On’

Sorties VOD du 29/04

La profusion des propositions ciné nous a rendu, sinon frustrés de ne pas réussir à tout voir, du moins dépassés par l’océan de programmes devenu homogène et fade… Très vite, on se sent vide : Par où commencer ? Que vais-je bien pouvoir, encore, regarder ? Aux grands maux, les grands remèdes. Il nous faut de la qualité. De celle qui remue, pas forcément confortable, mais vraie : voici 3 nouveautés de cette trempe !

Système K de Renaud Barret, sur Universciné

Universciné n’est pas une plateforme VOD nouvelle génération façon Netflix. Ici, on achète ou on loue son film à l’ancienne, à l’unité, comme au vidéo club version numérique. A défaut de choyer nos économies, ce concept nous oblige à revaloriser ce qu’on regarde, à réguler nos instants TV et à prendre, finalement, la mesure de nos expériences ciné. Universciné, en particulier, a l’intelligence de proposer à nos esprits lobotomisés par le flot incessant de nouveaux programmes, des chefs-d’oeuvres cultes et des créations d’auteurs plus difficiles à chiner. Sa grande surprise du mois d’avril : la mise en ligne de Système K, du français Renaud Barret. Diffusé en salles fin janvier dernier, ce documentaire sur l’explosivité artistique qui envahit Kinshasa mérite une seconde gloire : on respire, on oublie le binge watching et on plonge tout entier dans l’authenticité de cette atmosphère unique.

Le bon plan : pendant le confinement, Universciné propose aussi toute une flopée de films incroyables à 0,99 euros. Ca s’appelle UniverSolidaire et c’est par ici.

Résumé : Au coeur de l’effervescence artistique qui prend possession de Kinshasa, dans une République démocratique du Congo politiquement et socialement abîmée, la caméra suit des artistes qui partent de rien et créent tout un monde. On reste ébahi devant l’élan collectif de performances contemporaines et libres : au fond du chaos naît le sens. 

Unorthodox de Anna Winger et Alexa Karolinski, sur Netflix

Si après avoir fait un tour sur Universciné, vous vous sentez quand même en manque de Netflix, un programme récent vaut le coup de succomber de nouveau : Unorthodox. La mini-série allemande en 4 épisodes de près d’une heure chacun est adaptée du bouquin à succès Unorthodox: The Scandalous Rejection of My Hasidic Roots par Deborah Feldman. On y découvre Esther, interprétée par la bluffante et perturbante Shira Haas, s’émancipant de sa communauté juive ultraorthodoxe new-yorkaise, inspirée des Satmar. Toute en nuance et en émotion, la réalisation millimétrée à l’esthétisme glaçant aborde différentes problématiques liées à la religion, aux dogmes ou à la tradition comme : la place de la femme, la volonté individuelle au sein du groupe, la famille, la mémoire ou encore la sexualité. On nous offre d’ailleurs un focus d’une justesse implacable sur le vaginisme, trouble psychosomatique qui touche 1 femme sur 12 en France, rien que ça. 

Le bon plan : laissez défiler les épisodes jusqu’au « Making of » de la série qui vaut vraiment le coup. On y comprend le contexte historique d’une grande richesse comme l’ampleur du travail qui se cache derrière ce programme à part. 

Résumé : Esther est persuadée que sa vie au sein de sa communauté juive orthodoxe de Brooklyn lui convient, jusqu’au jour où elle tente de consommer son mariage arrangé avec Yankee. Leurs difficultés font ressortir les failles de cette vie, seule vérité qu’ils connaissent. Pour s’émanciper, elle va tout quitter et partir à Berlin, lieu symbolique fort. Entre découverte de soi et flashback anxiogènes, la série nous immerge de manière totale dans ces deux univers aussi singuliers qu’antinomiques.

Oldyssey de Julia Mourri et Clément Boxebeld, sur Youtube

En 2017, le binôme Julia Mourri et Clément Boxebeld et leur équipe partent faire le tour de 12 pays pour y rencontrer des vieux du monde entier. Ils dénichent des lieux d’exception qui pensent la vieillesse autrement, des histoires de vie ordinaires que la longévité rend extraordinaires, des projets uniques qui rappellent que l’âge est relatif. Leur chaîne offre ainsi une autre façon de voir nos aînés, ceux qui subissent en ce moment de plein fouet l’épidémie, mais qui étaient déjà frappés, bien avant, du mépris de nos sociétés « modernes » pour leurs vies. Réapprenons à les regarder, notamment grâce au tout dernier épisode en date sur les tapissiers Patard. 

Le bon plan : poursuivez avec les Minutes Vieilles d’Arte, sous votre plaid, une bonne tasse de thé à la main. Rien de plus réconfortant en cette période, une pause apaisante entre deux séries.
Résumé : L’épisode sur la famille Patard donne la parole, sans commentaire, ni voix off, au couple âgé et passionné de la tapisserie située rue Marcadet. Ce nouveau court, plus long que les autres, est d’autant plus immersif.

Sharon Houri

Ajouter un commentaire

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .
Logo On'

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .