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Fernando Alonso, le touche-à-tout du sport automobile

Double champion du Monde de Formule 1, désormais retraité de la discipline reine du sport automobile, Fernando Alonso se diversifie et s’essaye à de nouvelles catégories mécaniques. 

Les coureurs automobiles, à la naissance de la discipline au début du XXe siècle, n’étaient pas spécialisés dans un domaine précis. Il n’était alors pas rare que des pilotes de Formule 1 soient également rallymen ou coureurs d’endurance. Si la pratique s’était depuis perdue, Fernando Alonso la remet au goût du jour. Il participera bientôt au Dakar, en janvier 2020.  

Un palmarès fourni en Formule 1

Considéré comme un prodige au début des années 2000, Fernando Alonso est devenu, à vingt-sept ans, double champion du Monde de Formule 1 (2005-2006). Des choix de carrières hasardeux ont ensuite contribué à avoir un palmarès moins fourni, mais qui l’ont conduit à piloter pour les plus grandes équipes du moment, de McLaren à Ferrari. 

Cependant, après l’arrêt de sa carrière fin 2018, Fernando Alonso disait ne pas nourrir de regrets et se tourne désormais vers d’autres compétitions. Souvent, les pilotes de Formule 1 n’arrêtent jamais réellement la compétition. Leur besoin de dépasser leurs limites est si fort qu’ils s’alignent sur les grilles de compétitions locales, pour s’amuser. Cependant, ce n’était pas l’ambition de Fernando Alonso qui se veut être un Michel Vaillant du monde réel.  Il a donc décidé de reprendre à son compte une pratique disparue pour des raisons de sponsors, d’assurances et de contrats publicitaires : devenir un athlète complet développant des habilités de pilotage dans toutes les catégories de sport automobile, hors de la seule monoplace. En effet, la tendance actuelle de cette discipline est une spécialisation des pilotes dans leur domaine. Ainsi, un pilote d’endurance ne s’aventurera jamais sur un circuit de Formule 1, et la réciproque est rare, pour des raisons de manque de maitrise de la technique. Piloter une Ferrari à Monaco ou une Porsche au Mans n’ont effet plus rien à voir. 

Une soif de victoires de plus en plus grande

A l’origine du projet de Fernando Alonso, il y a un défi. Celui que les spécialistes du sport automobile appellent la « Triple Couronne », né en 1975, et que jusqu’alors seul Graham Hill a réussi à accomplir dès 1972, avant l’invention du terme. Il s’agit de remporter le Grand Prix de Monaco, les Vingt-Quatre Heures du Mans et les 500 Miles d’Indianapolis. 

Pour ce faire, le coureur espagnol a déjà remporté à deux reprises la manche monégasque de Formule 1 en 2006 et 2007. Il s’est engagé en 2017 pour l’édition des 500 Miles d’Indianapolis, mais a dû abandonner la course à cause sur casse moteur à une trentaine de tours de l’arrivée, alors qu’il menait confortablement. Enfin, il a remporté en 2018 et en 2019 la mythique course des Vingt-Quatre Heures du Mans. 

Source : Toyota UK Blog 

Son projet se concrétise donc peu à peu, mais Fernando Alonso a encore de nouveaux objectifs. Après son titre mondial en endurance la saison dernière, l’Espagnol rêve de sable et de rallye, du Dakar 2020.

Remporter les Vingt-Quatre Heures du Mans tout en étant pilote de Formule 1 était fréquent dans les années 1970 (avec Jacky Ickx, ou Jim Clark). D’autres, comme Juan Pablo Montoya, après leur carrière, ont remporté les 500 Miles d’Indianapolis. Mais aucun pilote de Formule 1, même retraité, ne s’est encore frotté au sable et aux chaleurs intenses du désert de la course ce qui ferait de Fernando Alonso un pionnier. 

Un projet inspiré par d’autres pilotes

Fernando Alonso, malgré sa variété d’expériences, complétée à l’hiver 2018 par le test récréatif d’une voiture de Nascar, championnat américain sur le circuit de Bahreïn, n’est cependant pas le seul à tenter de nouvelles expériences. 

Ainsi, en 2008, Sébastien Loeb, qui avait lui aussi participé aux Vingt-Quatre Heures du Mans et gagné neuf titres de champion du monde des rallyes, a testé une monoplace de l’écurie Red Bull Racing. Pareillement, Valentino Rossi, multiple champion de moto, a eu l’occasion de servir de pilote d’essai pour Ferrari en Formule 1 à quelques reprises. Enfin, Michaël Schumacher, après sa première retraite, entre 2007 et 2009, s’est aussi engagé avec plus ou moins de succès sous un nom d’emprunt dans des compétitions locales de moto. Lewis Hamilton qui vient de fêter son sixième titre de champion du Monde de Formule 1, a lui aussi évoqué ses envies de tester des motos de compétition. 

La marche sera encore lointaine pour tous avant de rejoindre l’exploit de Sir Stirling Moss, accompli dans les années 1960 : devenir champion du monde sur deux et sur quatre roues, ce qui n’a jamais été refait depuis. Fernando Alonso, une fois sa « Triple Couronne » sur la tête, pourrait être tenté par ce défi neuf. 

Source photo bannière : Les Échos

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