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« La Puce à l’Oreille », une comédie d’hiver pour bien préparer les fêtes

Cette année, la Comédie française nous propose une saison haute en comédies. A partir du mois de janvier, on se précipitera au théâtre Marigny (salle de remplacement pendant les travaux de la salle Richelieu) pour revoir le Malade imaginaire, mis en scène par Claude Statz ou pour découvrir la création du Bourgeois gentilhomme de Christian Hecq. Mais pour le moment, c’est Feydeau qui est à l’honneur salle Richelieu : La Puce à l’oreille, vaudeville très connu, vous fera rire aux éclats ! 

D’emblée, vous vous asseyez et vous êtes plongé dans l’atmosphère chaleureuse d’un bon feu de bois dans la cheminée d’un chalet en montagne. Les vacances. Le ski. Les années 1960. Cette scénographie, signée Andrew D. Edwards est aussi belle qu’émouvante. Il ne manque plus que le chocolat chaud et la couette, pour se retrouver comme à la maison. 

Peut-on résumer une telle pièce ? 

Vous pénétrez dans cette maison bourgeoise, où règne l’ennui, du fait de l’attente des fêtes de fin d’année. En effet, si la femme de Monsieur Chandebise décide de tout tenter pour coincer son mari, étant sûre et certaine que ce dernier la trompe, c’est bien parce que justement elle n’a rien d’autre à faire. Qu’est-ce qui lui a mis la puce à l’oreille ? La réception d’un colis contenant les bretelles de son mari. Il les aurait oubliées à l’hôtel du Minet-Galant. Se met alors en place tout un stratagème. Qui, évidemment se retourne contre les personnages. En proposant un faux rendez-vous galant à son mari, à l’hôtel borgne, Madame Chandebise avec l’aide d’une amie, compte bien démasquer le traître. Tout ceci aurait pu bien se passer. Mais heureusement, les quiproquos s’accumulent, les portes claquent, les personnages s’embrouillent. Pour le plus grand plaisir du spectateur qui assiste, riant aux larmes, à toute cette agitation comique. 

Des acteurs brillants

En plus d’une mise en scène réglée au millimètre près s’ajoute une performance d’acteurs exceptionnelle. Ils parlent, crient, courent, dansent, sont de véritables acrobates. De plus, le rythme enlevé de cette création empêche le spectateur de décrocher. Si le premier acte pose toute l’intrigue, les deux actes qui suivent ne semblent que faire empirer les choses. Si bien qu’on ne cesse de se demander comment une histoire si rocambolesque peut bien se terminer. Par ailleurs, le personnage du jeune Camille, qui a un défaut de prononciation (que l’on taira pour ne pas gâcher la surprise), impose une performance d’acteur largement relevée par Jean Chevalier. 

Une pièce de fin d’année exceptionnelle

Cette pièce pourrait largement constituer un beau cadeau de fin d’année, pouvant plaire aux petits comme aux grands. Les jeux de mots, moqueries, décalages sont nombreux, et à chaque âge son humour. Si les enfants apprécieront les comiques de gestes, les courses-poursuites, les coups de feu, les mimiques ridicules, les adultes sauront apprécier la finesse du texte de Feydeau, comme les blagues de mauvais goût et les insultes déguisées. Le seul conseil que je puisse vous donner pour profiter pleinement de ce spectacle, c’est d’essayer au maximum d’avoir une place avec visibilité pleine sur la salle, car certains effets comiques se situent parfois sur les côtés de la scène. 

Informations pratiques 

Jusqu’au 23 février 2020 à la Comédie française

De 5 à 43 euros 

Pour prendre vos places, et jeter un œil à la distribution, cliquez ici : https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/la-puce-a-loreille-1920

Crédit photo : Pascal Gely

Victoria Yanès

Victoria Yanes

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