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Ampleforth : un aparté sur le catholicisme en Angleterre

Reculée dans la campagne du Yorkshire au nord de l’Angleterre et ne comptant pas plus de 1500 habitants, l’abbaye d’Ampleforth est aussi connue pour son internat privé catholique. Ce dernier a la réputation d’accueillir des élèves de tous horizons géographiques. Avant de devenir un internat, Ampleforth était surtout célèbre pour son abbaye abritant des moines bénédictins. Aujourd’hui, élèves et religieux cohabitent ensemble au milieu de la vallée, loin des mouvements urbains et animés. 

Un schisme qui remonte au XVIème siècle

Souvenons-nous, c’est dès 1531 que le roi Henri VIII désire épouser Anne Boleyn et ainsi divorcer de Catherine d’Aragon, n’ayant eu aucun héritier mâle avec cette dernière malgré plusieurs grossesses. Devant le refus du pape Clément VII de valider le divorce, le roi rompt ses liens avec celui-ci. Il se fait proclamer trois années plus tard, en 1534 « chef unique et suprême » de l’Eglise anglicane.

S’ensuit une forte politique de répression et d’hostilité à l’encontre des fervents catholiques en Angleterre. Cette période fut elle-même suivie d’une ère instable sur le plan politique et religieux avec l’arrivée au pouvoir de Marie Ière en 1553, surnommée Bloody Mary (« Marie la sanglante »),  et le retour du catholicisme en Angleterre. Ce revirement fut de courte durée avec le début du règne d’Elisabeth 1ère en 1558 et un retour solide à l’Anglicanisme. Une période de tolérance religieuse marque cependant la fin du XVIIème siècle. Le roi Jacques II garantit la liberté de cultes aux catholiques. Et plus généralement la liberté de religion.

Aujourd’hui, bien que l’Angleterre reste officiellement anglicane, elle fait preuve de diversité. Le pays souffre également d’un certain déclin en matière de pratique religieuse mais aussi d’un accroissement du nombre d’athées. Les catholiques représentent moins de 10% de la population contre 45% d’anglicans selon les chiffres officiels. Parmi les 26 millions de baptisés anglicans, seulement 1,7 million seraient cependant pratiquants.

La communauté monastique 

De style néogothique, l’abbaye d’Ampleforth fondée en 1802 abrite une communauté bénédictine riche de 80 moines. Obéissants à la maxime ora et labora (« prière et travail ») les moines s’emploient à l’entretien d’un verger et à la production de cidre. Ils participent aussi à huit offices monastiques quotidiens. Bien que le monastère et l’école soient séparés, il n’est pas rare de croiser un moine faisant des allers-retours en trottinette sur le site de l’école, vêtu de sa soutane noire à capuche. Aussi, certains d’entre eux enseignent également dans l’école-même.

La vue imprenable sur la vallée qui donne sur un parc national

Une ode à la nature

Le cadre idyllique et la majestuosité architecturale de l’abbaye d’Ampleforth lui ont valu d’être la source d’inspiration de J.K Rowling pour dépeindre le Poudlard de la saga Harry Potter! Bien qu’assez reculée géographiquement, Ampleforth est riche de par la présence d’élèves originaires des quatre coins du globe. Des espagnols aux japonais en passant par les allemands et les français! La majorité d’entre eux est de confession catholique, y compris les anglais. Ainsi, c’est une ambiance multiculturelle et multilingue qui règne chaque jours dans la vallée.

A gauche : le bâtiment central et la bibliothèque, à droite : les départements d’Art et de musique

Le quotidien des élèves

La journée commence toujours par un recueillement collectif dans la chapelle de la House (« maison ») pour s’adonner à la prière matinale avant de se rendre en cours. La prière du soir a lieu à 21 heures et est presque toujours animée par un moine qui se joint au groupe de pensionnaires. Dans l’école, une grande importance est consacrée à la construction d’un esprit communautaire à l’image de la communauté monastique. Je note, par ailleurs, la présence d’un solide sens de la fraternité. Non seulement entre les pensionnaires d’une même House mais également entre tous les élèves de l’école. 

Déjà près de trois mois de cohabitation au cœur de la vallée pour ma part, les cours se succèdent ordinairement. Mais la liste des choses à découvrir et des secrets qu’Ampleforth a à me dévoiler, elle, ne cesse de s’allonger.

Angéline Perruchot

Crédits photos : Angéline Perruchot

La rédaction

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