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Arigato Japan

Quelques jours après leur victoire en terres japonaises, les Sud-Africains ont célébré leur titre de Champions du monde. Cinq jours de fête et un titre aux consonances d’unité donnant un bol d’air à une nation meurtrie qui se voit réunie autour du ballon ovale. 

Pendant plus d’un mois, la planète rugby s’était donné rendez-vous au pays du soleil levant, une première dans l’histoire de la compétition. Au programme : essais, gestes techniques et ferveur populaire ont été les ingrédients pour faire de cette édition 2019 une réelle réussite.  

L’Angleterre, si près si loin 

Au fil des matches, les favoris de la compétition se sont doucement dessinés. Les Blacks ont maîtrisé leur sujet avec un carton contre le Canada (63-0). Les Anglais ont récité leur gamme tandis que les Bocks ont été efficaces (185 points marqués en phase de poule). Les Écossais et Irlandais ont pliés bagages plus vite que prévu alors que l’Uruguay créé l’exploit en s’imposant face aux Fidji (30-27). Le Japon a quant à lui rivalisé avec les meilleurs, prônant un jeu dynamique et de mouvement, défensivement efficace. L’équipe nippone a marqué le mondial : première de sa poule, deux victoires notables face à l’Ecosse et l’Irlande, une qualification en quart de finale. Avec fierté et honneur, les Japonais ont quitté la compétition devant un fervent public en s’inclinant face aux futurs champions du monde. 

Entre rêve de gloire et match historique, les majestés de sa Reine se souviendront longtemps d’une certaine rencontre, presque affiche de finale. Face aux Blacks quasi inexistants, les Anglais maîtrisent leur sujet, techniquement, défensivement et offensivement. Ils entrevoient la porte de la finale. Dès lors, ils apparaissent comme favoris : gagner en étouffant les All Blacks ne peut-être que synonyme de Webb Ellis. C’était sans compter sur le caractère des Bocks qui vont s’octroyer petit à petit ce qui deviendra leur finale. Durs à l’impact, défensivement justes, et offensivement rapides, les Sud-Africains remportent le Graal. Victoire : 32-12. 

Et les Français dans tout ça ?

Avec ambition et panache, les Tricolores ont lancé leur Coupe du monde comme il se doit. Les victoires s’enchaînent. Et pourtant, naît un sentiment d’insatisfaction. Que dire d’une faible victoire (23-21) face à l’Argentine et le Tonga ? Rien. Pauvre dans le jeu, encore trop laxistes en défense, les Tricolores n’ont pas satisfait, ou pas encore. Car si le crunch était le match le plus attendu, le typhon Hagibis a renvoyé la rencontre pour le prochain Tournois des VI Nations. Résultat ? Une qualification pour le quart de final face au Pays de Galles. Malheureusement, c’était encore une fois trop court. Malgré de bonnes intentions et bonne entame de match, le carton rouge de Sébastien Vahaamahina jumelé à l’incapacité des Bleus de conserver leur avance auront raison de leur élimination. Retour à la case départ, ambition 2023. Encore faut-il que le XV de France se constitue d’une équipe qui saura s’armer pour battre les meilleures nations. Seule consolation, une finale pour Jérôme Garcès. L’arbitre international français disputait là son dernier match, dernier coup de sifflet pour la plus belle des rencontres, une finale. 

Le Japon, entre ferveur et injustice 

Souvenirs, souvenirs. Que retiendrons-nous de ce mondial dans quelques années ? Certains évoqueront des faits de match qui ont changé l’histoire, d’autres s’attacheront à ne pas oublier l’exceptionnelle annulation des matches. Trois au total, dont le crunch et la rencontre Nouvelle-Zélande vs Italie, au grand dam de Sergio Parisse qui aurait dû jouer son dernier match contre l’une des plus belles nations du rugby. Un dernier haka, un dernier baroud d’honneur, lui qui a tant apporté à son équipe nationale. On pourrait alors se dire qu’il était évident d’annuler ces matches. Oui, mais voilà comment ne pas évoquer l’injustice quand d’autres rencontres ont été maintenue, qui plus est le même jour ? Sans de réelle harmonisation sur ces annulations, légitime est alors l’injustice. 

Le typhon est passé, et avec lui a enlevé des vies. Au combien meurtri, le pays a toujours continué de remplir les stades de sa ferveur, de sa bienveillance, de son supportérisme, à la fois pour le Japon et après leur élimination. Riche de s’attacher à ce qu’est le rugby sur le terrain et en dehors, les Japonais ont cultivé l’ovale spirit en chantant, encourageant et accueillant des milliers de supporters pour sublimer ce mondial.

Après six semaines d’une intense compétition, les hommes ont écrit l’histoire. Ou plutôt leur histoire, parfois au détour d’un essai, d’un match. Et si les plus beaux récits se content sur le terrain, l’histoire retiendra qu’un capitaine noir soulève la coupe du monde, une première, le symbole d’un pays en quête d’unification qui aura conquis le monde. Ou du moins, la planète ovale au pays du soleil devant. Espoir et Graal ne se retrouvent peut-être qu’en une expression : Champions du monde.  

Source image : https://www.rugbyrama.fr/rugby/coupe-du-monde/2019/lafrique-du-sud-etrille-langleterre-et-decroche-son-troisieme-titre-de-champion-du-monde-12-32_sto7522305/story.shtml 

Stéphanie Millet

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