On’

COVID 19 – une vision simplifiée (1/4)

Aujourd’hui, cap sur le coronavirus ! Un étudiant en médecine et en première ligne de la crise sanitaire nous explique comment fonctionne le Covid.

Partie 1 : Virologie, taxonomie et physiopathologie

Le COVID-19 ou Coronavirus, est un virus de tropisme principalement pulmonaire qui a bouleversé le monde entier par son caractère mortel, virulent et sa contagiosité inédite. Initialement découvert dans la région de Wuhan en Chine avec quelques cas locaux, en quelques mois, ce virus s’est répandu sur tout le globe avec une vitesse de transmission extraordinaire. Le bilan à ce jour est estimé à 3.000.000 cas et 200.000 décès dans monde entier dont 160.000 cas et 22.000 décès en France (https://www.worldometers.info/coronavirus/#countries). Dans cette première partie, nous allons aborder de manière simpliste la taxonomie et la physiopathologie de cette nouvelle infection virale.

Structure, origine et classification du Coronavirus

Le Coronavirus est un virus enveloppé, d’ARN simple brin qui mesure environ 80-220 nm. Ce virus porte le nom « Corona », couronne en latin, en raison de la présence des pics sur la particule virale qui lui donne la forme d’une couronne au microscope électronique. D’un point de vue clinique et physiopathologique, le Coronavirus porte un autre nom : SARS-COV-2 (severe acute respiratory syndrome- Coronavirus-2), pour se distinguer du SARS-COV qui est responsable de la pandémie de SARS en 2003.

Les techniques de séquençage génomique ont permis de classer le Coronavirus dans l’ordre des Nidoviridae, du subordre des Cornidoviridae et la famille des Coronaviridae, elle-même divisée en deux groupes, Alphaletovirineae et Orthovirineae dont fait partie le SARS-COV-2. Plus précisément, les  Orthovirineae sont divisés en quatres sous-groupes : Alphacoronavirus, Betacoronavirus qui infectent les animaux et Gammacoronavirus, Deltacoronavirus qui infectent les espèces aviaires. Le SARS-COV-2 se retrouve parmi les Betacoronavirus, avec le SARS-COV et le MERS-COV (responsable de la pandémie du MERS – Middle Est Respiratory Syndrome).

Physiopathologie, mode de transmission

Le Coronavirus se transmet d’une personne infectée à une personne non infectée par transmission directe ou indirecte. Le virus est transmis par mode direct quand une personne infectée tousse ou éternue et émet des gouttelettes contenant des particules virales qui vont rentrer dans les voies aériennes supérieures, ensuite dans les poumons de la personne saine. Le mode de transmission indirect, au contraire, se fait quand une personne saine touche un objet ou une surface infecté et ensuite touche son visage. Le Coronavirus peut persister pendant 2-9 jours en température ambiante. Alors qu’une température élevée (>30°C) peut réduire la persistance du virus dans l’environnement, une température en dessous de 4°C peut l’augmenter jusqu’à 28 jours. La transmission verticale in utero ou via l’allaitement reste inconnue.

Les sources d’infection sont les personnes ayant une infection au Coronavirus, guéries ou symptomatiquement actives et les porteurs sains (porteurs non symptomatiques). Les personnes à risques sont celles ayant des comorbidités, notamment des pathologies cardiovasculaires, personnes immunodéprimées (sujets diabétiques, traitement par anti-inflammatoires non stéroïdiens, corticoïdes ou immunodépresseurs,). La corrélation entre le tabac et le risque d’infection au Coronavirus reste à démontrer.

Une fois rentré dans les voies aériennes supérieures et dans les poumons, le virus se lie à l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2, une protéine exprimée sur la surface des cellules pulmonaires, cardiaques, rénales et intestinales, impliquée dans la régulation de la pression artérielle. Ceci explique une forte prévalence des infections à SARS-COV-2 chez les personnes ayant des pathologies cardiovasculaires sous-jacentes. Le SARS-COV-2 donne des atteintes principalement pulmonaires mais peut également toucher d’autres organes. La réplication virale intense au sein des cellules pulmonaires conduit à une réaction inflammatoire- mécanisme de défense de notre corps- qui conduit, elle-même à des lésions organiques du poumon (œdèmes pulmonaires lésionnels). Ces œdèmes lésionnels conduisent à une détresse respiratoire – SDRA (syndrome de détresse respiratoire aiguë) qui se manifeste par une difficulté respiratoire, principale raison pour laquelle les patients grièvement atteints par le SARS-COV-2 nécessite une ventilation mécanique invasive par intubation oro-trachéale en réanimation.

Dans la partie suivante, nous aborderons la symptomatologie et les approches diagnostiques du COVID-19.

Références :

  • 1. Virology, Epidemiology, Pathogenesis and Control of COVID-19 Yuefei Jin, Haiyan Yant, Wangquan Ji, Weidong Wu, Shuaiyin Chen, Weiguo Zhang, Guangcai Duan.  Viruses 27 March 2020
  • 2. The COVID-19 Pandemic : A compressive reviex of Taxonomy, Genetics, Epidemiology, Diagnosis, Treatment and Control. Yorsa A.Helmy, Mohamed Fawzy, Ahmed Elaswad, Ahmed Sobieh, Scott P. Kenney and Awad A. Shehta, Journal of Clinical Medicine, 27 April 2020.

Trung Vu

La rédaction

Ajouter un commentaire

Instagram On’ Media

Instagram has returned invalid data.
Logo On'

Instagram On’ Media

Instagram has returned invalid data.