a ravivé la flamme

Jusqu’à Star Wars Rebels. Je n’ai pas tout de suite accroché. Il a fallu que j’entende les échos des fans, ceux qui disaient que c’était une “série pour enfant toute pourrie” (“crapy kid show”) et les autres, qui n’avaient que deux noms à la bouche : Dark Vador et Ahsoka Tano.

Pour ceux qui ne sont pas très au fait de la continuité Star Wars, je vais résumer brièvement. Dans Star Wars : The Clone Wars, Ahsoka Tano est l’apprentie du chevalier Jedi Anakin Skywalker. Ce dernier se retourne contre ses paires, les massacres et devient Dark Vador, un serviteur du côté obscur de la Force. La série Clone Wars ayant été annulée, on ignorait comme Ahsoka Tano avait survécu à ce génocide, ni même s’il savait ce qu’était devenu son ancien maître.

Ahsoka Tano a une vision de Dark Vador dans la saison 2 de Star Wars Rebels.

La série Star Wars Rebels se déroule, une vingtaine d’années plus tard, et la confrontation entre ces deux personnages semble inévitable. Pour les fans de la première heure comme moi, nous traînions déjà un lourd bagage émotionnel de plusieurs années lorsque l’affrontement tant attendu est arrivé. Et Star Wars, ce jour-là, en a fait pleuré plus d’un.

Et puis la série Star Wars Rebels s’est conclue en 2018. C’est cette année là que vous avez choisi d’annoncer le retour de Star Wars The Clone Wars. Une ultime saison pour conclure la série et dévoiler des zones d’ombres qui n’avaient jusqu’alors été justifiées que par des brèves lignes de dialogues dans la série sequel, Star Wars Rebels.

Le chef d’oeuvre du Siège de Mandalore

C’est là que j’ai pu constater l’entièreté de votre génie créatif. L’ultime saison de Star Wars The Clone Wars ne se repose pas sur une histoire dont on ignore le dénouement. Nous savons déjà ce qui va se passer (la trahison des clones, la chute de la République et la naissance de Dark Vador). Nous savons déjà tout du destin des protagonistes. Les seuls parts de mystères subsistent dans les petits détails des événements.

Pourtant, l’implication émotionnelle dans les quatre derniers épisode de la série n’a jamais été aussi grande. On est face à un bijou de l’animation, aux dialogues subtiles, qui ne cherche pas en permanence à nous surprendre (comme le faisait un certain Rian Johnson).

Les Clones Troopers de la 501ème avant le début du siège de la planète Mandalore dans la saison 7 de Star Wars : The Clone Wars.

C’est un mélange de séquences d’action grandioses et de terribles dilemmes moraux, le tout, sur les meilleurs thèmes musicaux de l’univers Star Wars. L’arc final de la série, le fameux Siège de Mandalore, est non seulement une histoire palpitante pour le grand public, mais elle est aussi jubilatoire pour les inconditionnels de la saga qui reconnaîtront les petits clins d’oeils et allusions disséminés au fil des épisodes.

Le plus étant que ces derniers épisodes se déroulent en parallèle des événements de l’épisode III de la saga, la Revanche des Siths, nous faisait presque découvrir des scènes bonus d’un film que je visionnais pour la première en 2005, quand je n’étais encore qu’un petit garçon fan de sabres lasers.

Merci, Dave Filoni, d’arriver enfin à concilier la juste dose de nostalgie avec une bonne histoire créative. Une recette à laquelle les restes de productions Disney semblent échouer depuis plusieurs années. Peut-être êtes-vous bien, finalement, l’héritier légitime de George Lucas et de son oeuvre. Peut-être êtes-vous bien le nouvel espoir dont notre galaxie a besoin.

Que la Force soit avec vous,

Tom Malki

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