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J’ai découvert la bioponie à Champerché !

Antoine Fuyet, fondateur-gérant de Champerché, a ouvert les portes de sa start-up à Océane. Direction le 16e arrondissement à la porte de Saint Cloud pour découvrir la bioponie et l’histoire de cette ferme perchée.  

Il était une fois Champerché…

L’idée a germé dans la tête d’Antoine Fuyet alors encore étudiant en Master Énergie et environnement.  Le déclic a eu lieu lors d’un cours de développement durable, où il réfléchissait au concept d’une tour végétale. L’objectif était de faciliter l’autonomisation des villes en alimentation. Une fois diplômé, le premier chapitre de Champerché commence à s’écrire. Des premiers prototypes sont développés chez ses parents avec l’aide de ses frères et quelques amis convaincus par le début de cette aventure. Puis l’équipe s’unit progressivement autour de ce projet rassemblant donc famille et amis. Chacun apportant ses compétences selon son domaine d’expérience (domotique, biologie, communication…), toutes complémentaires et nécessaires au lancement de la start-up. 

L’équipe de Champerché

Une fois le local déniché, les travaux débutent en mars 2018. La société s’implante dans des locaux  inutilisés de la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU) qui leur prête gracieusement. Néanmoins d’importants travaux sont nécessaires pour que le lieu  puisse accueillir cette ferme urbaine. Les perches sont ensuite installées tandis que les premières plantations prennent racine. Le temps des  récoltes de ces semences finit par arriver. Et c’est au printemps 2019 que le marché perché ouvre enfin ses portes. 

Entrée de Champerché au 12 quai Saint-Exupéry, 75016 Paris

Une « bibliothèque d’aromates » 

Après avoir franchi le portail fleuri du 12 quai Saint-Exupéry (Paris 16e), vous accédez à des locaux qui semblent inexploités. Un curieux endroit, je vous l’accorde, pour aller cueillir votre basilic ! Et pourtant quelques marches plus tard, je découvre derrière une porte verte  d’immenses pans coulissants d’aromates. Une fois entré dans la pièce, vous êtes dans un premier temps légèrement ébloui par les pans de LED nécessaires à la photosynthèse. Puis une soudaine sensation de chaleur se fait ressentir due au réseau d’eau chaude de la CPCU.  Enfin très vite les agréables odeurs de menthe, thym et basilic se bousculent à vos narines. Bienvenue à Champerché !

Les pans coulissants d’aromates et de LED

Ces aromates perchés ont de quoi vous donner le vertige par leurs nombres car au total se concentrent ici près 135 m² de culture dans un local de seulement 42m². Plus de 25 variétés d’aromates y sont effectivement cultivées, soit une production de près de 3 tonnes d’aromates par an. A coté de cette importante production est aussi expérimentée la culture de fruits, de légumes ainsi que de micro-pousses. Actuellement les aromates sont en vente directement à la ferme, l’occasion pour les curieux de se rendre sur le lieu de la cueillette avant de les mettre dans leur assiette. Cependant, ils peuvent aussi se déguster sur les tables de quelques restaurateurs parisiens convaincus des bienfaits de  cette culture à la fois pour la planète et pour nos papilles.

Une culture saine et locale 

Qu’est ce que la bioponie ? Il s’agit d’une culture qui associe les concepts de la culture hors sol soit l’hydroponie et ceux de la permaculture. Les engrais utilisés sont organiques et certifiés « Agriculture Biologique ». Pour mettre en place cette culture, il faut par conséquent recréer le vivant normalement présent dans la terre. C’est pourquoi champignons symbiotiques, bactéries et insectes auxiliaires sont insérés dans les écosystèmes.  Les racines se retrouvent ainsi immergés dans un liquide nutritif et ne rencontrent aucun pesticide. 

Ce mode de culture constitue un véritable revers face à l’agriculture actuelle qui favorise les rendements au détriment du goût et du respect de l’environnement (déforestation, pollution, surconsommation…). A l’inverse, Champerché parvient de son coté à réduire de 90% sa consommation d’eau. Aujourd’hui, la plupart de nos aliments sont effectivement chers, gorgés de pesticides et sans saveur. Enfin la majorité d’entre eux parcourent des centaines de kilomètres avant d’arriver sur notre table. Champerché propose donc de redonner près de chez nous des saveurs à nos aliments grâce à des écosystèmes contrôlés en paramétrant température, humidité et luminosité. Il est cependant intéressant de noter que nous ne pouvons pas parler dans ce cas d’agriculture biologique. Malgré l’utilisation d’engrais organiques et l’absence de pesticide, la culture hors sol ne répond pas en effet  aux normes européennes qui délivrent le label. Celles ci requièrent notamment un maintien de la biodiversité et de la qualité de l’eau mais surtout un maintien du lien à la terre. Les plantes doivent donc pousser naturellement dans le sol, un critère qui exclut donc la bioponie. 

Et demain ?

Le souhait de l’équipe est à présent de pouvoir s’étendre dans d’autres espaces de culture plus grands. L’idée reste cependant de s’installer dans des locaux inexploités. Construire un bâtiment   n’est pas une option envisageable pour eux à la vue  des trop nombreux locaux aujourd’hui inexploités. La visée est donc un local de minimum 1000m² dans lequel ils ne se limiteraient plus aux aromates et pourraient commercialiser leurs fruits et légumes. 

Ainsi, ils pourraient proposer de la tomate au melon toute l’année de manière locale, toujours sans pesticide et avec saveurs garanties. L’objectif final est simple : produire là où on ne produit pas habituellement. De cette manière Champerché espère parvenir à résoudre le problème des déserts alimentaires. 

L’ambition de cette start-up est donc de nous aider à œuvrer dans cette dynamique de transition  en nous proposant via une agriculture connectée des produits sains, abordables et locaux. La découverte de cette ferme urbaine vous donne à vous aussi l’envie d’entrer dans ce relais de  la transition écologique? Si oui je n’ai qu’une chose à vous dire… « Aromates, prêts, partez ! »

Océane Caillat

Océane Caillat

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