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Compétitions internationales : Mais où est l’Afrique ?

L’Afrique est un grand continent de sport. En témoignent des noms légendaires : Mohammed Salah, attaquant égyptien de Liverpool, Kenenisa Bekele, recordman éthiopien du marathon de Paris ou les Springboks, équipe championne du monde en titre de rugby à XV. Pourtant, très peu de compétitions internationales se tiennent sur le continent africain.

La finale de la Coupe du Monde de football en 2010 à Johannesburg avait été vue comme l’accès de l’Afrique au statut de continent incontournable des compétitions sportives internationales. Cependant, il s’agissait d’une contre-vérité à plusieurs égards. D’une part, avant le début du XXe siècle, le continent avait accueilli de grands évènements internationaux, puis avait été délaissée. D’autre part, seules quelques régions africaines sont visées par les compétitions mondiales. 

L’Afrique du Sud, le Maghreb… et les autres

Il suffit de jeter un œil aux calendriers des championnats du monde de diverses disciplines sportives en 2019 et 2020 pour constater que la marginalisation de Afrique par rapport aux autres continents. Les compétitions s’y tiennent aux extrêmes Nord ou Sud et le phénomène n’a rien de nouveau. 

Entre 1962 et 1993 eurent lieu, par intermittence, plusieurs éditions du Grand Prix de Formule 1 d’Afrique du Sud à East London ou à Johannesburg. Contrairement à la Formule 1, la plupart des associations sportives multinationales avaient abandonné l’Afrique du Sud dans les années 1980 au moment du durcissement de la politique ségrégationniste. Il a fallu attendre 1993 pour voir le dernier Grand Prix s’y tenir, soit deux ans après la fin de l’Apartheid. Inversement, la Coupe du monde de rugby de 1995 a été le premier évènement sportif d’importance mondiale à suivre la fin de cette période. Elle a donné sa légitimité à l’État multiculturel en démontrant sa capacité à prendre en charge la logistique de ce genre de compétitions. 

Pareillement, le Maghreb connaît un fort attrait de la part de la communauté sportive internationale. Le tennis semble le grand favori. Ainsi, entre 1975 et 1982 se tenait au Caire l’Egyptian Open qui comptait pour l’ATP World Tour, la catégorie la plus prestigieuse du tennis masculin professionnel. Et depuis 2001 se tient à Rabat et Marrakech le Grand Prix Hassan II, comptant lui aussi pour l’ATP World Tour. 

Cependant, ces cas sont à peu près les seuls qu’il est possible d’évoquer en termes de présence de compétitions internationales en Afrique. Par exemple, le continent n’a jamais accueilli les Championnats du Monde d’Athlétisme qui se tiennent pourtant bi-annuellement depuis 1983. Dans le même temps, la Finlande et le Japon ont reçu la compétition deux fois chacun. Pourtant, le record mondial masculin du 1500 mètres en demi-fond est détenu par un marocain, Hicham El Guerrouj, depuis 1998 ; et le record féminin appartient à une éthiopienne, Genzebe Dibaba, depuis 2015. Les excellentes performances des athlètes africains ne sont donc pas récompensées par une présence de compétitions internationales sur le sol continental. 

Le vélo et le rallye-raid, sources principales de visibilité 

La raison la plus communément évoquée pour expliquer l’inhospitalité de l’Afrique est l’insécurité de certaines zones, notamment sahariennes et sub-sahariennes. C’est ce qui a conduit le rallye du Paris-Dakar, après près de trois décennies à traverser la Mauritanie, le Sahara Occidental et le Sénégal, à quitter les terres africaines en 2007. La compétition s’est déroulée par la suite en Amérique du Sud tandis que l’édition 2020 se tiendra dans la péninsule arabique. 

africatopsports.com

Une autre raison assez évidente de cette absence de grands tournois en Afrique est le manque de moyens des États. À titre de comparaison, les Jeux Olympiques d’été de 2004 à Athènes ont en partie participé à la crise économique grecque qui a suivi. C’est un sort que ne peuvent se permettre de suivre les pays africains. La quasi-totalité des évènements mondiaux qui s’y déroulent doivent demander de très minces investissements.

C’est la raison pour laquelle dans le centre du continent, c’est le vélo qui est roi. Ainsi, depuis 1991 existe le Tour du Rwanda, interrompu entre 1991 et 2000 à cause du génocide. En novembre 2019 eut lieu le Tour du Sénégal, et à la fin du printemps 2020 se déroulera le Tour du Cameroun. Ces compétitions, si elles sont bien organisées par l’Union Cycliste Internationale, conservent une forte dimension régionale. En effet, leurs palmarès comportent majoritairement des participants africains. La tendance actuelle est tout de même à une plus grande diversité internationale, un attrait plus fort. 

En conclusion

L’Afrique semble acquérir une visibilité, attirant de plus en plus de compétitions. Au demeurant, si les courses cyclistes sont populaires par la légèreté des infrastructures nécessaires, la question des ouvrages reste centrale. Le fait que le Maroc ait à cinq reprises vu sa candidature à l’organisation d’une Coupe du Monde de Football refusée est un exemple parlant. À coup sûr, doter un pays africain d’une compétition de cette envergure aurait des effets bénéfiques sur l’ensemble de la région. Le développement économique découlant d’un tel coup de projecteur sur cette zone ne pourrait qu’avoir des retombées positives. 

Source bannière : es.fifa.com

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