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Cigarettes after sex, un retour tout en sensualité

Le 25 octobre dernier Cigarettes After Sex nous est revenu avec Cry, un album tout en finesse, drapé d’une nostalgie que seuls les sentiments amoureux peuvent nous provoquer.

Enregistré à Majorque, l’album du groupe texan essaye de nous retranscrire toute la beauté de l’île. Il nous livre des chansons toujours éthérées, avec la même ‘patte sonore’ reflétant à merveille le nom de la bande.

Cry, entre mélancolie et béatitude

Enregistré par Partisan Records, Cry est un album qui s’inscrit une fois de plus dans la mélancolie. Un thème qui semble cher au groupe.

Grâce à un travail très épuré de l’instrumentalisation, ne ressort alors que l’essentiel dans cet album. En effet, le groupe a choisi une utilisation très simple de la guitare et de la batterie. Un minimum pour laisser la voix androgyne de Greg Gonzalez nous envelopper toute entière.

C’est ainsi, entre cette douce transition qu’est le crépuscule qui sépare le jour de la nuit, que le groupe commencera à créer ses neuf titres jusqu’à l’aube sur la magnifique île qu’est Majorque. C’est dans ce moment si spécial qui nous révèle à nos émotions les plus enfouies, que s’exprime sans honte ni barrières tout notre esprit et notre corps. Alors pour ressentir Cry, comme l’ont fait nos artistes, le mieux est surement de profiter de la retombée de l’effervescence d’une journée. Pour apprécier la volupté de cet album qui retranscrit les étapes de l’amour, les premiers émois, la douleur de la perte. C’est d’ailleurs suite à une rupture que Greg Gonzalez a écrit ses neuf titres.


Cigarettes After Sex porte alors son nom à merveille. Leurs chansons flottent un peu, dans une suspension du temps entre extase, mélancolie et léthargie. On se sent un peu alors anesthésié, comme sous drogue. C’est le cas dans des titres comme Cry, ou Don’t let me go. Ils nous prennent à la gorge pour leur vérité tranchante, le mal-être qui peut ne dépendre qu’en la présence d’une seule personne dans nos vies.

L’amour sous toutes ses formes

Toute cette mélancolie résulte en fin de compte d’un chagrin d’amour. D’une tempête qui fait rage dans le coeur de notre chanteur, qui décide d’apaiser ses maux en écrivant et réalisant des chansons très douces. Pour bercer toutes les âmes abîmées (en commençant par la sienne) par l’expérience qu’est l’amour qui peut être la plus belle comme la pire des choses qui puisse nous arriver.

Le fait de travailler toujours dehors, de nuit, a grandement influencé le rendu de l’album. C’est dans la nuit, calme et étoilée que naissent nos rêves les plus fous. Que nos désirs et nos envies éclosent de la plus belle des manières, sans restriction.

Tout cet état est ressenti dans les moindres détails à commencer par le choix de la pochette. Toujours dans les tons noirs et blancs, on change de la pochette plus sensuelle de l’EP I. (cliché de Man Ray) pour quelque chose de plus sombre. Nous sommes face à une mer déchainée sous la pluie et la tempête. Face à ce genre de paysage nous vient à la fois de la béatitude face à la contemplation de la nature dans tous ses états, l’élan mélancolique que les mers sombres peuvent provoquer, cette fascination et cette peur qui nous ébranlent simultanément.


Cigarettes After Sex aborde les différents thèmes de l’amour, qui sont les premières rencontres, le désir qui nait, la perte de l’être qu’on aimait et qu’on aime parfois encore longtemps.
Dans une interview pour Ouest France, le chanteur avoue d’ailleurs mêler le sexe et l’amour dans ses titres car selon lui, les deux sont intrinsèquement liés. Que l’on parle d’une ébauche d’histoire d’amour dans Fallin in love ou de manière plus explicite dans Hentai ou Touch, il n’y a pas de tabou à parler de sexe dans le groupe.

Une difficulté de renouvellement pour le groupe

Contrairement à la découverte de leur premier album, l’effet de surprise se fait moins ressentir à l’annonce du deuxième album. Mais le bonheur de savoir que l’on va pouvoir se replonger dans cet univers vaporeux comme les nuées d’une fumée de cigarette, ne nous ravit pas moins.

On sent toutefois qu’au bout de leur premier EP (« I. ») en 2012, et album en 2017, le groupe américain a un peu de mal à se renouveler, on a l’impression d’être dans une boucle à chaque écoute de leur son. L’écoute de l’album se fait alors très répétitive d’un titre à l’autre. L’ambiance pourrait en devenir pesante, obsessionnelle et c’est ce qu’on ressent de manière globale dans leurs anciens titres. Cette impression d’être toujours dans la même chanson sans avoir un rythme différent.

Néanmoins, pour notre époque ils ont quasiment le monopole dans ce genre qui oscille entre Dream Pop et et Ambient Pop. C’est donc pour cela qu’on est qu’à moitié déçu en sortant de leur écoute, puisque c’est finalement ce que l’on recherche quand on écoute Cigarettes After Sex.

Mais dans cette même interview pour Ouest France, Greg Gonzalez nous confie que leur prochain album ne s’inscrira plus nécessairement dans ce genre là. Le groupe va ainsi essayer un tout autre style en espérant que cela fonctionne.

On apprend même que le groupe serait enclin à produire une bande originale de film à la condition que celui-ci soit romantique. Comment ne pas espérer ne pas les retrouver dans un univers tel que celui de Woody Allen qui leur irait si bien. En attendant ce moment, on invite à rêver vos amours perdus, retrouvés ou pas encore nés en écoutant Cry.

Margot Pannequin

La rédaction

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