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Sorties ciné du 19/02

À l’occasion de la 92e cérémonie des Oscars, l’équipe du film Parasite s’est vue décerner la statuette dorée dans chacune des catégories suivantes : meilleur film, meilleur film étranger, meilleur scénario original et meilleur réalisateur. Historique par son aspect inconditionnel, Parasite semble avoir reçu une victoire qui, plus qu’une façon de faire, récompense une façon de voir le cinéma propre à  l’Asie. 

Ainsi, cette semaine nous nous attarderons sur l’esthétique et authentique scène cinématographique asiatique. Dans notre périple nous repasserons par la Corée du Sud avant de nous diriger vers le Singapour puis le Tibet. 

Parasite : « black and white version » 

Parasite nous raconte l’histoire d’une famille coréenne vivant aux marges de la société. Précaire, elle attend l’opportunité qui lui permettra de quitter sa situation. Ainsi, lorsque l’un d’eux se voit proposer de travailler pour une famille aisée, leur plan perfide s’enclenche. 

Parasite est le septième film de Bong Joon-Ho. Comme dans les précédents, le thème de la lutte des classes y est abordé. Il est en partie porté par l’acteur Song Kang-Ho, travaillant avec le réalisateur depuis son second long métrage. Sorti le 5 juin 2019, c’est après plus de 30 semaines d’exploitation en France que Parasite nous revient dans une version « black and white ». Passionné par le travail du réalisateur allemand Friedrich W. Murnau (Nosferatu), Bong Joon-Ho, à l’aide de cet effet, entend accentuer la tension de son film, le rapprochant de ceux d’épouvante qu’il admire. 

Wet Season d’Anthony Chen

Il pleut sur Singapour et rien ne va plus. Accablés de problèmes, un élève et une professeur perdent espoir. Menant des vies différentes, ils partagent pourtant la même salle de classe, lieu de naissance d’une amitié indéfectible. 

Wet Season est le second long métrage d’Anthony Chen. Comme dans Ilo Ilo, racontant le quotidien d’une immigrée philippine à Singapour, le réalisateur met en scène des personnages cherchant à trouver une place dans une société où tout semble en avoir une. Plus que thématique, la continuité se veut aussi physique, puisque l’on retrouve dans Wet Season Yann Yann Yeo et Koh Jia Ler, têtes d’affiches dans Ilo Ilo

Jinpa, un conte tibétain

À travers l’aventure de Jinpa, un camionneur tibétain errant sur les sentiers, Pema Tseden dresse le portrait d’une société tibétaine désorientée. Constatant la désagrégation de son patrimoine culturel, c’est au travers de films que le réalisateur en préserve les vestiges. Travaillant avec les mêmes directeurs de la photographie et du son depuis 2004, son travail se définit par sa cohérence, son unité. Toutefois, gagnant en popularité en Chine, ses revendications identitaires dérangent le gouvernement. À l’image d’artistes chinois tels que Liu Xiaobo et Ai Weiwei ayant dû défendre leurs idéaux face à un État, le travail de Pema Tseden se veut aussi exemplaire que nécessaire. 

Jesse Eko Ebongue

La rédaction

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