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Coup d’coeur : 1917, une performance cinématographique haletante.

Après son passage décevant derrière la saga James Bond, le réalisateur britannique Sam Mendes fait son grand retour avec un projet de renom : 1917. Ce film est une proposition technique et historique qui s’impose déjà comme l’événement de ce début d’année.

Sam Mendes, réalisateur de renom

Au début, il y a un anglais. Nous avons une farouche tendance à penser que les cinéastes anglophones auteurs de grands succès internationaux sont forcément américains. Eh bien Sam Mendes, né à Reading, sur les bords de la Tamise comme sa complice et ex-épouse Kate Winslet, prouve le contraire. Très tôt, comme beaucoup d’autres avant lui, il part faire ses études à Cambridge. À l’âge de 27 ans, Il atterrit comme metteur en scène à la Royale Shakespeare Company. De fil en aiguille, Sam Mendes parcourt le monde du théâtre et continue sa carrière à Broadway, où il dirigera sur scène la magnifique Nicole Kidman (qui a notamment jouée dans Eyes Wide Shut de Kubrick, ou encore Moulin Rouge de Baz Luhrmann).

À la suite d’une rencontre aussi merveilleuse que surprenante, le cinéaste britannique se lie d’amitié avec Steven Spielberg qui lui propose un scénario, celui de American Beauty. Et comme tout le monde, Sam Mendes obtient pour son premier film : Oscar du meilleur film + Meilleur réalisateur + Meilleur scénario + Meilleur acteur pour Kevin Spacey et pour finir : Meilleure image. La suite de sa carrière est connue : des succès à l’international dans des cadres souvent inattendus. Il suffit de citer le retour du duo Kate Winslet et Leonardo DiCaprio pour comprendre que le réalisateur est un maître dans son genre. 

Un projet personnel

1917, superproduction incroyable, déjà couronnée lors des Golden Globes et en course pour les Oscars, est un projet très personnel. En effet, le grand-père du cinéaste a combattu sur le front français dans l’armée britannique et lui a confié son expérience de la Première Guerre Mondiale lorsqu’il était encore enfant. Le témoignage l’aura profondément marqué, à tel point qu’il était important pour lui d’évoquer les risques et les horreurs d’un conflit comme la guerre de 14-18. Sam Mendes n’a pas pour autant souhaité raconter l’histoire de son aïeul. Il a préféré “s’attacher à évoquer son esprit – ce que ces hommes ont subi, leurs sacrifices, et leur foi en quelque chose qui les dépassait.” déclare-t-il dans une interview donnée à Europe 1. Ainsi, pour rendre hommage aux soldats, le réalisateur a imaginé l’histoire de deux jeunes combattants chargés de sauver des centaines de vies en portant un message à travers des territoires délaissés par l’armée allemande.

Pour convaincre du caractère exemplaire de la mission des deux héros, Mendes décide de faire croire aux spectateurs qu’ils assistent à un unique plan séquence. L’initiative a nécessité environ 500 figurants et la mise en place d’un système idéal pour les mouvements de caméras et d’une organisation parfaite, permettant d’obtenir un résultat final de génie. Le résultat est époustouflant, bluffant. Le spectateur a vraiment la sensation d’un temps unique et d’une atmosphère pesante. Le scénario est très basique, mais Sam Mendes réussit à rendre indiscutable la valeur du sacrifice des deux soldats, tout en diffusant un sentiment d’authenticité et de sincérité. L’art du réalisateur, mêlé à celui de Deakins (son directeur de la photographie), offre à la fois du spectacle et un message d’union pour les spectateurs.

Une prouesse cinématographique

En réalisant un film quasiment en plan séquence, le réalisateur et Roger Deakins ont dû mettre en place une organisation très minutieuse des scènes. Une organisation très sophistiquée qui nécessitait sur le plateau qu’un technicien porte la caméra, la tracte sur un cable, pour finir dans une Jeep. Un processus complexe mais qui aura été réalisé avec brio. Innovant par une manière de réaliser unique, 1917 relève le défi d’un hommage à la fois symbolique et éclatant de technique. Les 2 heures sont captivantes et il est difficile de respirer dans cette ambiance de guerre. Sans compter le duo d’acteurs brillants, le film est bel et bien parti pour remporter l’Oscar du meilleur film. Le rendez-vous est pris pour Sam Mendes.

Thomas Faidherbe

La rédaction

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