On’

Pour ou Contre SW9 ? L’équipe On’ vous dit enfin ce qu’elle en a pensé…

Le dernier Star Wars est-il à la hauteur de ses prédécesseurs ? La fin de la saga mythique a-t-elle été scandaleusement bâclée par Disney ? Rendre un film divertissant suffit-il à pallier le manque de cohérence ? Plutôt pour ou plutôt contre, entre radicalités et nuances, qui aura donc le dernier mot… 

Vous le comprendrez assez vite, l’équipe On’ penche sévèrement vers le contre. Mais la nostalgie rend bienveillant et quelques avis renvoient tout de même à des éléments positifs. Tous déplorent cependant le résultat final de ce qui fut la plus emblématique des science-fictions du cinéma américain. 

Cynthia Zantout est plutôt pour : « Trop bâclé, mais satisfaisant et réconfortant« .

C’est la fin d’une ère, d’une légende du cinéma. Groupie ou non, comment ne pas être ému par cet événement ? Alors oui, on sait tous que les changements de scénaristes et de réalisateurs ont déstabilisé, voire décrédibilisé l’histoire. C’est vrai que ça se ressent dans le manque de cohérence global : c’est si dommage, car SW ne méritait pas qu’on le traite de la sorte…

Au départ, un message positif, que l’on retient de cet épisode et même de la saga toute entière : l’espoir. Kylo Ren re-devient gentil, se réconcilie avec ses parents et se sacrifie par amour pour Rey, abandonnant ainsi sa quête du pouvoir absolu. Le brave C3PO, également, accepte de renoncer à sa mémoire pour aider ceux qu’il aime. Et une réunion intergalactique de tous les rebelles voit le jour, telle une immense famille, pour coopérer. C’est si beau… non ? Oui, mais facile. Même les retournements de situation au sujet de Palpatine sont grotesques à mon sens.

Concernant la réal, tout s’enchaîne à une vitesse hallucinante, ne laissant aucune place à l’ennui, et pour cause… il faut résoudre toutes les intrigues dans le temps imparti ! Quoi qu’il en soit, cette précipitation créé un rythme beaucoup trop effréné qui, je pense, aurait dû être ralenti pour permettre au spectateur de savourer un peu plus quelques scènes importantes.

Malgré tout, si certains trouvent dommage que l’on n’ait pas découvert de nouveaux persos ou visité plus de nouvelles planètes de cet univers si étendu, j’ai senti, au contraire, qu’on revenait aux sources avec de nombreux easter eggs, et c’est touchant. Comme la scène du festival dans le désert interdit de Pasaana, présent au premier opus, ou encore celle de Rey sur Tattooine, veillant avec sagesse sur la Galaxie comme Luke le faisait jadis… En revanche au niveau de l’image, j’ai eu beau l’avoir vu en 3D pour favoriser l’immersion, je ne me rappelle pas avoir été éblouie pour autant…

Emma Meriaux est plutôt pour : « Pas très utile mais attendrissant »

Le dernier Star Wars a fait jaser, en bon et en mal, c’était inévitable. On ressort du cinéma en pleurant. Des pleurs entraînés par la musique formidable de John Williams mais aussi, un petit peu, par le film en lui-même. Si on se concentre sur les aspects positifs du film, on retient de très beaux plans, à commencer par la scène d’ouverture durant laquelle Kylo Ren massacre une population autochtone.

On observe aussi de belles scènes d’affrontement entre Rey et Kylo sur la planète Pasaana et un bel effet de style avec le transfert de sabre laser entre ces deux-là, désormais alliés. Ensuite, on découvre de nouvelles créatures (l’adorable Babu Frik), C-3PO nous monte les larmes aux yeux, on rigole aussi et on se sent tout nostalgique devant ce plan final du double coucher de soleils sur Tatooine. Petit clin d’oeil puisqu’on aperçoit ce même coucher de soleil au début du premier film. La boucle est bouclée. 

En revanche, on aurait pu se passer du retour d’Han Solo, du lien de parenté entre Rey et Palpatine, du spectre de Luke Skywalker, du baiser et autre détails qui, sous prétexte de vouloir boucler une saga, ne font qu’alourdir l’histoire. 

En conclusion, même si c’est toujours un plaisir de découvrir le générique de Star Wars s’afficher sur un écran de cinéma, et si Rey est le personnage badass féminin dont le monde avait besoin, cette dernière trilogie s’achève comme elle avait commencé : sans grand intérêt. 

Thomas Faidherbe est partiellement contre : « Agréable mais formaté ».

Après avoir trahi les fans avec Solo et Les Derniers Jedi, Disney met les bouchées doubles pour les satisfaire avec Star Wars IX : l’ascension de Skywalker.

Une conclusion qui semble d’abord digne de ce nom. Le film, qui jouit d’un rythme effréné, apporte enfin les réponses aux questions posées lors les précédents volets. Rien que pour cela, il mérite d’être applaudi. Bien sûr, qui dit clôture de la plus belle des sagas du cinéma, dit bon vieux “happy ending”. Disney ne s’est pas fait prier pour servir son incontournable message d’espoir. Le grand maître des conclusions de franchises devait panser les déceptions des fans et les ménager. Le précédent volet ayant beaucoup déplu, le studio a notamment dû revoir ses plans, en rappelant le seul réalisateur de la nouvelle trilogie qui a fait l’unanimité : J.J. Abrams. Et J.J. a été un choix logique mais peu surprenant. L’homme qui avait séduit une majorité de fans n’a pas été du genre à bousculer l’univers de Georges Lucas. Or, on aurait aimé plus de libertés et de choix controversés, comme l’avait fait par le passé Rian Johnson…. qui en subit encore les frais.

On assiste ainsi à un cocktail gagnant pour une réalisation qui doit exploser le Box Office mondial : un héros mystère, un apprentissage, du tiraillement intérieur, des compagnons plus ou moins inutiles et, enfin, 3-4 planètes par film. Mais quelques maladresses ont été commises. C’est notamment le cas du traitement de certains personnages secondaires, laissés de côté, absorbés par le planning serré des productions Disney. (On pense à Rose et sa participation quasi inexistante. On se demande bien à quoi elle sert dans ce dernier chapitre : Merci J.J.).

Rappelons-le, le tournage et la post-production sont chronométrés, sans aucun report possible. Bien sûr, si vous vouliez du fan service, vous avez surement été servis. Disney – Lucasfilm, alias la machine à billet d’Hollywood, s’est activée à cela en plaçant différents clins d’oeil et en gardant Leïa au centre du commandement de la rébellion. Au vu de sa popularité, il était compliqué pour les studios de la mettre de côté. Carrie Fisher était cependant décédée durant le tournage du dernier volet, mais avec l’avancée des technologies et de la motion capture, le 7e art peut remplacer un acteur/actrice parti trop tôt sans aucun souci.

Avec SW9, le studio a confirmé une manière de formater le cinéma. Les spectateurs ont affaire à l’avènement d’un modèle cinématographique également vu chez les Avengers. Rien de plus simple, laissez moi vous expliquer : une pincée de héros aux grandes destinées, des tonnes de références aux précédentes sagas, des petites répliques qui font sourire et un moule tout beau tout propre destiné au plus grand nombre. Cet avis n’est pas un cri au scandale. Loin s’en faut. Simplement, ce neuvième épisode me conforte dans le constat d’un cinéma contemporain construit autour du prolongement incessant et identique de franchises, quitte à les ronger jusqu’à la moelle.

Thomas Brajon est carrément contre : « Un vain rattrapage des échecs précédents »

Star wars : L’ascension de Skywalker. Rien que le titre est étrange. Quel Skywalker ? Luke est mort. Leia alors ? Kylo ? Il s’agit en fait de Rey, grâce à une réplique finale complètement illogique et qui va à l’encontre de toute l’histoire de l’univers Star Wars (non, Skywalker n’est pas un synonyme de « Jedi »). Mais il n’y a pas qu’au niveau philosophique que le film pêche. Le “scénario” est en roue libre pendant les 3/4 du film, nous apportant des éléments de réponse incompréhensibles aux questions laissées en suspens durant l’épisode 7. Et nous bringuebalant de planète en planète, dans l’espoir de noyer le spectateur dans une vague d’actions, afin qu’il oublie la vacuité du film jusque dans ses moindres recoins (l’abomination qu’est le texte déroulant du début !).

Certes, ce film doit réparer les pots cassés de la trahison cinématographique qu’était l’épisode 8, mais n’y avait-il pas d’autres moyens de le faire qu’en ramenant, de la façon la plus cheap possible, le grand méchant des 6 premiers films ?… Les personnages sont pour la plupart mal exploités (RIP Finn, les Chevaliers de Ren…), la bataille finale n’est pas assez longue et trop confuse, les combats de sabre sont mous et, à aucun moment, on ne ressent réellement quelque chose pour les personnages.

On retiendra cependant du film une introduction assez efficace, quelques beaux plans et un rythme effréné. Merci Disney pour cette trilogie où le premier acte est un repompage en règle de l’episode 4, le second acte est un crachat au visage des fans et le dernier acte essaie de rattraper tous les problèmes en 2h20 de film… 

Sharon Houri est entièrement contre : « Une mauvaise caricature du blockbuster »

Transparence je vous dois : je ne suis pas une grande fan de la saga (à l’époque, mon coeur s’était déjà offert en quasi exclusivité à Harry Potter). J’ai donc tout regardé sur le tard, divertie plus que passionnée, mais enthousiasmée tout de même par la sortie du dernier opus. Et bon sang, mais quelle déception !

Pourtant férue d’actions en cascade type Avengers Endgame, j’ai été littéralement perdue par le cumul de téléportations décousues et incontrôlablement frénétiques. Beaucoup trop de problèmes ont transformé SW9 en une mauvaise caricature du Blockbuster made in Disney. Tentons de les énumérer brièvement, histoire d’en mesurer la quantité. Les décors – parfois impressionnants (la carcasse de l’Etoile de la mort plongée dans la tempête marine), parfois limités (la fête des ancêtres sur Pasaana subit un décalage entre le peu de figurants réels en plan américain et la masse annoncée préalablement par les plans larges) – se succèdent si vite qu’aucune émotion ne peut s’y attacher. Le film en devient péjorativement kaléidoscopique.

Les questions posées dans l’épisode 7 ne trouvent certes pas de réponses, mais celles posées par l’épisode 9, lui-même, restent carrément irrésolues : cette fameuse déclaration que veut exprimer Finn à Rey, pourrait-on ne pas conclure le long-métrage en faisant mine qu’elle n’a jamais eu lieu ?  Ces apparitions fantomatiques qui sont aussi fortes que les vivants eux mêmes… : « bonjour » ? Le déchirement de collier par Kylo : la force ne permet donc pas seulement la télépathie mais déforme l’espace-temps ? Et nous pourrions continuer ainsi bien (trop) longtemps.

Mais concluons sur le manque considérable de cohérence que tout le monde s’accorde à relever : entre les deux personnages principaux qui ne cessent de mourir et de renaître, la dague qui se règle étrangement sur l’étoile de la mort -que ceux qui ont compris comment Rey avait mesuré son micmac se manifestent- et le retour pittoresque de Palpatine en vieillard pas très malin, on n’en finit plus de penser, scène après scène, que quelqu’un par ici s’est un peu foutu de nous.

Si seulement, au moins, les effets spéciaux avaient été à la hauteur d’un bon film popcorn, mais Disney semble gratter sur le budget « combat spatial » grâce à des combines qui clouent par exemple une gigantesque armée de méchants au sol. Le réalisme (et non pas la qualité, car elle y est absente) des effets spéciaux ne parvient clairement pas à faire oublier l’absence de logique indispensable à rendre crédible un univers fictif. 

Et vous : pour ou contre ? Nostalgiques satisfaits ou fans en colère ?

crédits photos : @Disney-Lucasfilm / Gettyimage Screencrush

La rubrique Cinéma et Télévision (sous la direction de Sharon Houri) : Cynthia Zantout, Emma Meriaux, Thomas Faidherbe, Thomas Brajon et Sharon Houri

La rédaction

Ajouter un commentaire

Instagram On’ Media

Instagram has returned invalid data.
Logo On'

Instagram On’ Media

Instagram has returned invalid data.