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L’appellation « pueblo mágico », moteur du tourisme mexicain

Le label déposé « pueblo magico » ( « village magique » en français) caractérise la centaine de communes mexicaines chanceuses de rayonner
par cette appellation. 121 à ce jour. Pour acquérir tel titre, les pueblos mágicos se doivent de respecter certains critères de caractère et de charme, à l’image de nos « plus beaux villages de France » outre-Atlantique.

Izamal ville jaune, Yucatán

Un atout commercial

En effet, les pueblos mágicos voient leur attractivité en hausse depuis l’obtention de ce titre particulier. Le profit touristique est donc considérable. Pour obtenir telle reconnaissance, elles doivent toutefois répondre à certains critères bien précis. Petitesse de la commune, n’excédant pas un certain nombre d’habitants (20 000 tout au plus), respect d’une homogénéité architecturale. Mais aussi attractivité touristique, fin alliage entre quiétude et dynamisme, source d’authenticité culturelle A cela s’ajoutent beauté naturelle, richesse culturelle, traditions, folklore, pertinence historique (comportant des édifices emblématiques). Sans oublier cuisine traditionnelle, art, hospitalité. De plus, il est demandé par le Comité Inter institutionnel d’Evaluation et de Sélection que le village magique ne soit pas éloigné de plus de 200 kilomètres d’une métropole ou d’un autre haut lieu touristique.

par Chloé Bouchet : céramique à Valladolid, Yucatán
vannerie à Cholula San Pedro, Puebla

Le programme « pueblos mágicos » a été promu par le secrétariat du tourisme national mexicain. Sont mises sciemment de côtés les capitales des 52 états mexicains, afin de mettre en lumière les autres villes restées en deçà. Les pueblos mágicos sont dispersés dans 31 états. Les vérifications de respect des critères précédemment énoncés sont effectués régulièrement. Ainsi, comme les étoiles Michelin, ils peuvent perdre de leur prestige. Ainsi, Tepoztlan, dans l’état de Morelos s’est vu destitué en 2009 à cause d’un manque de propreté, et de son commerce ambulant jugé trop désordonné. Concernant San Miguel de Allende, Guanajuato, sa concomitance avec le titre de l’UNESCO comme patrimoine mondial, inscrit en 2008, ne l’a pas autorisé à conserver ce titre de Pueblo Mágico, en plus de la reconnaissance unesquienne.

Un programme ancien

L’origine de son programme date de 2001, bien que certaines retouches y aient été apportés en 2010. 121 villes sur les 50 états ont étés sélectionnées. Et lors de mes voyages internes, j’ai déjà pu en visiter certaines : Cholula (dans l’état de Puebla, ma nouvelle maison), Huasca de Ocampo (dans l’état d’Hidalgo). Ou encore Izamal (ville toute de jaune vêtue dans le Yucatan), Valladolid (Yucatan), Isla Mujeres (Quintana Roo), Teotihuacán (Estado de México), Tulum (Quintana Roo), Tlaquepaque (Jalisco).

Le but n’est pas seulement de promouvoir le tourisme interne et international, mais aussi la création de nouveaux emplois dans un pays plus que jamais rongé par le chômage (3,3% de la population active en 2018) et les inégalités de richesses (évaluées à 0.46 en 2016 selon le coefficient de Gini, avec 1 comme égalité totale d’après le site de l’OCDE). Dans les règles d’opération du programme « village magique » il est précisé que l’objectif porte sur la revalorisation de l’image urbaine. Et de désigner détenteurs de l’économie locale comme régionale ces communes.

Une nouvelle vision du Mexique

De fait, l’activité économique menée par le tourisme a servi de rebond financier à bien des jolies provinces laissées dans l’ombre. Il permet intelligemment de redonner ses lettres de noblesse au patrimoine culturel mexicain, terni dans l’actualité internationale par la part exagérément donnée à la violence et au crime organisé. Il est certes présent, mais reste toutefois bien moins visible que la richesse culturelle ostensible telle l’artisanat. À la clé, bénéfice de la communauté réceptrice, création d’outils pour un développement durable de la zone concernée, création et/ ou modernisation des négoces touristiques locaux, notamment pouvant se tourner vers le tourisme avec sports extrêmes, dégustations culinaires, valorisation par l’organisation de festivals musicaux.

Huasca de Campo, Hidalgo
Isla Mujeres, plage principale

Question donc hautement politique,puisque sont impliqués les ministères du tourisme, de l’environnement, de la culture. Avec un lien assez direct sur les retombées économiques nationales comme nous l’avons montré. Le président actuel, Andrés Manuel López Obrador, de son acronyme désigné AMLO, de la majorité de gauche, fondateur de son propre parti MORENA (Mouvement de régénération nationale), sous bien des traits, populiste, avait toutefois annoncé l’arrêt de financement de ce programme en 2018, à effet l’année suivante.

Toutefois, là où les contres-pouvoirs savent agir intelligemment, Humberto Hernández, sous-secrétaire au développement et à la réglementation touristique au ministère du tourisme a contesté auprès des médias l’annonce du président actuel, et a même affirmé que le programme se poursuivrait « plus que jamais », et que le ministère du tourisme continuerait à donner ses lettres de noblesse à ces communes particulièrement riches à bien des égards.

Photos non créditées : Jeanne Aulanier

Jeanne Aulanier

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