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Découvrez Uncut Gems, si ce n’est pas encore le cas

Cette semaine et comme les semaines à venir, pas de cinéma et donc On’ n’assurera pas ses Sorties ciné habituelles. Pour vous consoler voici un article sur Uncut Gems, un film Netflix que vous présente Thomas !

C’est l’histoire d’Howard Ratner, un bijoutier du Diamond district à New York, qui essaye de sauver tant bien que mal ses affaires, lorsqu’on lui vole son bien le plus précieux… 

Le style Safdie 

Avec Uncut Gems, les frères Safdie nous présentent d’abord un univers. A l’image de leur précédent film, l’acclamé Good Times (2017), ils s’emploient en premier lieu à nous montrer ce monde qu’ils ont spécialement créé pour le film. Dans Uncut Gems, il s’agit du New York de 2012, sous le prisme de la culture bling-bling-basket-ball et des diamantaires juifs. Des références qui peuvent d’ailleurs être difficiles à appréhender pour un européen, étranger à la culture américaine. Aussi, les réalisateurs ancrent-ils leur univers dans notre réalité, faisant intervenir à plusieurs reprises le chanteur canadien The Weeknd et le basketteur américain Kevin Garnett, dans leurs propres rôles.

C’est donc dans ce monde d’argent qu’évolue le personnage magnifiquement interprété par Adam Sandler, Howard Ratner, livrant peut-être ici sa meilleure performance. À la manière du protagoniste campé par Robert Pattinson dans Good Times, Howard Ratner est baladé à travers un nombre incalculable d’endroits pendant les 2h15 de projection. Ne subissant que des revers dans la majeure partie du film, Howard se relève cependant à chaque fois avec une nouvelle idée en tête, rendant ses pérégrinations fascinantes. 

Épuisant mais réussi 

Les intrigues s’entremêlent, la caméra tremble, la musique ne donne aucun indice sur l’émotion que l’on doit ressentir pendant les scènes, le rythme est tantôt haletant, tantôt trop calme, tout ceci rend le long-métrage presque flou et pourrait perdre plus d’un spectateur. Toutefois, la plus grande réussite du film est de nous faire sentir proche de Howard Ratner, notamment grâce aux nombreux gros plans faciaux et au désabusement total du diamantaire face à ses malheurs. A plusieurs reprises, le film parvient à maintenir une tension extrêmement palpable pendant plusieurs dizaines de minutes, jusqu’à une dernière demi-heure absolument épuisante, tant elle nous fait ressentir les émotions des personnages.

Enfin, les frères Safdie réussissent l’exploit de nous surprendre, de scène en scène et de personnage en personnage : ils se permettent tout, c’est cela qui rends leur(s) film(s) humain(s) et si réel(s). La structure est saccadée, hachée, si bien que l’on ne s’attend jamais à ce qui va arriver à la prochaine scène, ou même à la prochaine réplique…

Uncut Gems aurait pu être une redite de Good Times, mais même s’il en reprend plus ou moins le style, il se démarque par une maestria totale des réalisateurs / scénaristes de leur sujet. Le film est une véritable oeuvre contemporaine sur la culture américaine, tout en se réappropriant les codes du film de gangster et du thriller. On aurait cependant pu en retirer un petit quart d’heure pour perfectionner le rythme. Mention spéciale à la musique électronique planante de Oneohtrix Point Never et à la performance lumineuse de Julia Fox.

Thomas Brajon

La rédaction

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