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Rapport sur les inégalités économiques Homme – Femme (partie 1/2)

Thème central de notre société contemporaine, les inégalités entre hommes et femmes semblent progressivement se résorber en France. Pour autant, dans l’entreprise et de manière plus générale dans l’économie, les inégalités demeurent  et stagnent. 

I – Des disparités économiques toujours très présentes

Bien que cet article se concentre sur les inégalités économiques entre les hommes et les femmes, nous ne pouvons rester stoïque face à la gravité des faits relayés dans l’actualité. 

Au moment de l’écriture de cet article, 137 féminicides ont été dénombrés par le collectif « Féminicides par compagnons ou ex ». Un chiffre glaçant, bien supérieur à celui des années passées alors même que l’année n’est pas terminée. 89% des victimes d’infractions sexistes qui portent plainte sont des femmes. Ce chiffre est d’autant plus indignant que ces violences sont encore taboues. Seules 14 % des femmes victimes de violences physiques ou sexuelles au sein de leur couple osent porter plainte.

Évidemment la condition féminine s’est améliorée depuis le siècle dernier mais cela n’est pas suffisant. Femmes et Hommes sont concernés par ces atrocités. 

 Les inégalités économiques sont une autre forme de violence faite aux femmes. Dans la société vers laquelle on souhaiterait tendre, la parité des salaires des hommes et des femmes serait parfaitement respectée. Pourtant, selon l’INSEE, de manière générale, les femmes auraient un revenu inférieur de 24% par rapport aux hommes. Cela peut s’expliquer par les différences de contrat de travail (les femmes ont plus souvent recourt au temps partiel) ou par les divergences de choix de carrière (44,8 % des emplois féminins seraient concentrés dans quelques secteurs peu rémunérateurs, comme l’administration publique, la santé, l’enseignement ou l’action sociale toujours selon l’INSEE). Pourtant, si l’on s’en fie aux chiffres, les femmes seraient plus éduquées que les hommes : 31,3 % des femmes de 25 ans à 34 ans ont un diplôme supérieur à bac + 3, contre seulement 26,4 % des hommes. Paradoxale me diriez-vous, d’autant plus qu’à postes et qualifications égaux, il y aurait une différence de revenu salarial de l’ordre de 9,9% entre les deux sexes en faveur de l’homme. 

II – L’impact économique de ces inégalités

Selon le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP), 80 % des femmes salariées considéraient qu’elles étaient régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes. Toujours selon le CSEP, 93 % estiment que ces attitudes peuvent amoindrir leur sentiment d’efficacité personnelle. Au-delà de l’aspect psychologique qui est quand même grave car cela peut avoir des répercussions sur la confiance en soi, la performance et le bien-être au travail, cela nuit à l’économie réelle. 

En effet, une hausse du salaire actuel des femmes pourrait entraîner une hausse de la consommation ainsi que des retombées fiscales positives pour l’État. Selon l’économiste Erwann Tison, coordinateur des études à la Fondation Concorde, l’État gagnerait 3,8 milliards d’euros supplémentaires par an via la TVA et 5,5 milliards d’euros en impôt sur le revenu. Les cotisations sociales et patronales progresseraient de 25 milliards d’euros par an. « Soit au total pour l’État un gain de près de 34 milliards d’euros ou la moitié du déficit actuel », précise l’économiste. Le secteur privé serait aussi gagnant avec une hausse de la consommation de 22 milliards d’euros et une épargne en progression de 6 milliards d’euros.

In fine, les retombées économiques d’une parfaite égalité des salaires ne pourrait qu’être bénéfique pour la France. L’Organisation internationale du travail l’évaluait approximativement à 44,3 milliards d’euros. De son côté, France Stratégie, institution rattachée au Premier Ministre, estimait en 2016 que si le taux d’emploi des femmes et leur rémunération étaient égaux à ceux des hommes, le PIB de la France bondirait de 6,9 %.  

III – Les mesures à prendre 

Afin de bien prendre compte des enjeux et tendre vers une société égalitaire, il faudrait tout d’abord s’attaquer aux racines du mal. La première chose à faire serait de sensibiliser les générations futures, dès leur plus jeune âge, contre toute forme de discrimination selon le sexe. Ainsi, l’État pourrait former davantage d’employeurs soucieux d’agir pour le droit des femmes et progressivement gommer les idées reçues. 

La mise en place d’indicateurs au sein des entreprises constituerait également une solution pertinente. A titre d’exemple, le cabinet de conseil McKinsey a établi un rapport nous donnant 3 indicateurs permettant de tendre vers la parité des salaires des hommes et des femmes : le taux de femmes qui travaillent, le nombre d’heures travaillées et faire en sorte qu’elles travaillent dans des secteurs à plus forte valeur ajoutée qu’aujourd’hui. En surveillant ces indicateurs et en analysant leur évolution, le gouvernement pourrait ainsi prendre des mesures afin d’améliorer la situation. Au Royaume-Uni, une loi inspirante est entrée en vigueur en 2017 afin d’obliger toutes les entreprises de plus de 250 salariés à publier avant la fin de l’année les différences salariales entre employés des deux genres.

 En France, Erwann Tison estime que la solution pourrait venir de la mise en place d’un système de bonus et malus sur le taux d’imposition sur les sociétés. « Les entreprises qui respecteraient les règles seraient récompensées par un taux plus faible alors que les entreprises hors la loi verraient leur taux augmenter au-dessus de la moyenne, explique-t-il. On peut également conditionner le versement du CICE au respect de cette égalité par les employeurs ».

Dans un rapport datant de 2017, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes recommande de nommer à l’Élysée ainsi qu’à Matignon « un/e conseiller/e dédié/e aux droits des femmes » et d’affecter un référent à l’égalité au sein de chaque ministère. Parallèlement, il suggère d’instaurer des indicateurs de l’égalité, qui permettraient mensuellement, à l’image de ce qui est fait sur le chômage, de vérifier l’évolution des progrès en matière d’égalité. 

Source image : egalactu.com

Source image en bannière : france24.fr

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