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A couteaux tirés, où l’art de brouiller des pistes

Comment survivre après une vague de critiques ? Eh bien, on pourrait le demander à Rian Johnson. Le réalisateur américain, qui a vécu une bien étrange expérience au sein du Star Wars Universe, est de retour avec Knives Out

Un réalisateur au passif complexe 

Rian Johnson ne s’est toujours pas retiré du cinéma, et on se demande bien comment il a pu tenir après la déferlante de critiques qui lui ont été adressées. 

Petit rappel : Le cinéaste américain a réalisé le plutôt controversé épisode 8 de la saga Star Wars. Un film qui a été particulièrement apprécié par la critique, mais qui du côté des fans, a été vécu comme une profonde insulte. 

Knives Out est donc une aubaine pour redorer son blason. En effet, le réalisateur en profite pour répéter ses gammes en montrant ce qu’il sait faire :  un film à énigme. 

Au cours de sa carrière cinématographique, Johnson a signé de nombreux long-métrages, mais principalement de ce genre qu’il connaît bien : le policier. Ses deux principaux et précédents projets, Brick et Une Arnaque Presque Parfaite, ont d’ailleurs été particulièrement réussis.

En retournant à ses habitudes, Rian Johnson nous donne à nouveau confiance en son talent. L’homme sait manier le rythme d’une enquête et ce changement d’univers ne lui apporte que du bien : ce format à la Hercule Poirot lui va comme un gant. Sa réalisation est de même très efficace, on ne s’ennuie pas. Bien au contraire, les rebondissements, qui restent mesurés, nous laissent captivés par l’évolution de l’affaire policière. 

Vous prendrez plaisir à détester cette improbable famille d’hypocrites caricaturaux et grotesques. 

Le synopsis de Knives Out

Un meurtre s’est tragiquement produit dans la demeure de la famille des Thrombey. Le soir de ses 85 ans, le célèbre auteur de polars Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa chambre. Pour élucider cette étrange affaire, la police n’est pas seule puisque le plus grand des détectives est engagé sur l’affaire, Benoit Blanc. Cependant, l’enquête s’annonce mouvementée entre la famille d’Harlan qui s’entre déchire et son personnel qui lui reste dévoué.  

Un Cluedo à la sauce Agatha Christie 

En mettant en scène A couteaux tirés, Rian Johnson rassemble toutes les pièces pour concevoir un Cluedo grandeur nature. 

A commencer par le cadre : le château ressemble trait pour trait à celui du jeu de plateau.

Le chef-opérateur du film, David Crank, a confirmé dans une interview qu’il avait eu un coup de cœur pour la demeure, située non loin de Boston. Pour lui, le lieu de tournage ne pouvait pas se faire ailleurs. Car la demeure, construite dans les années 1890, possède une vraie histoire. Avec un style néo-gothique et quelques touches médiévales inspirées des châteaux du Moyen Âge, la maison créé l’évènement. 

Ensuite, un bon Cluedo ne peut pas se passer de son casting particulier, avec, entre autres, l’enquêteur joué par Daniel Craig, Linda – véritable sosie de Madame Pervenche – incarnée par Jamie Lee Curtis, mais également Joni Thrombey interprétée par Toni Collette, qui ressemble trait pour trait au personnage de Mademoiselle Rose. 

Le tout permet d’obtenir un casting XXL, dont beaucoup de réalisateurs auraient rêvé.. Car oui, l’ensemble des acteurs, hauts en couleurs, se coordonnent, sublimés par des dialogues pinces-sans-rire et un humour noir notable. 

On notera aussi que l’atmosphère d’un véritable jeu de plateau y est totale et participative : on reste attentifs à chaque recoin de l’écran afin de résoudre le mystère. En nous tenant en haleine, le film réussit à nous faire vivre un bon moment de cinéma. 

Une histoire policière revisitée

Partant d’un modèle de film appelé whodunit, connu pour les Agatha Christie ou Hercule Poirot, Rian Johnson souhaitait toutefois s’en éloigner légèrement pour raconter une histoire policière divertissante certes, mais tout en examinant les relations sociales et les différentes couches de l’Amérique contemporaine. 

A travers les différents héritiers de la famille Trombey, le réalisateur a donc voulu représenter une Amérique abjecte, capable de se déchirer simplement pour obtenir son petit gagne-pain. Il a ainsi décidé de moderniser les histoires policières d’Agatha Christie en rendant le film “beaucoup plus profond et bien plus ambitieux que ce à quoi l’on croyait s’attendre.

Finalement, en regardant À couteaux tirés, on commence par se dire qu’on a déjà vu ce genre de film, qu’on sait comment cela fonctionne, puis on finit par se prendre au jeu et par s’identifier à fond aux personnages.

crédit : @cinésérie.com

Thomas Faidherbe

La rédaction

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