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Les Partiels de Janviers : menés à termes ?

Rebondissement ! Du 6 au 15 janvier devaient se tenir les partiels en présentiel pour les étudiants parisiens. Cela malgré les appels insistants sur les réseaux sociaux et par mail pour les annuler. Finalement, seuls ceux de Paris-IV ont été annulés et ceux de Paris-I, repoussés à la fin de l’année. Retour sur une lutte acharnée.

Je ne vous apprends rien. La mobilisation contre la réforme des retraites qui touche la France provoque de nombreuses complications notamment dans les transports. Les étudiants des différentes facultés parisiennes se sont mobilisés, en premier lieu sur les réseaux sociaux. Ils avaient pour objectif un aménagement des partiels, voire – à l’image de ce qui a été décidé par l’administration de Sciences Po – une annulation des examens en présentiel et une dématérialisation de ceux-ci. Demandes qui ont été rejetées ou du moins pas assez prises en considération. Cela a entraîné une vague de blocus qui a touché la majorité des universités de la capitale.

entraînant une vague de blocus qui a touché la majorité des universités de la capitale.

JOUR 1: Lundi 6 janvier – Blocus à la Sorbonne-Mère et sur les autres sites de Paris-IV

Le jeudi 2 janvier une pétition en ligne avait été lancée par l’UNEF. Elle a été relayée sur les différents groupes Facebook des étudiants de la faculté de Lettre et de Science. C’est à l’image de ce qui avait été fait par les étudiants de Paris-I. Cela a aboutit au déplacement de leurs partiels décidé le 2 janvier. La pétition comptait le lundi 6 janvier plus de 3 800 signatures. Elle avait pour objectif d’appuyer les demandes des syndicats. Ou de soutenir les lettres à l’initiative des étudiants destinées à l’administration et notamment au Président de Sorbonne-Université, Jean Chambaz. Les seuls communiqués officiels donnés en guise de réponse étaient très clairs : les partiels seront maintenus en l’état.

Plusieurs étudiants réunis devant l’entrée rue de la Sorbonne

C’est surtout ce refus de concession et de dialogue qui a entraîné la colère des étudiants. C’est ce que nous ont confirmé ceux présents au blocus de Sorbonne Mère le jour même : « Aucune discussion n’est possible avec l’administration ».

Un accès du centre Sorbonne bloqué par des poubelles et des plantes
« P4 ne tournera pas les Tallon »
Une pancarte adressée à Alain Tallon, doyen de la faculté de lettres de Paris IV

En ce lundi matin donc, les sites de la Sorbonne Mère, Clignancourt, Michelet et Malesherbes ont été bloqués. La foule se trouvait devant la porte principale de la Sorbonne, cachée derrière une rangée de poubelles et de sapins. En discutant avec elle, on se rend compte que les notions d’équité et d’égalité sont défendues par la grande majorité. Qu’on soit pour ou contre le blocus.

À côté des étudiants de la Faculté des Lettres, on note la présence d’étudiants de Paris-I. Ils partagent à l’année le site de Sorbonne Mère avec leurs camarades de Paris-IV. Ils sont donc venus en solidarité, ainsi que quelques militants d’Extinction Rébellion. Certains bloqueurs prônent même la convergence des luttes avec les manifestations contre les retraites. Ils arguent que le maintien des partiels est « un acte politique », empêchant les étudiants d’aller manifester le jeudi 9 janvier. Date à laquelle une forte journée de mobilisation devait avoir lieu.

Blocage illimité voté à Nanterre

À Paris-X aussi on cherche à faire bouger les choses. D’autant plus que les étudiants s’enflamment sur les réseaux sociaux devant l’annonce de la direction. Cette dernière promet de mettre à disposition le gymnase du campus pour les étudiants concernés par les grèves de transport.

Une proposition bien étrange du président de l’université de Nanterre …
… Qui a fait réagir sur les réseaux sociaux

La tentative de blocage de la faculté a été un échec. Les étudiants ont donc choisit la technique du débrayage. C’est-à-dire entrer dans les amphithéâtres et y protester directement, partiel par partiel. Plusieurs épreuves ont ainsi été annulées. Finalement, le blocage illimité a été décrété à partir du mardi 7 janvier.

Réponse des administrations

L’administration de Paris-IV a fini par plier, annonçant alors une suspension des partiels et promettant une réunion avec les directions d’UFR afin de trouver une solution plus juste et équitable, susceptible de satisfaire les étudiants. Cette décision étant valable uniquement pour la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université et non celle des Sciences (Paris-VI), l’injustice s’en est d’autant plus ressenti dans les rangs des étudiants de Jussieu, qui ont appelé à une action d’envergure dès le lendemain sur le site.

Jour 2 : Mardi 7 Janvier – Tentatives de Blocus à Jussieu

À Jussieu, les actions des étudiants mobilisés contre le maintien des partiels dans ces conditions ont été un peu particulières. En effet ce site d’une superficie importante possède plusieurs entrées. Après une première tentative avortée, les étudiants ont décidés de venir perturber la tenue des partiels dans les amphithéâtres dans le but de sensibiliser les étudiants sur leur droit de refuser un examen non équitable. Après de nombreux clashs avec les professeurs et surveillants, c’est dans l’Amphithéâtre A1 que s’est cristallisé la masse d’étudiants mobilisés, jusqu’à l’annulation du partiel de chimie qui devait s’y tenir.

Comme le lundi en Sorbonne, les étudiants que nous avons interrogés se sont montrés pour la plupart en faveur du mouvement ou du moins contre les injustices engendrées par le maintien des partiels en présentiel. Certains ont semblé plus virulents à l’égard des bloqueurs, mais n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Malgré cette petite victoire, les étudiants restaient inquiets vis-à-vis des photos prises par les professeurs de leur prise de position, officiellement pour distinguer les étudiants de la fac des autres perturbateurs étrangers à celle-ci.

Annulation définitive à Paris-IV

Pendant ce temps, les étudiants de Paris-IV apprenaient les résultats de la consultation de l’administration, des professeurs et des syndicats. Finalement, leurs partiels sont complètement annulés. La Sorbonne a adopté la prise en compte du contrôle continu pour les étudiants qui disposaient d’au moins une note par matière. Concernant les étudiants en dispense d’assiduité, les UFR ont prévu des oraux à partir du 13 janvier. De plus, Alain Tallon, Doyen de la Faculté de Lettre, a fortement réprimandé les blocus.
Solution qui a déçue tout de même une grande majorité d’étudiants, qui se battaient non pas pour l’annulation pure et dure de leurs examens mais bien pour un aménagement de ceux-ci, de préférence sous la forme de devoirs maison. Une victoire amère donc.

Jour 5 : Jeudi 9 Janvier – La Cocarde sauve les partiels à Assas

Un blocus avait aussi été décidé à Assas. C’est l’une des facs les moins réputées pour ses actions de mobilisation étudiante. Et pourtant, ce qui aurait pu devenir une action historique a été coupé net par… d’autres étudiants. En effet, le syndicat étudiant La Cocarde s’est vanté sur les réseaux sociaux de son intervention pour assurer le bon déroulement des partiels. Dommage Assas, essaye encore…

Une situation rarissime pour l’université d’Assas

Jour 6 : Vendredi 10 JanvierLes partiels annulés à Paris-I

C’est finalement le vendredi 10 janvier que les étudiants de l’université Paris 1 ont appris le report de leur partiel « à l’issue du second semestre » selon un message officiel.

Les blocus de ces dernières semaines – qui ont continué tout au long de la semaine du 13 au 18 janvier – ne sont pas symptomatiques d’une flemme ou d’un opportunisme étudiant en profitant des conditions pour ne pas passer leurs examens. C’est oublier, comme ce que revendiquent tous ceux rencontrés sur les lieux de blocus, que tous avaient révisés.

Les étudiants ne se sentent pas écoutés. C’est ce qui fait monter un sentiment de colère et pousse une minorité d’entre eux à continuer la lutte. Cela se fait en rejoignant, par exemple, le mouvement anti-réforme des retraites. Et ce à la fois par les administrations, et plus généralement par le gouvernement, tout du moins aux yeux de certains.

Les blocus paraissent être le dernier recours utilisé par les étudiants mobilisés pour se faire entendre, et beaucoup semblent regretter d’en arriver là, à l’image de Soufyan ou de Solène. La violence des blocus entraînant une réponse tout aussi, voire plus violente de l’administration. Ainsi, beaucoup craignent désormais de perdre leur bourse ou même leur place au sein de leur université.

Source bannière : https://actu.fr/societe/greve-etudiants-demandent-report-partiels-campus-universitaires-bloques_30573646.html

Laura Blairet

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