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Un naming et après ?

Essais après essais, passes après passes, les spectateurs applaudissent au devant des gestes techniques dans une salle quasi pleine. Depuis plusieurs semaines, les amateurs de rugby sont inondés par la communication autour de l’événement de février. Le tournoi des VI Nations ? Non. Le In Extenso Super Sevens, nouveau championnat professionnel de rugby à sept. 

Samedi 1er Février 2020, les amateurs de rugby à sept ou simples curieux avaient rendez-vous avec un nouveau championnat. La date est cochée depuis novembre pour ce qui doit être un tremplin du Seven en France. Car la discipline est peu développée. Et ce malgré les bonnes performances des équipes nationales masculine et féminine. Alors pour faire passer la pratique dans une autre dimension tout est mis en oeuvre. Le stade : Paris La Défense Arena, une salle spectacle qui prône la vitesse, un atout pour le Seven. A cela s’ajoute le toit, une aubaine pour une journée rugby sans pluie. La communication : tous les réseaux mobilisés, sans oublier Canal+ qui évoque une journée rugby canapé. Le cadre professionnel : les équipes engagées sont celles du Top 14 auxquelles s’ajoutent deux invités, Monaco et les Barbarians. Enfin, le naming, une première ! 

La révolution naming 

Le rugby français était jusqu’à lors “protégé” du naming que l’ovale mondial avait pu connaître. In Extenso bouscule les codes. Maillots, communication et autres gadgets, rien n’est laissé au hasard : l’entreprise se veut au devant de la promotion du Seven en France. Autrement dit, quand le monde du consulting se mêle à celui de l’ovalie. Avec 400 000€ de financement annuel jusqu’en 2023, l’entreprise signe un contrat avec la Ligue Nationale de Rugby qui doit propulser le Seven au-delà de sa frontière ovale.

« Accompagner et faire grandir de nouveaux projets est dans notre ADN et c’est la raison pour laquelle nous sommes enthousiastes à l’idée d’accompagner la professionnalisation du rugby de clubs à 7. Ce partenariat dans le rugby nous est apparu naturel car nous partageons les mêmes valeurs : esprit d’équipe, rigueur, exemplarité, convivialité.”

explique Antoine de Riedmatten, CEO

Le Seven rime avec spectacle, mais n’en reste pas moins une discipline à part entière. Avec ce naming, il se transforme peu à peu en un spectacle nécessaire pour attirer ceux qui ne sont pas encore séduit. Chaque journée de championnat est un un grand show où les rencontres se succèdent aux parenthèses festives pour attirer fans et non-initiés. Au delà du simple cadre de promotion, il est possible d’entrevoir un nouveau cap pour le rugby. Le naming ne s’attaquerait-il pas d’abord au Seven pour amorcer une démarche vers le XV ? Et se développer sur ses championnats domestiques ? 

Le Racing 92, premier champion de France 

En un tour d’horloge, vingt-huit rencontres se sont succédées au rythme des essais et animations. La fête est sur le terrain. Et en tribune. Du moins, dans celle crazy où les déguisements se mêlent aux encouragements. Au total, ce sont près de 25 000 spectateurs qui ont saisi l’opportunité de vivre ce premier championnat de Seven qui aura vu le Racing 92 l’emporter. Logique ? Peut-être. Certains diront avantage du terrain. D’autres évoqueront  l’équipe. Car l’effectif avancé par les vainqueurs compte un bon nombre de joueurs évoluant en Top 14. Tandis que d’autres ont tenté de lancer leurs jeunes joueurs. Est-ce réellement un championnat professionnel quand le règlement prévoit “trois joueurs professionnels au minimum et douze issus des centres de formation.” ? Quoi qu’il en soit, être joueur de Seven ne s’improvise pas en une semaine : moins spectaculaire que l’étape mondiale du Seven Series, et sans tête d’affiche, le Super Seven n’aura pas tenu toutes ses promesses. 

A cela s’ajoute les couacs organisationnels. Ambiance peu propagée dans une enceinte qui restreint les chants à chaque tribune. Fond musical couvrant les encouragements de supporters. Brèves animations dans des coursives, lesquelles voient des files interminables devant les buvettes, dépassées par l’événement. Placement libre matinal pour remplir les tribunes avant l’ouverture du niveau supérieur, objectif de succès télévisuel oblige. “Oublis” des équipes féminines. 

Le In Extenso Super Seven lance sa conquête sur le territoire en proposant un tout nouveau format de championnat. Objectif ? Développer et professionnaliser la pratique, une première en France. Peut-être un futur succès. L’histoire retiendra qu’il y a plus d’un siècle le Racing 92 avait remporté le premier titre de champion de France à XV. Bis repetita, avec le Seven. Et depuis le XV a bien changé. Alors, envisageons que le Seven sortira de l’ombre pour devenir un championnat majeur. 

Stéphanie Millet

Source photo : Racing 92

Stéphanie Millet

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