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Prix littéraire On’ : et les gagnant.e.s sont…

Après des mois de lecture, d’échanges, de critiques, de coups de coeur parfois, les jurés du Prix littéraire On’ ont choisi parmi les 13 ouvrages en compétition ceux qui, selon eux, méritaient de remporter le prix. On’ vous dit (enfin) qui sont les trois lauréats de cette première édition…

C’était il y a un an. L’idée commençait à germer dans nos têtes. Devant la quantité de prix littéraires attribués par divers médias et institutions, nous nous sommes dit : pourquoi pas nous ? 

Face à ceux qui, dans le confort de leur nostalgie, chérissent l’idée que les jeunes ne lisent plus, que les réseaux sociaux, jeux vidéos et autres prennent toujours le dessus sur le plaisir de la lecture, nous voulions montrer que tout le monde peut s’emparer de la littérature. Qu’elle n’est pas réservée à une élite grisonnante, mais parle aussi à une jeunesse toujours en quête de culture. 

Les 13 ouvrages retenus ont fait l’objet de lectures attentives, d’analyses personnelles, de désaccords parfois, de débats, toujours. Ils ont su, chacun à leur manière, attirer l’attention des rédacteurs-jurés. Ils ont tous fait l’objet de critiques et nous aurions aimé en parler de vive voix dans une série de podcasts que le contexte actuel ne nous a pas permis d’enregistrer. Malgré des résultats serrés, trois d’entre eux sont parvenus à se détacher, et nous sommes heureux de vous les révéler aujourd’hui.

Un grand merci aux maisons d’édition qui nous ont fait confiance pour cette première édition, qui ont joué le jeu en nous faisant parvenir leurs ouvrages : Lamartinière, Flammarion, Les Escales, Les Equateurs, Julliard, Actes Sud, Plon, 10/18, Casterman et Dargaud. 

Merci également à tous ceux au sein de On’ et en dehors qui ont cru en ce projet : vos encouragements et votre implication ont eu raison de certains doutes au niveau de l’organisation.

Enfin, un immense merci aux jurés de ce prix : sans vous, rien n’aurait été possible.

C’est avec un peu d’émotion mais aussi beaucoup de joie que nous vous révélons, en attendant de pouvoir fêter ça, les gagnants de cette première édition du prix littéraire On’. 

Elisa Fernandez

Catégorie Romans : Rhapsodie des oubliés, de Sofia Aouine

C’est Sofia Aouine qui remporte le prix dans la catégorie Romans pour Rhapsodie des oubliés, publié aux éditions de Lamartinière. L’épopée urbaine d’Abad dans le quartier de la Goutte d’Or a touché les jurés qui lui ont attribué la première place dans sa catégorie. 

Critique à retrouver ici : https://on-media.fr/2020/04/06/prix-litteraire-on-rhapsodie-des-oublies-de-sofia-aouine-romans-5/

“Notre journal estudiantin On’ a mis en place le prix littéraire On’, en partenariat avec des maisons d’éditions afin de faire découvrir des oeuvres à notre lectorat, en toute simplicité. Nous avons donc fait le choix de diviser les 13 oeuvres au total en 3 catégories en classant les oeuvres par préférence, et en croisant les points de vue des jurés désignés dans chaque catégorie, dans le but d’élire les lauréats. 

J’ai beaucoup apprécié cette expérience où j’ai pu découvrir des ouvrages variés et de qualité, puis faire converger mes avis sur les oeuvres de la catégorie dans laquelle j’étais jurée, avec les autres membres du jury. Par la confrontation de nos points de vue, j’ai l’impression que ma critique s’est affinée. Aussi, la possibilité d’avoir d’autres lectures d’une même oeuvre est tout à fait intéressante.”

Jeanne Aulanier, jurée.

Catégorie Documents : La Maison, d’Emma Becker

C’est Emma Becker qui remporte le prix dans la catégorie Romans avec La Maison, publié aux éditions Flammarion. Sa plume, son récit immersif et son regard tendre sur les conditions de travail des prostituées allemandes a su convaincre les jurées.

Critique à retrouver ici : https://on-media.fr/2020/03/02/prix-litteraire-on-la-maison-demma-becker-documents-1/

“Allier mes deux passions, la littérature et le journalisme, c’est ce que le Prix littéraire de On’ m’a permis. Quant à la diversité des lectures sélectionnées, d’un essai sur la fraternité à des lectures féministes assumées, c’est un véritable voyage émotionnel et philosophique qui nous a été proposé. Mais les quatre ouvrages sélectionnés dans la catégorie Documents m’ont surtout obligé à élargir mon champs de lecture. C’est ainsi que, armée de curiosité, je me suis retrouvée le nez plongé dans une bibliographie de Brigitte Bardot. 

Et que dire du grand gagnant de cette catégorie ? Un essai qui m’a chamboulé (je suis littéralement tombée amoureuse de la plume d’Emma Becker). Un prix amplement mérité, un ouvrage que je recommanderai sans hésiter, quitte à hurler dans la rue à qui veut entendre : « Lisez La Maison ! »”

Caroline Protat, jurée.

“Participer à un prix littéraire est toujours une chance pour l’étudiante en lettres que je suis. Étudier des écrivains, pour ensuite rédiger un mémoire laisse peu de place à l’appréciation personnelle. Même si on se doute que les œuvres choisies occupent une place spéciale dans le cœur d’un étudiant, nulle part il n’est possible de glisser dans ses écrits universitaires un petit commentaire expliquant ce qui rend les œuvres si exceptionnelles. Derrière les œuvres canoniques d’un corpus se cachent des visages d’auteurs un peu asséchés par les biographies académiques que l’on a dû se farcir. Les ouvrages du prix ont tous su me toucher, alors même que j’avais choisi, à dessein, la catégorie en apparence la plus aseptisée : essais et documents. Seulement, tous les livres proposés ont suscité chez moi une forte impression : le défi alors était d’y mettre des mots, pour tenter de la partager. 

La Maison nous a, à toutes, fait grand effet, alliant récits de vie et témoignage marquant d’une vie peu médiatisée, trop souvent condamnée. Le point de vue d’Emma Becker est ce qui fait à mes yeux, la force de l’ouvrage qui se défend de toute forme de pathétisme. Même si Les Sœurs Brontë : la force d’exister a su conquérir mon cœur, du fait de l’attachement très particulier qui me lie à Jane Eyre, le prix On’ révèle un commun accord des membres du jury, qui n’ont reculé devant rien pour défendre leur ouvrage préféré. J’espère que le projet sera reconduit car il a été pour moi une occasion inédite de tenter de formuler une émotion esthétique, née de ces belles lectures.”

Victoria Yanès, jurée.

“C’est la première fois que je participais à un tel jury. En tant que grande lectrice, j’ai adoré la proposition de devoir lire des ouvrages dont je n’avais pas entendu parler ! J’ai été agréablement surprise du choix et des découvertes. Le prix On’ a été la possibilité d’échanger en groupe notre avis sur les œuvres, et d’exercer notre esprit critique. Non sans incompréhension quand le livre avait plu à certaines et pas à d’autres ! 

J’ai beaucoup apprécié me plonger dans l’essai d’Edgar Morin, un petit livre sur la fraternité qui apporte une réflexion sur ce qui nous unit et fait qu’une société érige la fraternité comme valeur essentielle.

Le gagnant du Prix On’ dans la catégorie Documents se distingue des autres : déjà sur le propos, non évident (parler des prostituées). Un livre qui m’a attirée mais que je n’aurais pas lu sans le prix On’. Il faut se jeter à l’eau et on est ravi par l’écriture sublime d’Emma Becker. On s’infiltre dans les maisons closes pour essayer d’en recueillir les paroles de femmes que l’on n’a pas l’habitude de côtoyer. Juste pour cela, le prix littéraire On’ m’a permis de m’ouvrir à une nouvelle écriture, forte, féministe et poignante sur le destin de ces femmes que la société préfère cacher.

Avec Caroline, on s’est même disputées pour savoir qui épouserait Emma Becker à la fin du prix ! Pour vous dire combien on a aimé le livre…”

Anaïs Martinez, jurée. 

Catégorie Bandes Dessinées : Les crocodiles sont toujours là, de Juliette Boutant et Thomas Mathieu

C’est l’ouvrage de Juliette Boutant et Thomas Mathieu qui a le plus convaincu les jurées de la catégorie BD. Par son propos fort et la réflexion qu’il propose, Les crocodiles sont toujours là a su se hisser à la première place du classement dans sa catégorie. 

Critique à retrouver ici : https://on-media.fr/2020/03/30/prix-litteraire-on-les-crocodiles-sont-toujours-la-de-thomas-mathieu-et-juliette-boutant-une-bd-dutilite-publique-bd-4/

“Après avoir partagé avec joie mon expérience de lecture des 4 BD en lice à l’occasion du Prix Littéraire On’, petit retour sur le sentiment global que m’a inspiré ce concours, maintenant que nous avons un grand gagnant. 

Énorme adepte du Chat du Rabbin de Sfar et du Chat de Geluck, il fallut m’ouvrir à une flopée d’autres univers, loin de ces deux symboles félins de la critique avisée. Quatre illustrateurs et autant de visions différentes du dessin et de la narration nous ont été offerts par Elisa, organisatrice géniale de cette compet’ : la sélection était décidément riche en découvertes. Parmi elles, Soon, d’Adam et Cadène, qui m’a parue, en comparaison de mes BD favorites, moyenne, voire inaboutie, difficile à comprendre et légèrement brouillonne. Toutefois, d’autres univers m’ont sensibilisée à un sens du récit original, plus implicite. C’est le cas de Tom Thomson de Revel, et de Solo par Rochier. Leurs douceurs et leurs approches plus silencieuses de l’illustration m’ont semblée d’un niveau de qualité similaire, bien que, ni le sujet, ni le coup de crayon, ne soient comparables. Elles ont eu le mérite de me faire voyager. 

Finalement, c’est par Les Crocodiles de Mathieu et Boutant que j’ai définitivement été happée. Leur radicalité a eu raison de ma mono-fanitude. Le sexisme ordinaire y est crûment déploré, avec une authenticité qui, malheureusement, pourrait ne pas parler à toutes et tous, mais dont le témoignage reste urgent. Les pages les plus glaçantes restent en fin de compte les toutes dernières, celles qui listent des contacts « sûrs » pour les femmes, dans plusieurs domaines (Médecine, police, travail etc.). En quelques lignes, nous comprenons la gravité d’une condition inacceptable. Le confinement terminé, je m’empresserai donc, après cette merveilleuse incitation à la curiosité, de me procurer quelques nouvelles BD au hasard.”

Sharon Houri, jurée.

“Pour faire suite à mes confidences de lecture, je vais revenir sur mon expérience de jurée du prix littéraire On’. Il y a quelques mois, encouragée par ma curiosité et une envie d’évasion, je me suis lancée dans cette aventure. Très fidèle aux célèbres héros gaulois ou aux aventures de l’audacieux reporter Tintin, mon univers de la bande dessinée se résumait aux œuvres très populaires. Jusque là, je ne m’étais en effet aventurée qu’à de rares occasions dans des ouvrages davantage étrangers. C’est pourquoi rejoindre cette catégorie me semblait être une parfaite opportunité afin d’élargir mon panorama et de s’essayer, en plus, à la critique littéraire.  

La sélection, concoctée par Elisa, cheffe d’orchestre de ce beau projet, a parfaitement exaucé mes attentes. Soon, mon premier voyage, réussit à m’intriguer par le mystérieux univers proposé. Or le périple a connu quelques turbulences, son rythme saccadé et l’aspect trop filandreux du récit ont empêché l’immersion absolue. L’escale suivante dans le Canada de Tom Thomson combla bien plus mon envie d’évasion. L’approche artistique proposée par Sandrine Revel alliant élégance et subtilité  fût incroyablement convaincante. Ensuite le témoignage brut de Gilles Rochier fût quant à lui très touchant amenant réflexion et mélancolie. 

Mais c’est finalement la justesse de la bande dessinée Les crocodiles sont toujours là qui a été une réelle claque pour moi. Sa lecture est éprouvante, loin d’être légère, mais si essentielle. Je suis ravie de l’avoir découverte et j’espère que vous irez à votre tour vous confronter à cette plongée dans le sexisme ordinaire. 

J’ai donc pris beaucoup de plaisir à explorer ces univers très différents et me prêter au jeu de la critique. Ça été une très belle aventure, je suis  fière de ce duo de choc que j’ai formé avec Sharon ! A présent, j’ai hâte d’explorer de nouvelles bandes dessinées mais surtout de prolonger mon contrat de jurée pour la prochaine saison de ce joli prix…”

Océane Caillat, jurée.

La rédaction

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