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La Semaine en bref du 17 au 22 février

Comme attendu, voici le débriefing court mais efficace des principaux évènements qui ont rythmé l’actualité du 17 au 23 février ! Au programme de cette Semaine en Bref : un rappel des mesures annoncées par Emmanuel Macron contre l’Islam radical, un retour sur les désastres d’Hanau et Idlib et quelques précisions quant à la célébration de l’anniversaire du mouvement algérien Hirak. 

Le désastre humanitaire du nord-ouest Syrien

900 000. Voici le nombre de personnes déportées depuis le 1er décembre 2019 au Nord-ouest de la Syrie. Il s’agit pour l’essentiel de femmes et d’enfants. Bachar Al Assad a annoncé vouloir continuer de « libérer » l’ultime bastion tenu par les djihadistes et les rebelles. Mais cela constitue également un piège pour les civils qui sont visés indifféremment par l’armée syrienne qui n’épargne pas non plus les centres médicaux. Plus d’une dizaine de milliers de syriens fuient la région et les structures humanitaires d’accueil sont saturées : beaucoup dorment dehors, et le climat hivernal a tué de nombreux enfants. Cette zone sans gouvernement ne distingue pas les véhicules de l’armée, des rebelles, des civils ou de l’ONU envoyés pour aider sur le terrain. Le non-respect des règles de sécurité en cas de guerre pose problème.

Par ailleurs, les guerres diplomatiques empêchent une intervention efficace de la communauté internationale en Syrie : la Russie et la Chine ont notamment posé leur veto au Conseil des Nations Unies contre une intervention humanitaire transfrontalière en Syrie. Les financements sont bloqués et lundi 17 février, le Secrétaire Général adjoint des Nations Unies aux Affaires Humanitaires s’alarme et déplore l’inefficacité de son institution face à l’un des « plus grands désastres humanitaires du 21e siècle ». 

L’anniversaire du mouvement Hirak 

Né dans la semaine du 16 au 22 février 2019 pour contester la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat, le mouvement populaire admiré du monde entier pour sa ténacité pacifique fête son premier anniversaire. Qu’il s’agisse du mouvement en lui-même ou des citoyens qui en sont à l’origine : les deux demeurent. Ils se présentent comme toujours déterminés à se battre pour le droit de « choisir leurs représentants et la manière dont ils seront choisis ». 

En réaction à l’effervescence populaire, l’Etat a tenté d’étatiser le mouvement en proposant de faire de la journée du 22 février celle de « la fraternité et de la cohésion entre le peuple et son armée pour la démocratie ». Mais les manifestations de l’inadaptation au système actuellement en place en Algérie continueront jusqu’à gain de cause. 

Hanau, des préparatifs réjouissants au deuil 

Mercredi 19 février, un homme décrit par les médias comme paranoïaque, suprématiste, raciste et adhérent des théories complotistes sur les réseaux a assassiné 9 personnes à Hanau, à proximité de Francfort. Alors qu’à la même période l’année passée, la ville se préparait à accueillir un joyeux défilé samedi et un grand marché sur la place principale pour plusieurs jours : tout est annulé. De la fête au deuil, des confettis aux bouquets de fleurs sur les trottoirs, des rires à la terreur. 

Le Président du SPD, lors de son discours sur la place du marché reconnaît le crime raciste comme étant un acte terroriste, précisant l’importance de la terminologie employée publiquement. Des réactions très différentes animent la foule, alors que certains crient « Dehors les nazis ! », d’autres appellent à se taire et à respecter les familles des victimes, car « on n’est pas en manif ! ».

Selon Mubariz Javaid, il est important que tout le monde apporte son soutien aux familles des victimes et habitants d’Hanau : « pour que notre société reste unie, il faut rejeter la haine et rester toujours solidaires ».

Lutte contre le « séparatisme islamiste »

Mais qu’est-ce que le séparatisme islamiste ? Pour Emmanuel Macron il s’agit d’un terme plus adéquat que celui de « communautarisme » pour évoquer la radicalisation religieuse, sans pour autant stigmatiser l’ensemble des musulmans français. Une expression articulant reconnaissance des identités multiples et respect des règles de la République. 

Après avoir échangé avec de nombreux acteurs locaux lors de sa visite à Mulhouse le 18 février, Macron présente les mesures de stratégie pour la lutte contre l’Islam radical. Le premier axe répressif vise à réduire « l’influence étrangère » en formant les imams en France plutôt que de dépendre de ceux originaires de Turquie, du Maroc et d’Algérie. Il souhaite supprimer les enseignements de langue d’origine par des professeurs étrangers, pour les remplacer par des enseignements internationaux dispensés par l’Education Nationale. Le second axe se veut davantage intégrationniste, son but étant de renforcer l’offre des services publics dans les « quartiers difficiles », restaurer ainsi la méritocratie et lutter contre les discriminations. 

Certains sont convaincus que se saisir des sujets régaliens et de l’immigration est une habile manière pour le Président de conserver son électorat de droite. Ses derniers mots ont été : « on parle peu mais on agit ». Reste à voir si l’action est efficacement efficace… d’autres annonces sont attendues à Paris la semaine prochaine.

Carla Tulinski

La rédaction

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