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Héritage mexicain de la conquête espagnole : la pratique culturelle de la corrida au Mexique

Héritage de la colonisation 

 La pratique de la corrida au Mexique témoigne de l’héritage puissant des espagnols conquérants : j’ai pu le constater à Tlaxcala, la plus grande ville de son État bien que très petite à l’échelle du pays. Une question demeure : la conquête a-t-elle été bénéfique, dans certaines mesures ? Le bilan humain négatif, la situation de pouvoir imposé par les armes et la force, nous font vite penser le contraire.

Mais les populations locales, à l’instar de celle de Tlaxcala ne portent pas une haine que l’on pourrait imaginer bien justifiée à l’égard des espagnols conquérants. Bien des rues sont nommées Hernan Cortes. Bien de la fierté se détecte dans les yeux des conteurs d’histoire et du pacte entre tlaxcalteques et espagnols. Bien des pratiques culturelles très espagnoles sont reproduites. Comme la corrida dans tout son aspect sanglant, bruyant. Deux spectacles prennent place : dans l’arène et dans les gradins. Les commentaires plus ou moins graveleux fusent du public. Les locaux se gaussent. Et moi aussi. Le comique de répétition m’aura à l’usure, par un spectateur émerveillé par un torero répétant sans cesse : « Solo vino por ti, Gonzalo ». La mémoire me faisant défaut sur le nom du torero- libre a vous d’insérer tout prénom à consonance hispanique faisant l’affaire.

La tauromachie en question

Et qu’en est-il ici des associations de défenseurs d’animaux ? J’avoue m’y être rendue sans trop de souvenir d’affect de celle vue à Séville quelques années auparavant. Toutefois l’étroitesse de l’arène me rendant plus proche qu’autrefois les gémissements des taureaux, la vision du sang et son bruit de trépignement (qu’on en finisse) m’a rendu la chose peu supportable. Je pense alors à cette scène dans The Sun Also Rises d’Ernest Hemingway. Le machisme déployé. Mais aussi cette cape de sombrero hypnotisante. Et les endimanchés – marque sociale du public, qui fait aussi la tradition.  Le traje de luces (costume impérieux des toreros) si lumineux – caractère bien rendu dans la terminologie espagnole.

Le spectacle sanglant me happe pourtant tout en cessant de me dégoûter et de me questionner sur cette pratique jugée artistique (qui me semble l’être en certains points : soit la danse, le costume, les couleurs) qui nécessite toutefois cruellement la souffrance d’animaux dans sa réalisation. N’y aurait-il pas plus lumineux (sans se salir les mains), comme manière d’honorer ce que certains appellent le métissage hispano-mexicain ?

Jeanne Aulanier

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