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Are you Hockey ?

Aujourd’hui, Mathieu Colet nous parle du hockey canadien, ce sport si typique de la région nord américaine. Il centre son article sur la Ligue de Hockey Junior Majeure du Québec.

C’est début octobre que la saison de Hockey reprend au Canada. La NHL (National Hockey League) est le championnat le plus connu mais la route pour y accéder est rude. Il faut d’abord se faire remarquer dans les ligues inférieures réservées aux joueurs de moins de 21 ans et espérer être repéré pendant la « draft », l’équivalent du mercato pour les hockeyeurs.  

L’équipe dont je vais vous parler aujourd’hui joue dans une de ces ligues, la LHJMQ (Ligue de Hockey Junior Majeure du Québec).

Les us et coutumes 

Dans le bus qui conduit au stade, l’ambiance est déjà surprenante. Les employés ont troqué leur costume pour des maillots à l’effigie de leur joueur favoris. Un enfant entame un chant de supporter et, en quelques secondes, la moitié du bus reprend à l’unisson le célèbre «Go Moose Go! », hymne de l’équipe des Mooseheads de Halifax. 

En sortant du bus je suis devant le stade, il est immense et ressemble d’extérieur à une salle de concert. Devant l’entrée des supporters commencent les paris, 3-0, 2-1, 4-0.. La plupart des pronostics donne l’équipe locale gagnante, c’est bien un phénomène universel. 

Après une certaine attente, j’accède à la tribune presse. Elle donne directement sur le rink et offre une vue d’ensemble sur la patinoire. Je discute avec un journaliste local, il me raconte qu’il couvre les matchs des Mooseheads d’Halifax depuis une dizaine d’année. Ici, c’est une institution, toute la tribune presse se connait, l’ambiance est à la plaisanterie et on chambre le voisin qui supporte les adversaires.

Pendant que nous débattons sur les compositions d’équipe, les gradins se remplissent. Cinq minutes avant le coup d’envoi, on peine à distinguer les sièges vides. 9 500 personnes sont venues assister au match, alors que l’équipe des Mooseheads ne joue pas en ligue nationale et que le joueur le plus âgé peut seulement acheter légalement de l’alcool depuis un an (Il faut avoir 20 ans pour consommer de l’alcool en Nouvelle-Ecosse).  

Les lumières s’éteignent, la foule et le speaker scandent un par un le nom des joueurs qui se retrouvent au centre du terrain pour un ultime cri de guerre. Les remplaçants se dirigent vers le banc, les 6 joueurs titulaires se placent, les deux équipes se toisent, la tension monte et finalement le match commence. 

Les règles du jeu 

Les règles du jeu sont simples, deux équipes de six joueurs s’affrontent sur une patinoire. Un gardien bien équipé protège sont but, deux défenseurs centraux bloquent les attaques adverses et trois attaquants essaient de marquer. Pour marquer, il faut que le palet (une petite rondelle solide) rentre dans le but adverse. Le palet se manie à l’aide d’une crosse et les joueurs avancent sur des patins à glace. Le Hockey sur glace est un sport « full contact » c’est-à-dire que les charges sont permises, c’est pourquoi il est réputé violent. 

Un match dure 60 minutes, il est découpé en trois périodes de vingt minutes avec entre elles une pause pour permettre aux joueurs de récupérer. 

Place au match 

Le match des Mooseheads de Halifax contre les Islanders de Charlottetown commence avec une grosse intensité. Les joueurs se chargent avec force, le palet passe d’un camp à l’autre en une dizaine de secondes. On peine à voir qui domine tant le jeu est rapide. Cependant, au bout de quelques dizaines minutes les joueurs fatiguent et les nerfs commencent à lacher. 

Un joueur des Mooseheads prend à partie son adversaire, il le plaque au sol et lui assène quelques coups de poings, le joueur des Islanders riposte, les deux hommes commencent à s’insulter et les spectateurs sont hilares, ils applaudissent et huent le défenseur de Charlottetown. Je suis surpris de voir à quel point ils aiment les confrontations. Finalement l’arbitre intervient, il sépare les deux joueurs.  Ils n’écopent tous les deux que d’une simple pénalité de 2 minutes. 

Le public réagit beaucoup à la violence dans le match. Dès qu’un joueur pousse son adversaire ou le fait tomber au sol, il est applaudi. Les applaudissements se transforment en acclamation lors des  combats à mains nues. 

Les Mooseheads vont s’incliner sur le score de 3-1. Ce n’est pas trop grave, il reste 81 matchs à jouer cette saison.

Débrief 

Le hockey au Canada est beaucoup plus qu’un loisir. Il n’y a pas de véritable équivalent avec les sports en France. L’engouement peut certes se rapprocher du football mais le déroulement du match est bien différent.

Ici c’est un véritable show à l’américaine, le public est solicité en permanence : Publicités, musiques, kiss cam et concours en tout genre, le spectateur ne doit pas s’ennuyer une seconde. L’art du spectacle et du divertissement est poussé à l’extrême. L’ambiance est garantie mais c’est parfois fatiguant de suivre le match tant on est inondé d’informations. 

Le culte de la violence est également assez dérangeant, les spectateurs vont préférer pousser les joueurs à se battre plutôt que de les applaudir après une belle action (dribble, tir, défense héroïque…).

Au final le hockey sur glace au Canada c’est comme un film de Tarantino, on l’apprécie surtout pour sa violence et pas assez pour le reste. 

Matthieu Colet

La rédaction

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